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émission tout sur moi figuration tout sur moi

vendredi 31 juillet 2009

Le tournage de Tout sur moi

Par Venise

Une promesstrio_116e, c'est une promesse, je vais revivre ma journée de tournage pour l'émission Tout sur moi exprès pour vous. Le soleil en moins ! Arrivée à midi trente dans une usine désaffectée dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, j'ai reçu la bénédiction, je dirais même l'enthousiasme des costumières pour mon accoutrement. Je portais une tunique à frange au noir usé parsemée de bulles roses et mauves tombant sur une ample jupe en denim délavé. Mes cheveux ; une queue de cheval haute. J'avais misé juste, la coiffeuse n'a même pas voulu fixer mes mèches rebelles, elle adorait le côté naturel.

Après une heure de préparation de l'équipe, on nous explique la scène. Nous sommes une gang de joyeux drilles installé dans une ruelle, comme à chaque semaine, nous attendons ...

Je ne peux tout de même pas vous vendre un punch de l'émission ! Je réalise jusqu'à point cette émission est écoutée et aimée, plus encore que je ne le croyais. Je ne vais pas trahir l'intrigue, surtout après les avoir vu travailler à ce point pour vous donner des moments inoubliables. Je me doutais qu'il y avait du travail pour arriver à ce résultat mais ce n'est jamais comme le voir de ses propres yeux.

Je vais me rabattre sur l'ambiance de travail, ce qui est quand même révélateur. Le réalisateur me fascinait, un homme habité par des images loufoques qui se déroulent dans sa tête. Un homme impatient, fébrile, joyeux, enthousiaste. Il travaille dans la spontanéité, c'est avec les éléments sur place que ses idées se complètent. Il se laisse envahir par le moment présent. Tout à coup, il désigne une personne, elle arrivera avec un pichet de thé glacé, il faut un cornet de crème de plus, une paire de lunettes excentriques, un appareil photo (et les accessoiristes courent !), un cri, un sautillement, taper des mains, tout s'invente avec l'inspiration du moment.

Le trio maintenant. Le fameux trio : Valérie, Éric, Macha. Ils forment un bloc devant la tâche à accomplir, devant le réalisateur, devant l'équipe, devant les figurants. Ils sont indissociables. Ils se tiennent près un de l'autre, bavardent à voix basse, font des conciliabules, parlementent sur les motivations de la scène, essaient de la voir dans ses moindres racoins avant de la jouer. Ce sont de vrais amis et ça se sent. En fait, je n'ai pas vu ça souvent des comédiens qui se tiennent à ce point, je pense sincèrement que cette force de l'amitié et la complicité qui en découle est un élément important du charme de cette émission.

L'ambiance générale est joyeuse mais pas vraiment détendue, si vous voyez d'ici la nuance. On vise haut, rien n'est laissé au hasard, aucune négligence n'est acceptable, c'est donc exigeant. On sent que l'on manque de moyens financiers, donc de temps. C'est une course contre la montre et hier, contre le soleil. Je vois encore le responsable du soleil qui, avec sa lentille monocle, regardait la traversée du soleil dans les nuages ; « dans une minute, ce sera pleine lumière ». On désirait tourner en plein soleil, c'était très important. Donc par une température de 30C, à l'étroit dans une ruelle, ce n'est pas courant de fuir l'ombre ! Vous dire la quantité de fois que l'on a déplacé les chaises pliantes pour poursuivre le soleil ! Et pas seulement pour la lumière, pour plein d'autres raisons. Quand la manière de travailler a une part d'improvisation, ça donne beaucoup d'hésitations, mais du naturel et du vivant. Tout a un prix.

Je les ai regardés travailler pendant 6 heures au gros soleil, je dois vous avouer qu'à la fin, j'étais éreintée, plus qu'à certains tournages beaucoup plus longs. C'est rare que l'on mette les figurants à contribution à ce point ; une heure de préparation pour six heures de plateau. C'est l'inverse habituellement. Pas besoin de dire que les deux livres que j'avais apportés sont restés dans mon sac.

Mais j'ai tellement hâte de voir cette scène quasiment burlesque. Tellement hâte !

 

 


mercredi 29 juillet 2009

Tout sur moi

Par Venise

Eh que film_120ça tombe bien ce titre-là, pas besoin de se casser la tête ! C'est que demain, je tourne comme figurante dans cette fameuse émission tant aimée, assez pour qu'elle se prolonge grâce à une pétition des téléspectateurs, ce n'est pas rien.

Ce que j'en sais présentement, c'est qu'ils ont besoin de moi à l'extérieur, flâneuse, passante, parleuse au cellulaire, courir, marcher, giguer, que sais-je qu'est-ce qu'ils me demanderont de faire. Passer, probablement seulement passer. Figurante, "remplisseuse" de fond de décor.

Je sais aussi qu'ils nous veulent vêtus dans des vêtements des années 70. J'ai demandé à la costumière de me rafraîchir la mémoire ... elle m'en a dit très peu. J'ai retenu les cols pointus pour les hommes et les couleurs franches pour les femmes. Disons que je vais y aller avec l'instinct de celle qui fait son bagage de figurante depuis 15 ans. De toutes manières, tu apportes plusieurs morceaux et sur place, comme elle m'a si bien précisé, il y aura des jupes longues mais de faire mon possible parce qu'elle en a pas beaucoup. Somme toute, je crois qu'elle était pressée et qu'elle n'avait pas le temps d'élaborer. La directive la plus catégorique ; des vêtements usés. Je vis dans l'Est. Oui, dans l'Est. Elle a pensé que ça voulait tout dire. C'est pas grave, les figurants devinent, parce que c'est loin d'être rare que l'on nous demande d'apporter de vieilles fringues. C'est même assez courant, assez que j'ai un coin de garde-robe exprès. C'est précieux des vêtements usés, voyez vous. Au cinéma.

Ma présence est requise à midi trente, mais je dois quand même le vérifier demain vers 9 h 30 si l'heure n'a pas changé. C'est un tournage extérieur mais cette fois, j'ai une adresse de rue, notre quartier général ne doit pas être des roulottes. Je préfère, c'est habituellement plus confortable. Va-t-il faire chaud ? J'étais drôlement contente quand elle m'a dit : Nous sommes l'été ! Wow, me suis-je dit, au cinéma, on se commande des étés comme ça, en criant été ! Vous voyez d'ici, si elle m'avait dit : Nous sommes l'automne. Avec des pantalons longs, du lainage, du foulard même, j'aurais eu chaud même si c'est pas vraiment l'été dans notre vraie vie. Elle a ajouté, apportez-vous quand même une petit coupe-vent. Moi, c'est drôle, j'aurais dit : des bottes de pluie, une capuche en plastique, un imperméable et un parapluie. Pis du courage. Parce qu'elle a aussi dit, s'il pleut, on tourne quand même. Difficile de penser autrement, il n'y aurait aucune émission québécoise dans votre téléviseur s'ils abordaient la question autrement.

On m'a aussi dit d'apporter mon lunch. Que j'avais deux ou trois scènes. Mais on verra. À partir de 12 h 30 demain, tout peut arriver, c'est un voyage dans le temps et dans le semblant.

Ce que je suis presque sûr est de revenir en début de nuit et l'autre certitude, c'est que je vous reviendrai avec du ... tout sur moi dans Tout sur moi.

 


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