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vendredi 05 février 2010

Question de mon fils à Marsi

Par Venise

Question de mon fils, Rémi :

J'ai terminé de lire Miam Miam fléau il y a quelques jours. J'ai bien aimé.

Sans entrer dans une longue critique, je dois dire que ce qui m'a impressionné c'est le vaste univers imaginaire installé dans cette BD. Et puis j'avais hâte de savoir ce qui allait arriver -- l'ayant jamais lu -- ce qui est bon signe. J'ai lu les 40 premières pages d'une traite, bien que l'ayant entamé fatigué tard dans la nuit.

J'ai une question pour Marc : qu'y a-t-il dans le potage Gousse-Gousse de mère Crapette ? (Des gousses d'ail j'imagine! mais à part de ça ?)

****

Allô Rémi,

Merci pour tes bons mots sur mon album ! C'est vraiment apprécié.

Alors, voici:

- Pas moins de six têtes d'ail grossièrement hachées
- Une bonne quantitée de bouillon de poule fait maison
- Quatre à cinq tranches de pain de ménage rôties à coeur et beurrées chaudes
- Une à deux cuillèrées de caramel bien roussi
- Une pointe de pâte de piment fort
- Deux pincées de cannelle
- Sel
- Parmesan

La veille, préparez un bon bouillon de poule selon les préceptes établis.

Pour le potage:

Faites rôtir cinq des six têtes d'ail dans une huile chaude jusqu'au rôtissement. Incorporez cet ail ainsi que piment, cannelle et sel au bouillon préalablement réchauffé. Faites mijoter une bonne demie heure à feu doux. Par la suite, rajoutez les tranches de pain ainsi que le caramel et laissez reposer quinze minutes. Mettez-y la sixième tête d'ail fraîche, couvrir et attendre le refroidissement total du plat. Lorsque vous pouvez touchez la surface de la marmite et y laisser la main sans vous brûler, c'est qu'il est temps de remettre le plat sur le feu et de réchauffer à souhait.

Servir parsemé de fines lamelles de parmesan. Bon appétit !

Extrait de « Grosse fourchette et Mère Crapette »


  Marsi 

Critique de Miam Miam Fléau dans la revue Lurelu

Marsi (Marc Simard) qui a travaillé dans le domaine de l'illustration et du dessin animé, nous présente sa première incursion dans le domaine de la bande dessinée chez un éditeur reconnu pour son avant-gardisme.

C'est la consternation au royaume de la Rigôle : Borbo, monstre et goûteur du roi s'est enfui. Pouette et Coco Météore, la monture la plus rapide du royaume, partent donc à sa recherche. Il faut faire vite afin que le roi ne meure pas de faim. D'autant plus que Borbo, affamé, dévaste tous les garde-mangers des royaumes avoisinants.

Voici un livre dont aucun résumé, aussi fidèle soit-il, ne pourra rendre compte des qualités. Et elles sont nombreuses. Qualité du dessin d'abord. Dans un style très contemporain, un dessin très vivant au trait simple qui possède une grande clarté. Qualité de la couleur ensuite, qui vient renforcer la lisibilité du dessin tout en nuançant les différentes scènes. Et finesse de la mise en pages; par exemple, la première page pourrait servir d'exemple dans le cadre des spécificités du langage de la bande dessinée. Qualité de la langue également : un vocabulaire très riche et des dialogues savoureux. Qualité du récit et du scénario aussi : non seulement le récit est-il intéressant, mais en plus, il est très bien construit. Qualité de l'ensemble finalement, puisque le tout est plus grand que la somme de ses parties. Car la plus grande qualité de ce livre demeure le plaisir qu'il procure au lecteur. Et l'auteur n'en est qu'à sa première bande dessinée !

Signé :  Sylvain Lemay, enseignant au niveau universitaire

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Disons que Marsi s'est nourri de cette critique, et YAH !, il galope maintenant vers l'à venir.

 


samedi 19 décembre 2009

Émus par les enfants

Par Venise

Oh là là... je viens de voir que ma dernière chronique date du 9 décembre ! Pourtant, j’ai l’impression que la Babillarde que je suis parle beaucoup. C’est fou quand même, je me suis offert cette tribune en me disant, je vais me laisser aller à jacasser de plein gré, sans trop me soucier du contenant, allant droit au contenu, et puis voilà que plus souvent qu’autrement, je fais « Silence » (les conteurs chantent parfois le silence – Fred Pellerin). Je laisse la glace prendre et suis donc obligée à chaque fois de la casser à grands coups de plume. De plume de pigeonne.

Si j’écrivais plus souvent, je n’aurais pas l’impression de toujours parler de mon fier pigeon au beau plumage, Marsi. Encore une fois, de ma plume, je survolerai sa séance de dédicaces à la Librairie Imagine à Laval. Impossible de la passer sous silence, Marsi était trop heureux de rencontrer les enfants. Plusieurs se sont présentés, quatre se sont nommés : Victor, Corinne, Étienne, Sabrina parmi les élèves de la classe de Pierre Greg, le grand explorateur BD de la Lucarne à Luneau. Ça veut dire que ces 4 jeunes d’une dizaine d’années ont sollicité leurs parents pour absolument venir chercher leur album, voir le bédéiste à l’œuvre pour une dédicace personnelle. Pourtant, ils l’ont lu puisqu’il y en a un ou deux exemplaires dans leur classe et ils avaient aussi reçu une mini dédicace sur leur carte de membre bibitte. Le cœur de Marsi était touché qu’ils soient venus expressément pour lui, les enfants l’émeuvent beaucoup.

