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dimanche 18 avril 2010

À côté du Salon

Par Venise

Ça fait déjà une semaine déjà de cette visite au Salon international du livre de Québec. La Babillarde manque de spontanéité .. ou de temps !

Au Passe-Mot, mon compte-rendu a abordé le côté roman plus que celui bandes dessinées, à une exception près, Ben. D'ailleurs, je m'ennuie de Ben et Olivia, mon couple à la retraite, je n'ai même plus le temps de les visiter ces temps-ci. Du coup, ça vous donne l'indice ultime du pourquoi j'apprécie tant ce couple : leur vie tranquille, mais pas plate ! Ce juste équilibre dans l'activité, j'aime le lire faute de le vivre !

Je pénètre de plus en plus l'univers de la bande dessinée et je l'ai réalisé plus que jamais au Salon. Par l'attraction. Mes pieds se dirigeaient irrésistiblement vers le secteur bande dessinée. On peut y voir l'attraction des énergies, une force inconnue des mondes parallèles qui guide mes pas ou, plus prosaïquement, voir que cette section occupe le neuvième (art !) du Salon. Peut-être un huitième. S'y trouvent deux tribunes publiques : un espace conférence avec une cinquantaine de sièges (j'ai attrapée celle de Michel Rabagliati et Philippe Girard à la fin, j'étais déçue) et une autre avec un écran où le bédéiste invité dessine devant nous. J'ai assisté au dessin en direct de Leif Tande, c'était très amusant ! Tout le monde riait de bon cœur !

Une fois mes jambes reposées, je me promenais dans l'allée des kiosques de bandes dessinées, les yeux écarquillés, à la recherche de trésors pour mon Marsi qui, lui, était attablé à ses dédicaces au kiosque La Pastèque. Je lui ai déniché une planche imprimée, numérotée et signée Régis Loisel (le manitou de Magasin Général) représentant l'impudique fée Clochette, une revue de Québec Bazzart, numéro spécial BD, et j'ai attendu pour la superbe dédicace de Philippe Girard « Tuer Vélasquez » selon son désir. Marsi a aussi fait l'acquisition de « Jimmy et le Bigfoot » de Pascal Girard. Mon petit nombril de Pascal Colpron et le dernier et non le moindre, un superbe album carré et bleuté de 376 pages « L'origine de la vie » de Leif Tande.

Marsi y a été de sa collecte de deux albums collectifs des étudiants finissants de l'EMI (École Multidisciplinaire de l'image) où Sylvain Lemay enseigne l'histoire, la sémiologie et la scénarisation de la bande dessinée. Nous en avons profité pour rapporter le collectif qu'il a dirigé Regards sur la bande dessinée aux éditions Les 400 coups. On s'est gâtés que je vous dis !

Mais la cerise sur le sundae a été ce souper La Pastèque au Bistro du Clocher penché, vécu comme une bulle en dehors du temps en compagnie des bédéistes Paul Bordeleau - Faüne, Michel Rabagliati, - Les « Paul », Leif Tande, Pascal Colpron «Mon petit nombril » et bien sûr, mon Marsi - Miam miam fléau (sorti en France cette semaine !).

Je me suis passé une remarque à la suite de ce souper en égard aux cinq bébéistes autour de cette table animée : tous des hommes allumés et sensibles, ces bédéistes. De cette sensibilité qui s'explose dans la création.

Délicieux souvenirs.


dimanche 29 novembre 2009

Dans la ville du livre ou Marsi au Salon

Par Venise

Je n’aurais pas dû attendre si longtemps avant de l’écrire celle-là. Je voulais vous parler de l’expérience de Marsi à son premier Salon du livre de Montréal et j’ai l’impression que la chaleur des émotions a un peu tiédie. L’événement date pourtant d’une semaine seulement mais quand il s’agit d’émotions, on a souvent l’impression qu’elles se font tasser rapidement par les fraîches. Veux ou veux pas, c’est émotif s’exposer dans un Salon pour un auteur peu connu. S’exposer au regard ... ou non. S’exposer au regard aveugle de l’indifférence, y a rien de pire pour un artiste. À côté des auteurs courus, ça peut quasiment frôler la sensation d’échec, ou même de rejet.

