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vendredi 02 octobre 2009

Lancement de Miam miam chez GGC

Par Venise

batitude-dames_120Ouf ... Trop vite passe le temps. Et je n’ose même pas courir après ! Trop essoufflant. Tout ça pour vous dire que j’aurais aimé vous parler du deuxième lancement de Marsi avant qu’il se soit écoulé une semaine. Pour vous, mais surtout pour moi. J’aime parler de ce je viens de vivre quand c’est tout chaud, comme un mets sortant du four dégageant son fumet accentué.

Mais tant pis, je replonge dans ce samedi où Marsi m’a finalement prouvé qu’il n’est pas un personnage de bande dessinée : il était stressé ! Pas agité, pas nerveux, stressé.

Nous partons et arrivons à l’heure cette fois ! Aussitôt dans le centre de la librairie, Marc est happé par les amis d’enfance qu’il n’a pas vus depuis 18 ans, alors moi je m’occupe de l’installation et on dirait que je n’ai jamais fait ça de ma vie ! Je ne suis pas stressée, je suis nerveuse et agitée !

La première demi-heure, c’est l’accueil, il y a des personnes de Sherbrooke oui, mais de Eastman aussi et j’en suis très fière. La parenté, les amis de la parenté, plein de personnes que je ne connais pas que je devrais présenter, mais qui me sont présentées. Complètement prise par la frénésie de ces brefs échanges où l’essentiel doit être dit rapidement autant que chaleureusement, je réalise qu’il est deux heures et que Marc commence à avoir envie de s’installer derrière le micro. Comme il le dit franchement « Je ne suis pas prêt, mais je ne serai jamais prêt, alors aussi bien y aller ». Quant à moi, je me suis sentie prête quand je me suis retournée et que j’ai vu mon fils et sa dulcinée, arrivés à la dernière seconde après deux heures de route.

Marsi a commencé son discours lentement, je voyais qu’il se plaçait, mettait de l’énergie à être posé, il ramassait son énergie ... et ça fonctionnait. L’énergie et la voix portaient à travers toute la librairie. Il a parlé de la persévérance, combien il avait eu de la difficulté en tant que touche-à-tout de terminer un premier projet. Il a osé dire, avec toute la simplicité proche de la vulnérabilité qui le caractérise, qu’il aimait son album. Et je vous prie de me croire que ça ne faisait pas prétentieux ... plutôt amoureux ! Il en était fier, on sentait que c’était important pour sa fascination de l’esthétisme des objets « livre ». Je me souviens, vaguement, qu’il a parlé de l'histoire de Miam miam fléau, mais là, le cœur m’a arrêté de battre ... j’ai voulu prendre une photo et j’ai réalisé que je n’avais plus mon appareil avec moi. Où l’avais-je oublié ? Sur un banc ... dans l’auto ? Il m’a fallu un effort considérable pour revenir à mon conférencier malgré mon inquiétude.  Peut-être m’en manque-t-il des bouts, sûrement. La prochaine fois, il faut que je me trouve une mini-enregistreuse, pour faire une vraie journaliste de moi-même ! Mais je me souviens par contre de la période de questions. Là, on peut dire que ça a levé ... les mains. Ça pétillait de questions, on s’excusait presque d’en poser autant. Une inspirant l’autre, Marsi a été poussé à expliquer en détail sa manière de travailler, passant au crible chacune des étapes. On a reparlé du style touche-à-tout, qu’est-ce que vous voulez, un talentueux dans plusieurs domaines a la difficulté à choisir pour ensuite s'en tenir à un projet. Je levais la main moi aussi, pas pour des questions, pour des remarques. Disons, que je suis sa salière, j’adore mettre mon grain de fleur de sel ! J’ai eu l’impression que tout le monde a apprécié ma spontanéité qui en dévoile beaucoup. Finalement, celui qui pensait seulement dire quelques mots a parlé presque une heure.

Et ensuite, au travail ! Les dédicaces ... une à une, les gens penchés vers cette main agile qui fait apparaître sous leurs yeux ébahis des êtres qui n’existaient pas voici un quart d’heure.

Trente-quatre Miam miam fléau ont été adoptés ... Marc ne les a pas tous dédicacés sur place, chose impossible. Nous sommes encore une fois partis avec un sac rempli de dédicaces en devenir. Il y en a qui attendent encore, n’oubliez pas que nous faisons aussi le service à domicile, ça ralentit un peu le processus !

Décidément, un métier à temps plein rempli de rencontres et de rebondissements.


samedi 19 septembre 2009

B : comme Bouffe et Bouche

Par Venise

bouche_oreille_101Un Miam miam fléau, qu'est-ce que ça mange en automne ? Des pommes ! Qu'est-ce que ça mange un album pour toute la famille qui essaie de se frayer un sentier dans la rentrée ? Ça mange de la promotion.