Pendant que Marsi dessine, moi je parle, et je ne nous verrais pas vraiment changer de rôle ... À un moment donné, une dame m’a demandé de résumer l’histoire, elle voulait être certaine que ça plairait à son fils de 11 ans. J’ai commencé à la résumer, devant Corinne qui attendait sa dédicace, je me sentais attentivement écoutée, presqu’épiée, et tout à coup j’ai eu l’impression de lui voler son histoire, à son nez et à sa barbe. C’était évident qu’elle ne l’avait pas vécue de la même manière que moi, je me suis arrêté en plein milieu et lui ai demandé si elle voulait la résumer. Elle voulait, ça se lisait dans ses yeux bleus, elle voulait même très fort, mais par où commencer et surtout trop de regards insistants la dévisageaient. Sa mère lui a proposé de la lui raconter à elle. L'idée était bonne. Le cou tordu vers la gauche, les yeux dans ceux de sa mère, le corps toujours vissé à la table, elle s’est lancé. Ça nous a ému de l’entendre. Nous avons réalisé plus que jamais qu’il y a autant d’histoires que de paires d’yeux qui la lisent.

Les enfants sont émouvants parce qu’ils n’ont aucune idée qu’ils nous émeuvent.

Je termine par un prix, pas le prix de la BD mais un Prix pour la BD : Miam miam fléau de Marsi vient de remporter un prix au   World Cookbook Awards 2009 dans la catégorie Best Cookbook Illustrations - Canada French!

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Crédit de l'illustration ci-haut : http://lauredelattre.over-blog.com/25-index.html


mercredi 09 décembre 2009

Marsi au Salon du cadeau

Par Venise

Nous avons fait le Salon du Cadeau de Eastman, loué une table dans ce salon artisanal annuel. Nous ne savions pas du tout à quoi nous attendre, mais nous tenions à présenter « Miam miam Fléau ». Ça a été au-delà de toutes nos espérances. Marsi qui pensait se reposer, ou prendre de l’avance dans certaines dédicaces d’albums déjà vendus, n’a pas arrêté de la fin de semaine. Et ce n’est même pas une manière de parler ! Croyez-le ou non, j’ai dû lui faire manger son sandwiche ! J’avais même peur qu’il me mange les doigts tellement il était affamé. Il était autour de 15 h faut dire avec seulement quelques bricoles dans l’estomac, réveil trop tardif pour déjeuner avant de partir. Pauvre lui, il n’a jamais eu le temps de se lever et d’aller faire la tournée des autres tables. Une artisane le taquinait, il devait être assis sur de la « crasy-glue ».

C’est sûr qu’il n’a pas perdu son habitude de gâter ses lecteurs en leur offrant une dédicace élaborée. D’ailleurs, c’était le côté « artisanal » du Salon que cette dédicace sur commande et personnalisée. Paraîtrait-il que les gens entraient dans le resto tout à côté « Les 3 grâces », chacun s’exclamant sur sa dédicace, c’est la patronne qui est venue nous le dire en personne.

J’ai eu l’occasion de réaliser jusqu’à quel point Marc a une mémoire visuelle impressionnante. Un moment donné, une jeune femme se présente devant nous, il lui déclare avec aplomb : « Je vous connais ! » Il la regardait avec un sourire en coin, tandis qu’elle cherchait, se sentait un peu mal de ne pas le reconnaître, continuant à scanner chaque cellule de son cerveau, histoire d’y repérer la bonne tranche de vie. Finalement, ils avaient étudiés ensemble, en graphisme au cegep de Sherbrooke voici 25 ans. Belle retrouvaille, elle habite maintenant Eastman. C’est pour dire !

Je ne suis pas certaine que l’on ait fait beaucoup de profit à la quantité d’objets que j’ai achetés ! Un salon du cadeau, c’est aussi un échange de cadeaux entre artisans. Je ne signifie pas par là que nous sommes restés entre artisans, j’ai été impressionné par l’achalandage. Les gens entraient régulièrement, nous étions la première table en face de la porte d’entrée, très chanceux, je vous dis. Une ambiance remplie de joie et de sérénité. Amenez-en des Salons comme ça ! D’autant plus qu’on y a vendu encore plus que dans un Salon du livre. Moins de concurrence faut dire !

Prochaine étape de dédicace pour Marsi :

La Librairie Imagine, 351 boul. Samson, Laval (450-689-4624) - Localisation en cliquant ici.
Ce samedi – 12 décembre  -  DE 13 h 30 à 16 h 00

Parfait pour un cadeau de Noël personnalisé pour un jeune. Difficile cependant de lui faire croire que c’est le Père Noël qui l’a dédicacé ! (de toutes manières, il n’a sûrement pas autant de talent que Marsi !). Mais comme il s’adresse à 9 ans et plus, pour cet âge, le Père Noël est un papa qui a chaud sans son ensemble rouge et blanc et qui en profite pour se gaver de biscuits en embrassant la reine du foyer :-) ...


dimanche 29 novembre 2009

Dans la ville du livre ou Marsi au Salon

Par Venise

Je n’aurais pas dû attendre si longtemps avant de l’écrire celle-là. Je voulais vous parler de l’expérience de Marsi à son premier Salon du livre de Montréal et j’ai l’impression que la chaleur des émotions a un peu tiédie. L’événement date pourtant d’une semaine seulement mais quand il s’agit d’émotions, on a souvent l’impression qu’elles se font tasser rapidement par les fraîches. Veux ou veux pas, c’est émotif s’exposer dans un Salon pour un auteur peu connu. S’exposer au regard ... ou non. S’exposer au regard aveugle de l’indifférence, y a rien de pire pour un artiste. À côté des auteurs courus, ça peut quasiment frôler la sensation d’échec, ou même de rejet.