Je me regarde aller et j’ai l’air de vous préparer à une catastrophe. Cela n’est pourtant pas le cas. Du tout. Marsi a eu des visiteurs et des acheteurs. Il s’en fallait de peu pour occuper trois heures de séances de dédicaces divisées en deux jours, en tenant compte qu'il y consacre environ 15 minutes chacune. Le samedi, la première journée, il était content de s’asseoir, il trouvait enfin une place juste pour lui dans cet effervescent pays du livre. On a qu’à s’imaginer des centaines de librairies dans une ville, il y en aurait à toutes les rues, à tous les coins de rues, dans toutes les ruelles, les parcs. Pour qui adore les livres, c’est presque trop. C’est un des plus grands plaisirs de Marc dans la vie ; fréquenter une librairie. À hauteur d’homme. Dans un Salon, je le vois un peu dépassé, comme si ses yeux ne pouvaient tout englober, ni sa tête, il baisse les bras et se demande où diriger ses pieds (remarquez que je viens de faire le tour de son anatomie!). Trop, c’est comme pas assez. Je l’ai dit au Passe-Mot, pour jouir d’un Salon, il faut partir avec des buts définis, un itinéraire, un schéma du Salon, tout en sachant s’ouvrir aux imprévus. Avec le même état d’esprit qu’en voyage.

Aussitôt assis derrière sa petite table en mélamine blanche avec en arrière plan un alléchant éventail de publications de La Pastèque (des gros titres et de gros noms !), il m’a dit ressentir un soulagement ; je vais me reposer. Il n’était donc pas trop nerveux. Il portait son T-shirt avec les personnages de Miam miam fléau choisis et imprimés méticuleusement par un ami, par contre, il avait enfilé une chemise à manches longues rouge bourgogne le recouvrant complètement ! Tout le portrait de mon chum, on se montre, mais on ne s’expose pas. Et surtout, on insiste d’aucune façon. D'ailleurs, une fois que tout le monde sait que je suis sa conjointe, avec un sourire en coin, il me présente comme son attachée de presse. C’est sûr que se mettre à son avantage soi-même, certains vont jusqu’à dire, se vendre, ce n’est pas évident. Ça le frappe de m’entendre le vanter et porter avec enthousiasme le meilleur de sa BD, louant sa démarche de perfectionniste.

Donc, le samedi s’est déroulé quasiment à la perfection avec l’arrivée régulière d’une personne à la fois. Marc ne se souvient plus si cela a été 4 ou 5 (je n’ai pas compté puisque je l’ai quitté pour aller butiner). Quand je suis revenue, il n’avait pas terminé sa dernière, il a dû laisser sa place aux bédéistes, auteurs de Red Ketchup et continuer sa dédicace près de la caisse. Quand un des éditeurs retire ton nom au-dessus de ta tête et qu’il y a déjà une file pour le prochain ... ça remet l’égo d’aplomb ! La même situation s’est présentée dimanche, la file a commencé encore plus tôt, attendant le père des Paul, Michel Rabagliati.

Le dimanche a commencé plus durement, il était un peu plus inquiet : qui va venir ? Et tout à coup, c’est personne ?! Il avait conscience que la chose était possible. D’ailleurs, la première demi-heure, cela a été le cas. Une demi-heure longue. Longue et riche en émotions. Alors imaginez la reconnaissance devant le premier qui a décidé d'acheter Miam miam parce que l’auteur était présent, il a même fait dire dans la dédicace un gros MERCI à un de ses personnages ! 

J’ai maintenant plus conscience que jamais que le Salon du livre est une leçon d’humilité pour les auteurs à leur début et même, malheureusement, pour certains moins populaires même après plusieurs publications. Ça aide d’être connu avant d’être publié !!!

Il faut être fait fort et aimer ce que l’on fait pour revenir à la maison et continuer son travail, si ce n’est dans la célébrité avec célérité, et mon Marsi est fait très, très fort. Et je suis certaine qu’un jour, quand on découvrira toutes les facettes de son immense talent, parce que Miam miam fléau n'est qu'un aperçu de ses milles possibilités, on ne pourra plus dire que c’est parce que je suis son ange blond que je l’affirme sans l’ombre d’un doute.


samedi 24 octobre 2009

Le Salon de la solidarité

Par Venise

marc-mascotte1_240Je finis par avoir un peu honte de laisser ma Babillarde dans le silence. Pourtant, à chaque jour, je me dis « c’est aujourd’hui que j’écris » et puis, la vie emporte le temps ailleurs où je ne suis pas ! Ce soir, même si le temps a idée de se montrer le bout du minuit bientôt, coûte que coûte, je me lance en vrac et contre tous.