Un deuxième lancement, celui-ci dans la région, ça aide. Dans le cadre des Journées de la Culture, ça aide encore plus, organisé conjointement avec La Biblairie GGC, ça plane ! Enfin, des journalistes désirent parler à Marsi, cet illustre inconnu jusqu'à hier. Ça commence tout en douceur mais aucune action n'est un coup d'épée dans l'eau. Mardi, Marsi va être interviewé brièvement par Sylvie Bergeron de CFLX. Une entrevue pas du tout intimiste, tous les auteurs de la région sont conviés au Loubard, un bar de Sherbrooke, de 17 h 30 à 20 h 00. C'est une première expérience.

Pour le lancement samedi prochain, la liste d'invitation de la Biblairie GGC est longue. Jusqu'à date, certains chroniqueurs et journalistes ont demandé un album. À la lecture, celui-ci passera-t-il la rampe ?

Bien sûr, pour un album sur la Bouffe avec un grand B, le Bouche à oreilles est de rigueur. Je vous fais entrer dans mon village pour bien comprendre comment il fonctionne ici. Nous aimons beaucoup le resto Les 3 Grâces à Eastman, nous le fréquentons, des amis qui habitent Eastman aussi. Ils ont raconté à la propriétaire, qui est aussi la cuisinière , le lancement chez Monet. Quand nous avons été faire notre tour, la propriétaire nous a demandé si on avait un album avec nous. Nous en avions bien sûr ! Marsi l'a dédicacé. Cet après-midi, à l'épicerie du village, nous avons rencontré la proprio qui nous a passé de joyeux et élogieux commentaires. Ça a fait chaud au cœur de l'auteur, il a ouvert grand les yeux et les oreilles, et même la bouche (!), dévorant chaque mot, surtout quand elle lui a dit l'avoir dévoré tout rond. Ensuite, et voilà le charme de la lecture d'une BD, on peut la dévorer une deuxième fois. Ce qu'elle fit, découvrant avec plaisir de ces petits détails qui nous échappent quand on avale goulûment, trop affamé de l'histoire. Par exemple, une borne fontaine en forme d'asperge l'a beaucoup amusée. Nous lui disons à demain, ayant justement l'intention d'aller bruncher Aux 3 Grâces. Quelque 5 minutes plus tard, en ligne pour passer à la caisse, elle revient à nous et demande gentiment si on pourrait lui apporter un album dédicacé pour son frère qu'ils fêtent demain, au resto justement.

C'est un excellent exemple, si nous n'achetions pas des albums à l'avance, et si Marc ne dessinait pas d'admirables dédicaces (il se sent très inspiré pour ceux dont c'est l'anniversaire), il y aurait eu peu de chance que cet album se retrouve entre les mains du fêté demain. Dans les grandes cités, la situation se pose différemment, les librairies ne sont pas à une heure de route !

En plus du Bouche à oreille, les lancements, il y a les Salons. Marsi participera à celui de l'Estrie à la mi-octobre. Ce ne fut pas simple du tout, mais finalement nous serons au large kiosque tenu par l'association des auteures et auteurs des Cantons de l'Est (nous nous sommes inscrits à cette association). Au départ, nous devions que participer à un lancement, oui oui, vous avez bien lu un troisième lancement (!!!), collectif celui-là où une trentaine d'auteurs partagent la sellette. Et puis, le 15 octobre, une auteure a laissé tomber une de ses séances de signature. Marsi la remplace à main levée ! C'est l'après-midi des jeunes du primaire. Je vois d'ici une belle ribambelle d'enfants devant Marsi ...

Ça va être mignon ça ! Je vous promets au moins une photo :-)

 


jeudi 10 septembre 2009

Le "après-lancement"

Par Venise

dtective_124Plusieurs nous demandent comment nous vivons "l'après-lancement ». Il y a de quoi se poser la question parce que le vécu est dense. Le lancement est la frontière entre le rêvé et la réalité et quand donc peut-on dire que la réalité est à la hauteur du rêve ?