Je me regarde aller et j’ai l’air de vous préparer à une catastrophe. Cela n’est pourtant pas le cas. Du tout. Marsi a eu des visiteurs et des acheteurs. Il s’en fallait de peu pour occuper trois heures de séances de dédicaces divisées en deux jours, en tenant compte qu'il y consacre environ 15 minutes chacune. Le samedi, la première journée, il était content de s’asseoir, il trouvait enfin une place juste pour lui dans cet effervescent pays du livre. On a qu’à s’imaginer des centaines de librairies dans une ville, il y en aurait à toutes les rues, à tous les coins de rues, dans toutes les ruelles, les parcs. Pour qui adore les livres, c’est presque trop. C’est un des plus grands plaisirs de Marc dans la vie ; fréquenter une librairie. À hauteur d’homme. Dans un Salon, je le vois un peu dépassé, comme si ses yeux ne pouvaient tout englober, ni sa tête, il baisse les bras et se demande où diriger ses pieds (remarquez que je viens de faire le tour de son anatomie!). Trop, c’est comme pas assez. Je l’ai dit au Passe-Mot, pour jouir d’un Salon, il faut partir avec des buts définis, un itinéraire, un schéma du Salon, tout en sachant s’ouvrir aux imprévus. Avec le même état d’esprit qu’en voyage.

Aussitôt assis derrière sa petite table en mélamine blanche avec en arrière plan un alléchant éventail de publications de La Pastèque (des gros titres et de gros noms !), il m’a dit ressentir un soulagement ; je vais me reposer. Il n’était donc pas trop nerveux. Il portait son T-shirt avec les personnages de Miam miam fléau choisis et imprimés méticuleusement par un ami, par contre, il avait enfilé une chemise à manches longues rouge bourgogne le recouvrant complètement ! Tout le portrait de mon chum, on se montre, mais on ne s’expose pas. Et surtout, on insiste d’aucune façon. D'ailleurs, une fois que tout le monde sait que je suis sa conjointe, avec un sourire en coin, il me présente comme son attachée de presse. C’est sûr que se mettre à son avantage soi-même, certains vont jusqu’à dire, se vendre, ce n’est pas évident. Ça le frappe de m’entendre le vanter et porter avec enthousiasme le meilleur de sa BD, louant sa démarche de perfectionniste.

Donc, le samedi s’est déroulé quasiment à la perfection avec l’arrivée régulière d’une personne à la fois. Marc ne se souvient plus si cela a été 4 ou 5 (je n’ai pas compté puisque je l’ai quitté pour aller butiner). Quand je suis revenue, il n’avait pas terminé sa dernière, il a dû laisser sa place aux bédéistes, auteurs de Red Ketchup et continuer sa dédicace près de la caisse. Quand un des éditeurs retire ton nom au-dessus de ta tête et qu’il y a déjà une file pour le prochain ... ça remet l’égo d’aplomb ! La même situation s’est présentée dimanche, la file a commencé encore plus tôt, attendant le père des Paul, Michel Rabagliati.

Le dimanche a commencé plus durement, il était un peu plus inquiet : qui va venir ? Et tout à coup, c’est personne ?! Il avait conscience que la chose était possible. D’ailleurs, la première demi-heure, cela a été le cas. Une demi-heure longue. Longue et riche en émotions. Alors imaginez la reconnaissance devant le premier qui a décidé d'acheter Miam miam parce que l’auteur était présent, il a même fait dire dans la dédicace un gros MERCI à un de ses personnages ! 

J’ai maintenant plus conscience que jamais que le Salon du livre est une leçon d’humilité pour les auteurs à leur début et même, malheureusement, pour certains moins populaires même après plusieurs publications. Ça aide d’être connu avant d’être publié !!!

Il faut être fait fort et aimer ce que l’on fait pour revenir à la maison et continuer son travail, si ce n’est dans la célébrité avec célérité, et mon Marsi est fait très, très fort. Et je suis certaine qu’un jour, quand on découvrira toutes les facettes de son immense talent, parce que Miam miam fléau n'est qu'un aperçu de ses milles possibilités, on ne pourra plus dire que c’est parce que je suis son ange blond que je l’affirme sans l’ombre d’un doute.


dimanche 01 novembre 2009

Futurs bédéistes, bonjour !

Par Venise

pupitre_109Il faut savoir tenir ses promesses (si vous me lisez jusqu'au bout, j'ai une annonce à vous faire :-)). Et je réfléchis à la possibilité de faire la promesse de ne plus en faire ! J’ai promis des impressions sur Marsi en visite au primaire et voilà qu’après le super billet de Pierre-Greg, je me demande : qu’ai-je tant à dire de plus de mon côté, qui est en fait celui de Marsi ? C’est que l’auteur de Miam miam fléau n’est pas très loquace, et c’est à moi de vous le dire car, lui, n’étant pas loquace, ne le dira certainement pas !

Il est revenu vers 20 h 00 (trajet ralenti par une première neige) et malgré une journée harassante, je l’ai vu arriver heureux, serein, satisfait. Fatigué ? Pas trop. Pas autant que je m’y attendais en tout cas. Il vivait sur sa lancée - vous savez comment la satisfaction d’une mission accomplie peut être source d’énergie – mais le lendemain, par contre, la fatigue l’a rattrapé. Et le surlendemain, rhume carabiné. Mitraillette des éternuements, risquant la tendinite du coude ! Entre deux éternuements, j’essayais d’en savoir plus long que les quelques phrases prises sur le vif du retour.

Avant de vous relater ce que j’en sais, je vous demande de ne pas entendre les mots seulement, rajoutez-y des yeux allumés, entendez une voix au trémolo chaud et enregistrez un ton passionné. C'est de cette manière qu'il m'a transmis toute l'information que je tiens. C'est révélateur du combien il les a aimés instantanément, ces galopins bavards. Il a certes trouvé que ça remuait beaucoup et que ça parlait en saperlipopette des enfants d’une dizaine d’années. Il a été étonné de la pertinence de leurs questions et de leurs remarques. Il en a conclu que ces jeunes sont beaux et allumés.