Par où commencer ? Vedettariat oblige, par l’entrevue télévisuelle « Sortir » à Radio-Canada/Estrie. Quand nous sommes arrivés au Salon du livre étaient déjà présents « Patrick Nicol, Lili Maxime et Mylène Gilbert-Dumas ». Ces trois romanciers de l’Estrie venaient d’apprendre qu’ils passeraient une entrevue à trois avec environ une minute et demi chacun pour défendre leur bébé ! Je n’arrivais pas à déterminer si c’était la frustration ou l’inquiétude que je voyais flotter dans l’air. Marsi se sentait un peu à part puisqu’on lui accordait, disait-on, trois minutes d’entrevue, en calculant la présentation du matériel visuel qu’un caméraman (extrêmement gentil) avait rapporté d'un filmage du coin de travail de Marsi ici. Finalement, l’entrevue s’est bien déroulée mais à la vitesse « Coupez ! ». L’animatrice souriait à belles dents, Marsi répétait ad nauseam les mots « bande dessinée », très concentré et la figure un peu crispée.

Savez-vous ce que nous avons fait en arrivant à la maison ? Regarder l’entrevue que nous avions enregistrée. J’avais hâte de l’entendre, moi qui avait vu Marc mimer de loin. Faut croire que notre regard était sévère, nous nous sommes couchés déçus ! Heureusement, le lendemain, les commentaires positifs, encourageants et surpris de notre manque enthousiasme nous ont remis sur le piton. Quelques jours plus tard, nous avons eu le courage de le re-visionner et ce n’était pas si pire finalement. La voix chaude et attractive de Marc, son authenticité, sa bonté passait le feu des ondes. Morale de cette histoire ; ne jamais s’écouter quand on est fatigués et que les émotions sont à vif.

Le Salon du livre de l’Estrie maintenant ; une très belle expérience.  Nous imaginions le kiosque de l’Association des auteures et auteurs des Cantons de l’Est (AaaCe) plus grand, il était aussi petit que pour abriter un auteur et pourtant, nous étions environ une vingtaine d’œuvres exposées. Le bon côté ? Beaucoup d’échanges empreints de chaleur humaine. En plus d'y rencontrer des auteurs chaleureux et solidaires (désireux de nous connaître, nous achetant des albums), j’ai enfin rencontré Michèle Plomer, auteure de HKPQ, un de mes coups de cœur romanesque. Incroyable, cette femme est encore plus sympathique que je l’imaginais ... et j’ai pourtant beaucoup d’imagination !

À notre arrivée, une personne attendait en ligne pour sa dédicace, c’était nul autre que notre webmestre, Maxime, avec qui j’avais tant de jasette à rattraper. Deux vrais moulins à parole !

Quelques mots sur le Lancement collectif d’une trentaine d’œuvres littéraires en deux heures, le vendredi. Sur la scène, un feu roulant de présentations avec sur l’écran géant un gros plan de chaque livre, deux personnes lisaient résumé et bio en deux ou trois minutes, tout à côté l’auteur qui tenait son livre, souriait et recevait une fleur de la main de Suzanne Pouliot, animatrice et présidente. Malgré toutes ses contraintes de temps, j’ai trouvé l’exercice sympathique pour la passion et la fierté que j’ai vues sur chaque figure. C’était beau, qu’est-ce que vous voulez, c’est l’être humain qui fait la beauté des événements ! J’ai pris des photos mais je vous ne les montrerai pas et ne les montrerai jamais à personne ... puisqu’elles ont été effacées par erreur !

Aussitôt le vin d’honneur servi, Marsi a été approché par deux fanatiques de BD et il s’est conclu, là sous la fébrilité de passions qui se croisent, un rendez-vous pour le dimanche. Un futur bédéiste en plein travail désirait montrer ses planches à Marsi et savoir qu’est-ce qu’il en pensait et Francis Pelletier, déjà à son cinquième album publié à compte d’auteur désirait échanger.

Prochain Babillarde, je vous parlerai de Marsi au primaire ...

Sur la photo du dessus : Marsi se laissant flirter par sa voisine de Salon  ... Ça fait très « Halloween » !


samedi 19 septembre 2009

B : comme Bouffe et Bouche

Par Venise

bouche_oreille_101Un Miam miam fléau, qu'est-ce que ça mange en automne ? Des pommes ! Qu'est-ce que ça mange un album pour toute la famille qui essaie de se frayer un sentier dans la rentrée ? Ça mange de la promotion.

Un deuxième lancement, celui-ci dans la région, ça aide. Dans le cadre des Journées de la Culture, ça aide encore plus, organisé conjointement avec La Biblairie GGC, ça plane ! Enfin, des journalistes désirent parler à Marsi, cet illustre inconnu jusqu'à hier. Ça commence tout en douceur mais aucune action n'est un coup d'épée dans l'eau. Mardi, Marsi va être interviewé brièvement par Sylvie Bergeron de CFLX. Une entrevue pas du tout intimiste, tous les auteurs de la région sont conviés au Loubard, un bar de Sherbrooke, de 17 h 30 à 20 h 00. C'est une première expérience.

Pour le lancement samedi prochain, la liste d'invitation de la Biblairie GGC est longue. Jusqu'à date, certains chroniqueurs et journalistes ont demandé un album. À la lecture, celui-ci passera-t-il la rampe ?

Bien sûr, pour un album sur la Bouffe avec un grand B, le Bouche à oreilles est de rigueur. Je vous fais entrer dans mon village pour bien comprendre comment il fonctionne ici. Nous aimons beaucoup le resto Les 3 Grâces à Eastman, nous le fréquentons, des amis qui habitent Eastman aussi. Ils ont raconté à la propriétaire, qui est aussi la cuisinière , le lancement chez Monet. Quand nous avons été faire notre tour, la propriétaire nous a demandé si on avait un album avec nous. Nous en avions bien sûr ! Marsi l'a dédicacé. Cet après-midi, à l'épicerie du village, nous avons rencontré la proprio qui nous a passé de joyeux et élogieux commentaires. Ça a fait chaud au cœur de l'auteur, il a ouvert grand les yeux et les oreilles, et même la bouche (!), dévorant chaque mot, surtout quand elle lui a dit l'avoir dévoré tout rond. Ensuite, et voilà le charme de la lecture d'une BD, on peut la dévorer une deuxième fois. Ce qu'elle fit, découvrant avec plaisir de ces petits détails qui nous échappent quand on avale goulûment, trop affamé de l'histoire. Par exemple, une borne fontaine en forme d'asperge l'a beaucoup amusée. Nous lui disons à demain, ayant justement l'intention d'aller bruncher Aux 3 Grâces. Quelque 5 minutes plus tard, en ligne pour passer à la caisse, elle revient à nous et demande gentiment si on pourrait lui apporter un album dédicacé pour son frère qu'ils fêtent demain, au resto justement.

C'est un excellent exemple, si nous n'achetions pas des albums à l'avance, et si Marc ne dessinait pas d'admirables dédicaces (il se sent très inspiré pour ceux dont c'est l'anniversaire), il y aurait eu peu de chance que cet album se retrouve entre les mains du fêté demain. Dans les grandes cités, la situation se pose différemment, les librairies ne sont pas à une heure de route !

En plus du Bouche à oreille, les lancements, il y a les Salons. Marsi participera à celui de l'Estrie à la mi-octobre. Ce ne fut pas simple du tout, mais finalement nous serons au large kiosque tenu par l'association des auteures et auteurs des Cantons de l'Est (nous nous sommes inscrits à cette association). Au départ, nous devions que participer à un lancement, oui oui, vous avez bien lu un troisième lancement (!!!), collectif celui-là où une trentaine d'auteurs partagent la sellette. Et puis, le 15 octobre, une auteure a laissé tomber une de ses séances de signature. Marsi la remplace à main levée ! C'est l'après-midi des jeunes du primaire. Je vois d'ici une belle ribambelle d'enfants devant Marsi ...