La première classe qu’il a visitée est celle de Pierre-Greg. N’oublions pas que c’était la première fois de toute sa vie qu’il se voyait planté devant 26 minois qui attendaient tout de lui ! Au début, il se sentait un peu nerveux, mais pas très longtemps. Il s’est vite aperçu qu'avec le support très engagné du prof, qui utilise des trucs efficaces pour faire régner l’ordre (de trucs de l’ordre du jeu, on reconnaît là, notre PG !), que la classe est si bien tenue, qu’il ne lui restait qu’à vivre le meilleur. Son sens de l’observation à l’affût, aussitôt qu’il voyait certaines attentions se dérober, il tâchait d’en remettre dans son discours. J’avoue que j’aurais bien aimé voir Marsi mettre le paquet ! Après l’exposé du bédéiste, décrivant les étapes dans la conception de l'album, avec document à l’appui remis à chaque élève, PG et Marsi sont passés à des exercices pour stimuler l’imagination. Ils invitaient chacun à inventer une onomatopée de leur cru et ensuite dessiner un objet ou un personnage, et il s’est spontanément rajouté d'associer le dessin avec l’onomatopée inventée. Cet exercice a été une vraie partie de plaisir et la participation à son comble.

L’heure des dédicaces a vite sonné. Marsi n’a pas trouvé la tâche astreignante, il l’a plutôt vécue comme une manière de prendre contact avec chacun. Il les appelait un à un par ordre alphabétique, certains continuaient à lui parler pendant qu’il dessinait, d’autres s’exclamaient d’une manière très comique, d’autres bavardaient comme des pies. Comme PG l’a mentionné, chaque enfant choisissait sur sa carte de membre « Bibitte » celle qu’il voulait que Marsi lui dessine. C’est l’araignée qui a gagné le vote populaire, suivi ex aequo de la mouche et luciole, ensuite du bourdon, tandis que l’escargot fut bon dernier. À partir du moment qu’un enfant a demandé 8 yeux à son araignée, les autres se sont commandés une araignée à 2, 3, 6 yeux, ce qui a grandement favorisé le vedettariat de miss l’arachnide.

À la classe de l’après-midi, avec le professeure Marie-France, les élèves ont eu droit à un Marsi réchauffé qui a pris grand soin d’entretenir un ton dynamique dans son exposé. Beaucoup d’effervescence et de questions, un bel échange et ceci, même s’il ne connaissait pas le professeur, ce qui rassure grandement Marsi pour les expériences à venir. 

Je lui ai demandé s’il y a quelque chose qui l’a surpris. Il m’a avoué avoir été un peu désarçonné par les questions directes sur combien ça rapportait, en argent (!), d’être bédéiste ! Malgré la réponse de Marsi faisant entrevoir que la fortune est loin d’être garantie, non passionnés s’abstenir, à la fin de la session, la moitié de la classe voulait devenir bédéiste !!!

miam_miam_130_01

Promesse tenue, j’ai une annonce qui nous a surpris par son côté assez inattendu, Miam miam fléau est en lice pour Gourmand World Cookbook Awards. S’il gagne, l’album de Marsi représenterait le Canada pour ce concours international autour des livres de bouffe. Première étape ; résultat en décembre 2009.


samedi 24 octobre 2009

Le Salon de la solidarité

Par Venise

marc-mascotte1_240Je finis par avoir un peu honte de laisser ma Babillarde dans le silence. Pourtant, à chaque jour, je me dis « c’est aujourd’hui que j’écris » et puis, la vie emporte le temps ailleurs où je ne suis pas ! Ce soir, même si le temps a idée de se montrer le bout du minuit bientôt, coûte que coûte, je me lance en vrac et contre tous.

Par où commencer ? Vedettariat oblige, par l’entrevue télévisuelle « Sortir » à Radio-Canada/Estrie. Quand nous sommes arrivés au Salon du livre étaient déjà présents « Patrick Nicol, Lili Maxime et Mylène Gilbert-Dumas ». Ces trois romanciers de l’Estrie venaient d’apprendre qu’ils passeraient une entrevue à trois avec environ une minute et demi chacun pour défendre leur bébé ! Je n’arrivais pas à déterminer si c’était la frustration ou l’inquiétude que je voyais flotter dans l’air. Marsi se sentait un peu à part puisqu’on lui accordait, disait-on, trois minutes d’entrevue, en calculant la présentation du matériel visuel qu’un caméraman (extrêmement gentil) avait rapporté d'un filmage du coin de travail de Marsi ici. Finalement, l’entrevue s’est bien déroulée mais à la vitesse « Coupez ! ». L’animatrice souriait à belles dents, Marsi répétait ad nauseam les mots « bande dessinée », très concentré et la figure un peu crispée.

Savez-vous ce que nous avons fait en arrivant à la maison ? Regarder l’entrevue que nous avions enregistrée. J’avais hâte de l’entendre, moi qui avait vu Marc mimer de loin. Faut croire que notre regard était sévère, nous nous sommes couchés déçus ! Heureusement, le lendemain, les commentaires positifs, encourageants et surpris de notre manque enthousiasme nous ont remis sur le piton. Quelques jours plus tard, nous avons eu le courage de le re-visionner et ce n’était pas si pire finalement. La voix chaude et attractive de Marc, son authenticité, sa bonté passait le feu des ondes. Morale de cette histoire ; ne jamais s’écouter quand on est fatigués et que les émotions sont à vif.

Le Salon du livre de l’Estrie maintenant ; une très belle expérience.  Nous imaginions le kiosque de l’Association des auteures et auteurs des Cantons de l’Est (AaaCe) plus grand, il était aussi petit que pour abriter un auteur et pourtant, nous étions environ une vingtaine d’œuvres exposées. Le bon côté ? Beaucoup d’échanges empreints de chaleur humaine. En plus d'y rencontrer des auteurs chaleureux et solidaires (désireux de nous connaître, nous achetant des albums), j’ai enfin rencontré Michèle Plomer, auteure de HKPQ, un de mes coups de cœur romanesque. Incroyable, cette femme est encore plus sympathique que je l’imaginais ... et j’ai pourtant beaucoup d’imagination !

À notre arrivée, une personne attendait en ligne pour sa dédicace, c’était nul autre que notre webmestre, Maxime, avec qui j’avais tant de jasette à rattraper. Deux vrais moulins à parole !

Quelques mots sur le Lancement collectif d’une trentaine d’œuvres littéraires en deux heures, le vendredi. Sur la scène, un feu roulant de présentations avec sur l’écran géant un gros plan de chaque livre, deux personnes lisaient résumé et bio en deux ou trois minutes, tout à côté l’auteur qui tenait son livre, souriait et recevait une fleur de la main de Suzanne Pouliot, animatrice et présidente. Malgré toutes ses contraintes de temps, j’ai trouvé l’exercice sympathique pour la passion et la fierté que j’ai vues sur chaque figure. C’était beau, qu’est-ce que vous voulez, c’est l’être humain qui fait la beauté des événements ! J’ai pris des photos mais je vous ne les montrerai pas et ne les montrerai jamais à personne ... puisqu’elles ont été effacées par erreur !

Aussitôt le vin d’honneur servi, Marsi a été approché par deux fanatiques de BD et il s’est conclu, là sous la fébrilité de passions qui se croisent, un rendez-vous pour le dimanche. Un futur bédéiste en plein travail désirait montrer ses planches à Marsi et savoir qu’est-ce qu’il en pensait et Francis Pelletier, déjà à son cinquième album publié à compte d’auteur désirait échanger.

Prochain Babillarde, je vous parlerai de Marsi au primaire ...

Sur la photo du dessus : Marsi se laissant flirter par sa voisine de Salon  ... Ça fait très « Halloween » !


vendredi 02 octobre 2009

Lancement de Miam miam chez GGC

Par Venise

batitude-dames_120Ouf ... Trop vite passe le temps. Et je n’ose même pas courir après ! Trop essoufflant. Tout ça pour vous dire que j’aurais aimé vous parler du deuxième lancement de Marsi avant qu’il se soit écoulé une semaine. Pour vous, mais surtout pour moi. J’aime parler de ce je viens de vivre quand c’est tout chaud, comme un mets sortant du four dégageant son fumet accentué.

Mais tant pis, je replonge dans ce samedi où Marsi m’a finalement prouvé qu’il n’est pas un personnage de bande dessinée : il était stressé ! Pas agité, pas nerveux, stressé.

Nous partons et arrivons à l’heure cette fois ! Aussitôt dans le centre de la librairie, Marc est happé par les amis d’enfance qu’il n’a pas vus depuis 18 ans, alors moi je m’occupe de l’installation et on dirait que je n’ai jamais fait ça de ma vie ! Je ne suis pas stressée, je suis nerveuse et agitée !

La première demi-heure, c’est l’accueil, il y a des personnes de Sherbrooke oui, mais de Eastman aussi et j’en suis très fière. La parenté, les amis de la parenté, plein de personnes que je ne connais pas que je devrais présenter, mais qui me sont présentées. Complètement prise par la frénésie de ces brefs échanges où l’essentiel doit être dit rapidement autant que chaleureusement, je réalise qu’il est deux heures et que Marc commence à avoir envie de s’installer derrière le micro. Comme il le dit franchement « Je ne suis pas prêt, mais je ne serai jamais prêt, alors aussi bien y aller ». Quant à moi, je me suis sentie prête quand je me suis retournée et que j’ai vu mon fils et sa dulcinée, arrivés à la dernière seconde après deux heures de route.

Marsi a commencé son discours lentement, je voyais qu’il se plaçait, mettait de l’énergie à être posé, il ramassait son énergie ... et ça fonctionnait. L’énergie et la voix portaient à travers toute la librairie. Il a parlé de la persévérance, combien il avait eu de la difficulté en tant que touche-à-tout de terminer un premier projet. Il a osé dire, avec toute la simplicité proche de la vulnérabilité qui le caractérise, qu’il aimait son album. Et je vous prie de me croire que ça ne faisait pas prétentieux ... plutôt amoureux ! Il en était fier, on sentait que c’était important pour sa fascination de l’esthétisme des objets « livre ». Je me souviens, vaguement, qu’il a parlé de l'histoire de Miam miam fléau, mais là, le cœur m’a arrêté de battre ... j’ai voulu prendre une photo et j’ai réalisé que je n’avais plus mon appareil avec moi. Où l’avais-je oublié ? Sur un banc ... dans l’auto ? Il m’a fallu un effort considérable pour revenir à mon conférencier malgré mon inquiétude.  Peut-être m’en manque-t-il des bouts, sûrement. La prochaine fois, il faut que je me trouve une mini-enregistreuse, pour faire une vraie journaliste de moi-même ! Mais je me souviens par contre de la période de questions. Là, on peut dire que ça a levé ... les mains. Ça pétillait de questions, on s’excusait presque d’en poser autant. Une inspirant l’autre, Marsi a été poussé à expliquer en détail sa manière de travailler, passant au crible chacune des étapes. On a reparlé du style touche-à-tout, qu’est-ce que vous voulez, un talentueux dans plusieurs domaines a la difficulté à choisir pour ensuite s'en tenir à un projet. Je levais la main moi aussi, pas pour des questions, pour des remarques. Disons, que je suis sa salière, j’adore mettre mon grain de fleur de sel ! J’ai eu l’impression que tout le monde a apprécié ma spontanéité qui en dévoile beaucoup. Finalement, celui qui pensait seulement dire quelques mots a parlé presque une heure.

Et ensuite, au travail ! Les dédicaces ... une à une, les gens penchés vers cette main agile qui fait apparaître sous leurs yeux ébahis des êtres qui n’existaient pas voici un quart d’heure.

Trente-quatre Miam miam fléau ont été adoptés ... Marc ne les a pas tous dédicacés sur place, chose impossible. Nous sommes encore une fois partis avec un sac rempli de dédicaces en devenir. Il y en a qui attendent encore, n’oubliez pas que nous faisons aussi le service à domicile, ça ralentit un peu le processus !

Décidément, un métier à temps plein rempli de rencontres et de rebondissements.


samedi 19 septembre 2009

B : comme Bouffe et Bouche

Par Venise

bouche_oreille_101Un Miam miam fléau, qu'est-ce que ça mange en automne ? Des pommes ! Qu'est-ce que ça mange un album pour toute la famille qui essaie de se frayer un sentier dans la rentrée ? Ça mange de la promotion.