Ça va être mignon ça ! Je vous promets au moins une photo :-)

 


jeudi 10 septembre 2009

Le "après-lancement"

Par Venise

dtective_124Plusieurs nous demandent comment nous vivons "l'après-lancement ». Il y a de quoi se poser la question parce que le vécu est dense. Le lancement est la frontière entre le rêvé et la réalité et quand donc peut-on dire que la réalité est à la hauteur du rêve ?

Je vous laisse répondre de votre côté mais pour nous, ici, ça s'appelle se fragiliser et ramer. Se fragiliser, eh bien, ça ressemble à un Marsi qui, pour la première fois, a ouvert le livre sur son univers et ses créatures imaginaires et qui attend avec anxiété de savoir si les gens vont aimer. Nous recevons peu d'impressions, ou jamais suffisamment pour les affamés que nous sommes. Pourquoi il y en a peu est la question que l'on se pose et à laquelle on essaie de répondre, faisant appel à le plus de rationnel possible. C'est que l'album n'est pas encore très exposé. Nous avons un ami (hi hi, vous allez le reconnaître, je le sors de sa lucarne !), Pierre-Greg qui a revêtu le rôle d'inspecteur. Il inspecte les vitrines de librairie, et même les fonds de librairie ! À chaque fois que nous apprenons que l'album est en évidence, nous tapons des mains (manière de parler ... malgré que). Du côté de Montréal, ça va assez bien, malgré la déception de le voir ranger dans un bac à la lettre M dans la section « adulte » !

Une déception nous attendait à Sherbrooke où de notre côté nous avions le goût de le voir sur les tablettes dans au moins une librairie. Chez Archambault, loin de le trouver, rien n'est moins sûr qu'ils en tiennent un jour. L'assistante nous a assuré que ça dépend de la décision des acheteurs à Montréal et qu'elle n'y peut strictement rien. Ou si elle y peut quelque chose, ce sera en réaction des demandes des clients. S'il y en a quelques unes, elle pourrait en suggérer l'achat. Le fait que l'auteur soit de la région n'a pas directement d'effet. Indirectement, oui et ce « ricochet » tombe dans la cour des médias. S'ils en parlent, peut-être y aura-t-il des personnes qui la réclameront chez Archambault. À la Biblairie GGC, ils avaient la trentaine d'albums que nous avions commandés mais n'avaient pas encore eu le temps d'installer la balance sur les tablettes.

Vous voyez ce que je veux dire ? La réalité a encore des allures de rêve, comme s'il fallait que la brume se dissipe pour en voir les contours nets. C'est que l'on a hâte que les enfants la lisent. Très hâte même. Parce que les trois jeunes qui l'ont lus jusqu'à date, y compris maintenant un jeune homme de 11 ans à l'esprit très déluré, ont beaucoup aimé. Celui-ci dit l'avoir trouvée très drôle, et particulièrement le personnage du roi. Entendre dire qu'elle est drôle nous rassure. On a beau la lire, la regarder, la scruter, l'analyser, on peut difficilement la rire ! Y réagir, quoi ! Un peu, mais à peine. Nous sommes à une étape où le besoin du lecteur est criant. Alors, on rame pour aller vers lui. Vous dire combien on rame !

Pas seulement des démarches vers des lecteurs par tête de pipe mais on planifie, soupèse ce que l'on peut faire pour aider à la pousser hors du nid. Vous me direz qu'il y a les Salons, oui certainement qu'il y a les Salons du livre. Celui de Montréal s'en vient et Marsi y sera sans conteste, il a même fourni à cet effet ses disponibilités aux éditeurs. Celui de l'Estrie par contre, qui a lieu à la mi-octobre, la question n'est pas encore réglée. Nous sommes en attente, c'est paraît-il, complexe. C'est notre région pourtant, il me semble que ça commence par là. Dans ma tête en tout cas ! Peut-être que non finalement.

Dans le fond, je réalise que nous ne sommes jamais prêts à un après-lancement. C'est comme dans la vie, après la naissance d'un enfant, la réalité bouscule le rêve et il y a certainement un ajustement à faire entre les deux.

C'est ce que nous sommes à faire. Et c'est beaucoup de travail ... émotif.

 


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