Un deuxième lancement, celui-ci dans la région, ça aide. Dans le cadre des Journées de la Culture, ça aide encore plus, organisé conjointement avec La Biblairie GGC, ça plane ! Enfin, des journalistes désirent parler à Marsi, cet illustre inconnu jusqu'à hier. Ça commence tout en douceur mais aucune action n'est un coup d'épée dans l'eau. Mardi, Marsi va être interviewé brièvement par Sylvie Bergeron de CFLX. Une entrevue pas du tout intimiste, tous les auteurs de la région sont conviés au Loubard, un bar de Sherbrooke, de 17 h 30 à 20 h 00. C'est une première expérience.

Pour le lancement samedi prochain, la liste d'invitation de la Biblairie GGC est longue. Jusqu'à date, certains chroniqueurs et journalistes ont demandé un album. À la lecture, celui-ci passera-t-il la rampe ?

Bien sûr, pour un album sur la Bouffe avec un grand B, le Bouche à oreilles est de rigueur. Je vous fais entrer dans mon village pour bien comprendre comment il fonctionne ici. Nous aimons beaucoup le resto Les 3 Grâces à Eastman, nous le fréquentons, des amis qui habitent Eastman aussi. Ils ont raconté à la propriétaire, qui est aussi la cuisinière , le lancement chez Monet. Quand nous avons été faire notre tour, la propriétaire nous a demandé si on avait un album avec nous. Nous en avions bien sûr ! Marsi l'a dédicacé. Cet après-midi, à l'épicerie du village, nous avons rencontré la proprio qui nous a passé de joyeux et élogieux commentaires. Ça a fait chaud au cœur de l'auteur, il a ouvert grand les yeux et les oreilles, et même la bouche (!), dévorant chaque mot, surtout quand elle lui a dit l'avoir dévoré tout rond. Ensuite, et voilà le charme de la lecture d'une BD, on peut la dévorer une deuxième fois. Ce qu'elle fit, découvrant avec plaisir de ces petits détails qui nous échappent quand on avale goulûment, trop affamé de l'histoire. Par exemple, une borne fontaine en forme d'asperge l'a beaucoup amusée. Nous lui disons à demain, ayant justement l'intention d'aller bruncher Aux 3 Grâces. Quelque 5 minutes plus tard, en ligne pour passer à la caisse, elle revient à nous et demande gentiment si on pourrait lui apporter un album dédicacé pour son frère qu'ils fêtent demain, au resto justement.

C'est un excellent exemple, si nous n'achetions pas des albums à l'avance, et si Marc ne dessinait pas d'admirables dédicaces (il se sent très inspiré pour ceux dont c'est l'anniversaire), il y aurait eu peu de chance que cet album se retrouve entre les mains du fêté demain. Dans les grandes cités, la situation se pose différemment, les librairies ne sont pas à une heure de route !

En plus du Bouche à oreille, les lancements, il y a les Salons. Marsi participera à celui de l'Estrie à la mi-octobre. Ce ne fut pas simple du tout, mais finalement nous serons au large kiosque tenu par l'association des auteures et auteurs des Cantons de l'Est (nous nous sommes inscrits à cette association). Au départ, nous devions que participer à un lancement, oui oui, vous avez bien lu un troisième lancement (!!!), collectif celui-là où une trentaine d'auteurs partagent la sellette. Et puis, le 15 octobre, une auteure a laissé tomber une de ses séances de signature. Marsi la remplace à main levée ! C'est l'après-midi des jeunes du primaire. Je vois d'ici une belle ribambelle d'enfants devant Marsi ...

Ça va être mignon ça ! Je vous promets au moins une photo :-)

 


jeudi 10 septembre 2009

Le "après-lancement"

Par Venise

dtective_124Plusieurs nous demandent comment nous vivons "l'après-lancement ». Il y a de quoi se poser la question parce que le vécu est dense. Le lancement est la frontière entre le rêvé et la réalité et quand donc peut-on dire que la réalité est à la hauteur du rêve ?

Je vous laisse répondre de votre côté mais pour nous, ici, ça s'appelle se fragiliser et ramer. Se fragiliser, eh bien, ça ressemble à un Marsi qui, pour la première fois, a ouvert le livre sur son univers et ses créatures imaginaires et qui attend avec anxiété de savoir si les gens vont aimer. Nous recevons peu d'impressions, ou jamais suffisamment pour les affamés que nous sommes. Pourquoi il y en a peu est la question que l'on se pose et à laquelle on essaie de répondre, faisant appel à le plus de rationnel possible. C'est que l'album n'est pas encore très exposé. Nous avons un ami (hi hi, vous allez le reconnaître, je le sors de sa lucarne !), Pierre-Greg qui a revêtu le rôle d'inspecteur. Il inspecte les vitrines de librairie, et même les fonds de librairie ! À chaque fois que nous apprenons que l'album est en évidence, nous tapons des mains (manière de parler ... malgré que). Du côté de Montréal, ça va assez bien, malgré la déception de le voir ranger dans un bac à la lettre M dans la section « adulte » !

Une déception nous attendait à Sherbrooke où de notre côté nous avions le goût de le voir sur les tablettes dans au moins une librairie. Chez Archambault, loin de le trouver, rien n'est moins sûr qu'ils en tiennent un jour. L'assistante nous a assuré que ça dépend de la décision des acheteurs à Montréal et qu'elle n'y peut strictement rien. Ou si elle y peut quelque chose, ce sera en réaction des demandes des clients. S'il y en a quelques unes, elle pourrait en suggérer l'achat. Le fait que l'auteur soit de la région n'a pas directement d'effet. Indirectement, oui et ce « ricochet » tombe dans la cour des médias. S'ils en parlent, peut-être y aura-t-il des personnes qui la réclameront chez Archambault. À la Biblairie GGC, ils avaient la trentaine d'albums que nous avions commandés mais n'avaient pas encore eu le temps d'installer la balance sur les tablettes.

Vous voyez ce que je veux dire ? La réalité a encore des allures de rêve, comme s'il fallait que la brume se dissipe pour en voir les contours nets. C'est que l'on a hâte que les enfants la lisent. Très hâte même. Parce que les trois jeunes qui l'ont lus jusqu'à date, y compris maintenant un jeune homme de 11 ans à l'esprit très déluré, ont beaucoup aimé. Celui-ci dit l'avoir trouvée très drôle, et particulièrement le personnage du roi. Entendre dire qu'elle est drôle nous rassure. On a beau la lire, la regarder, la scruter, l'analyser, on peut difficilement la rire ! Y réagir, quoi ! Un peu, mais à peine. Nous sommes à une étape où le besoin du lecteur est criant. Alors, on rame pour aller vers lui. Vous dire combien on rame !

Pas seulement des démarches vers des lecteurs par tête de pipe mais on planifie, soupèse ce que l'on peut faire pour aider à la pousser hors du nid. Vous me direz qu'il y a les Salons, oui certainement qu'il y a les Salons du livre. Celui de Montréal s'en vient et Marsi y sera sans conteste, il a même fourni à cet effet ses disponibilités aux éditeurs. Celui de l'Estrie par contre, qui a lieu à la mi-octobre, la question n'est pas encore réglée. Nous sommes en attente, c'est paraît-il, complexe. C'est notre région pourtant, il me semble que ça commence par là. Dans ma tête en tout cas ! Peut-être que non finalement.

Dans le fond, je réalise que nous ne sommes jamais prêts à un après-lancement. C'est comme dans la vie, après la naissance d'un enfant, la réalité bouscule le rêve et il y a certainement un ajustement à faire entre les deux.

C'est ce que nous sommes à faire. Et c'est beaucoup de travail ... émotif.

 


mercredi 26 août 2009

Lis-la !

Par Venise

miam_phylactre_110Marsi, mon chum bédéiste m'a posé une grosse question aujourd'hui : « As-tu lu Miam Miam Fléau depuis qu'elle est imprimée ? ». J'ai commencé par dire « oui » et puis, j'ai eu des doutes. Je pense que non finalement. En parties, je l'ai lue en parties. C'est pas assez la lire en parties, on l'a déjà assez lue en parties. C'est vrai qu'on l'a travaillée en pièces détachées, en mots pis en petits carreaux, l'heure est à l'enfilade ininterrompue des cases. Il me l'a placée entre les mains et a dit « Lis-la ».

Vous imaginez la demande ! La lire ... sous-entendu ; la lire avec du recul !!! Pas évident tout de suite. Il faudrait, genre, que je l'installe dans le fauteuil du salon et que je la lise en reculant jusqu'à la cuisine ! En mangeant une pomme. Pour oublier que je lis une bédé que j'ai vu naître, que j'ai vu se tricoter sans en oublier un fil ... phylactère, que j'ai colorée en tout mais surtout en partie avec mon cœur d'enfant, mais surtout avec photoshop.

Je vais le faire pourtant, la lire. Une demande express du bédéiste, ça s'ignore pas. Si je veux mériter une dédicace dans mon album ! Un petit dessin à moi toute seule. Il est en plein là-dedans, présentement ; il dédicace à sa table à dessin sur sa mezzanine, sans file devant lui, sans impatience et bousculade. Ce sont des pré-dédicaces, il en faut, paraîtrait-il. Pendant que moi je lance des invitations de lancements, à gauche, à droite, en haut surtout. En haut, je veux dire à nos anges ! Qu'ils soient là, pour veiller.

Ce lancement de Miam Miam Fléau, c'est un événement à ne pas manquer, vous savez. Nous, nous y serons. Je blague, bien sûr que nous y serons ! J'imagine même la scène dans ma tête, la salle pleine à craquer, y fait chaud de chaleur humaine, on transpire de générosité et de gaieté, les gens s'esclaffent pour rien, se lancent des « Salut vieille branche ! » en travers de la salle. Chaque personne a un exemplaire à la main, le flatte, l'admire, le re-flatte, l'admire, les enfants l'ouvrent, le lisent tout de suite, assis, couchés dans un coin. Chantal aussi, même si ce n'est pas un enfant de corps, elle en a le cœur. Ça pleure de temps en temps ... de préférence des enfants ! Et la clameur des conversations s'amplifie et Marsi, lui, dessine. Dessine. Et dessine. Quand il s'arrête, c'est pour remettre l'exemplaire dédicacé et regarder de ses yeux bons les yeux de l'autre, pour lire s'il rit, boire une gorgée de sa joie, mais surtout aiguiser son crayon. Je me vois aller le voir et l'encourager. Je me vois l'aimer en silence dans mon cœur, flamboyante de fierté de mon grand bédéiste à moi mais que ce soir-là et le reste de ma vie, je vais partager avec tous ceux qui l'aimeront. Pour vrai.

Bon, c'est bien beau le sentiment là, mais j'ai une bédé à lire moi !

 


lundi 17 août 2009

Rencontre avec le hasard

Par Venise

miam_miam_130C’est la journée des hasards. Et le hasard des hasards est qu’ils se soient agglomérés dans la même journée. Comme vous savez, enfin j’espère que vous le savez, Marsi sort un album BD le 2 septembre. Jusque là, on est dans l’ordinaire ;-) ... album qu’il n’avait pas encore fait lire à un jeune. Voici deux semaines, nous avons reçu les amis d’amis, des 100% Suisse. Leur fille, Zoé 14 ans, les accompagnait. Marsi lui a offert de lire la BD. Elle l’a dévorée, engloutie dans un gros fauteuil. Son commentaire : « Trop bon ! ». Nous sommes présentement au gîte de la Rêvasse à Percé, nos hôtes ont une jeune fille, on lui parle de la BD, elle aimerait la lire ; elle a 14 ans et s’appelle Zoé ... (Soit dit en pensant, elle s’est exclamé plus d’une fois qu’elle a adoré, ça a fait un petit velours sur le cœur du toujours un peu inquiet bédéiste).  Non mais dites-donc, mettez deux Zoé de 14 ans, premières lectrices d’une BD non distribué dans un roman et on vous traite de fabulateur pelleteur de nuages !

L’autre est moins grand, plutôt un facteur circonstanciel. J’avais une lettre à poster, justement à discuter du « hasard Zoé », on roule et passe tout droit du bureau de poste. Bon. Il doit y avoir des boîtes à lettres des fois qui traînent quelque part sur la route, on roule quelques kilomètres et on voit une série de boîte à casiers postaux et au-dessus, tenez-vous le pour dire, il y a une fente qui avale les lettres. Marsi rebrousse chemin, pendant que l’on s’obstine gaiement : Est-ce que ça vaut vraiment la peine d’y déposer le courrier, le facteur est peut-être passé, la lettre va donc stagner 24 heures. Marsi est catégorique, il est 10 h 35, il ne doit pas être passé, Venise est catégorique, peut-être est-il passé. On enfile quand même la lettre et sur le fait, le facteur arrive. Je trouve que ça commence bien une journée !

Quand ça fait 5 ans que l’on vient dans un gîte, il arrive que l’on sympathise. C’est le cas ici, avec William et Brenda. Aujourd’hui, ils recevaient des amis de voyage qui venaient faire un tour en Gaspésie, ils sont de Sherbrooke et Magog. Un autre couple, d’Omerville (toutes des villes de l’Estrie). Dans ce même voyage, ils avaient rencontré un autre couple, celui-là de Victoriaville qui, aujourd’hui par le plus pur des hasards a réservé une chambre à la dernière minute. Nous avons pris une tisane avec cette belle gang. 

Sinon, de belles trouvailles pour Marsi aujourd’hui, trois agates à cinq minutes de distance, c’est peut-être encore un tour du hasard, qui sait (justement, personne sait qui sait). Et puis, nous sommes allés visiter le lapidaire et demain, je vais chercher mes boucles d’oreille en agates à plusieurs yeux.


samedi 11 juillet 2009

Mon sac à secrets

Par Venise

trouserrure_117Il est à peu près temps que je tienne mes promesses de babillarde en vous dévoilant quelques secrets. J'espère qu'ils ne tomberont pas dans l'oreille de sourds et de muets. Parce que des secrets, c'est fait pour être divulgués, surtout là où il y a des pigeons en abondance. C'est une règle. Et je viens de l'inventer. Les paniers percés, ce n'est pas défendu au Pigeonographe, puisqu'il n'y a aucun gendarme, ni même d'aubergine qui donne des contraventions, seulement de la police presque obligatoirement Arial.

Me voilà qui m'éloigne de mon sac à secrets, et il y en a qui ne seront pas contents, ils les attendent et commencent même à penser que je suis une grande parleuse mais une petite diseuse. De secrets.

Allons-y gaiement alors ! J'en ai des petits, des genres de miettes de secrets, j'en ai des moyens, des moyens larges, mais j'en ai aussi des gros. Des gros gras. Le premier va être à classer dans les gros gras et je ne le dirai pas deux fois.

... Marsi a reçu sa BD. Une seule BD. En catimini. Dans le silence de sa résidence. Une seule, pas plus, pas moins, juste pour mettre tout le monde en appétit quand on la leur passe sous le nez en recommandant de retenir leur faim jusqu'au 2 septembre où les librairies seront envahies de Miam Miam Fléau.

Vous êtes déçus ? C'est pas le genre de secrets que vous vous attendiez ? Bon, oké, dans ce cas, je vais en prendre un petit. Peut-être préférez-vous les petits. Si vous allez dans « Nos services », tout à côté de la Passeraile, il y a un timbre, et qui est sur ce timbre ? C'est ma tante Léona, surprise en méditation sur notre balcon. Elle est aux anges. Un autre secret anatomique ? Sous Contact, cliquez sur "Nos liens", Marsi a rajouté des mains. Roses. Ce sont mes mains. Bais oui. Un autre ? Dans Pigeon cravaté, à la première illustration de « Alice et ses hôtes », vous savez le genre de chenille turquoise, eh bien, la figure initiale est celle de Peters Sellers ... comme vous voyez, on est un peu sorti de la famille !

Un secret de La Lucarne maintenant. Il ne faut pas que je l'oublie, bien caché dans sa Lucarne, il est tout de même « toute là et bien là » cet explorateur BD. Premier secret et je vous ordonne de le vérifier, il y a 16 critiques d'écrites. Vous ne me croyez pas ? C'est à la portée de n'importe quel cliqueux curieux. Mais le secret des dieux est que l'on a oublié de prévoir un indice visuel quand il y a des critiques sous les lettres des archives (petite omission pas très grave et qui sera rétablie au retour de Maxime) mais en attendant, PG Luneau, en fier et passionné passeur qu'il est, s'organise pour lire des séries commençant par les premières lettres de l'alphabet. Parmi ses 800 à lire, il s'est dit que c'était une manière comme une autre de les sélectionner !

Le dernier maintenant. Vous ne me croirez pas mais je vais vous le dire quand même. L'illustration, toujours chez Alice et ses hôtes, « Le thé du chapelier », maniée, exécutée, dessinée, créée dans Photoshop, contient 274 niveaux (Layers).Je ne sais pas si vous vous imaginez les étages et les étages. Non ? C'est pas grave, les meilleurs secrets sont souvent ceux qui nous dépassent.

Bon, assez de secrets pour ce soir ... malgré que je ne vous en ai pas laissé un seul à mon sujet ... hum, je risque de recevoir des récriminations, donc je me rends tout de suite, j'en ai un, un mini, un tout petit petit ... quand j'ai dit à Marsi que coûte que coûte, j'écrivais une chronique babillarde ce soir, il a répliqué « bais oui, ça fait longtemps... » Il le sait pas, mais ça m'a fait un gros plaisir. Comme s'il l'attendait ...

 

 


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