Je vous laisse répondre de votre côté mais pour nous, ici, ça s'appelle se fragiliser et ramer. Se fragiliser, eh bien, ça ressemble à un Marsi qui, pour la première fois, a ouvert le livre sur son univers et ses créatures imaginaires et qui attend avec anxiété de savoir si les gens vont aimer. Nous recevons peu d'impressions, ou jamais suffisamment pour les affamés que nous sommes. Pourquoi il y en a peu est la question que l'on se pose et à laquelle on essaie de répondre, faisant appel à le plus de rationnel possible. C'est que l'album n'est pas encore très exposé. Nous avons un ami (hi hi, vous allez le reconnaître, je le sors de sa lucarne !), Pierre-Greg qui a revêtu le rôle d'inspecteur. Il inspecte les vitrines de librairie, et même les fonds de librairie ! À chaque fois que nous apprenons que l'album est en évidence, nous tapons des mains (manière de parler ... malgré que). Du côté de Montréal, ça va assez bien, malgré la déception de le voir ranger dans un bac à la lettre M dans la section « adulte » !

Une déception nous attendait à Sherbrooke où de notre côté nous avions le goût de le voir sur les tablettes dans au moins une librairie. Chez Archambault, loin de le trouver, rien n'est moins sûr qu'ils en tiennent un jour. L'assistante nous a assuré que ça dépend de la décision des acheteurs à Montréal et qu'elle n'y peut strictement rien. Ou si elle y peut quelque chose, ce sera en réaction des demandes des clients. S'il y en a quelques unes, elle pourrait en suggérer l'achat. Le fait que l'auteur soit de la région n'a pas directement d'effet. Indirectement, oui et ce « ricochet » tombe dans la cour des médias. S'ils en parlent, peut-être y aura-t-il des personnes qui la réclameront chez Archambault. À la Biblairie GGC, ils avaient la trentaine d'albums que nous avions commandés mais n'avaient pas encore eu le temps d'installer la balance sur les tablettes.

Vous voyez ce que je veux dire ? La réalité a encore des allures de rêve, comme s'il fallait que la brume se dissipe pour en voir les contours nets. C'est que l'on a hâte que les enfants la lisent. Très hâte même. Parce que les trois jeunes qui l'ont lus jusqu'à date, y compris maintenant un jeune homme de 11 ans à l'esprit très déluré, ont beaucoup aimé. Celui-ci dit l'avoir trouvée très drôle, et particulièrement le personnage du roi. Entendre dire qu'elle est drôle nous rassure. On a beau la lire, la regarder, la scruter, l'analyser, on peut difficilement la rire ! Y réagir, quoi ! Un peu, mais à peine. Nous sommes à une étape où le besoin du lecteur est criant. Alors, on rame pour aller vers lui. Vous dire combien on rame !

Pas seulement des démarches vers des lecteurs par tête de pipe mais on planifie, soupèse ce que l'on peut faire pour aider à la pousser hors du nid. Vous me direz qu'il y a les Salons, oui certainement qu'il y a les Salons du livre. Celui de Montréal s'en vient et Marsi y sera sans conteste, il a même fourni à cet effet ses disponibilités aux éditeurs. Celui de l'Estrie par contre, qui a lieu à la mi-octobre, la question n'est pas encore réglée. Nous sommes en attente, c'est paraît-il, complexe. C'est notre région pourtant, il me semble que ça commence par là. Dans ma tête en tout cas ! Peut-être que non finalement.

Dans le fond, je réalise que nous ne sommes jamais prêts à un après-lancement. C'est comme dans la vie, après la naissance d'un enfant, la réalité bouscule le rêve et il y a certainement un ajustement à faire entre les deux.

C'est ce que nous sommes à faire. Et c'est beaucoup de travail ... émotif.

 


mercredi 26 août 2009

Lis-la !

Par Venise

miam_phylactre_110Marsi, mon chum bédéiste m'a posé une grosse question aujourd'hui : « As-tu lu Miam Miam Fléau depuis qu'elle est imprimée ? ». J'ai commencé par dire « oui » et puis, j'ai eu des doutes. Je pense que non finalement. En parties, je l'ai lue en parties. C'est pas assez la lire en parties, on l'a déjà assez lue en parties. C'est vrai qu'on l'a travaillée en pièces détachées, en mots pis en petits carreaux, l'heure est à l'enfilade ininterrompue des cases. Il me l'a placée entre les mains et a dit « Lis-la ».

Vous imaginez la demande ! La lire ... sous-entendu ; la lire avec du recul !!! Pas évident tout de suite. Il faudrait, genre, que je l'installe dans le fauteuil du salon et que je la lise en reculant jusqu'à la cuisine ! En mangeant une pomme. Pour oublier que je lis une bédé que j'ai vu naître, que j'ai vu se tricoter sans en oublier un fil ... phylactère, que j'ai colorée en tout mais surtout en partie avec mon cœur d'enfant, mais surtout avec photoshop.

Je vais le faire pourtant, la lire. Une demande express du bédéiste, ça s'ignore pas. Si je veux mériter une dédicace dans mon album ! Un petit dessin à moi toute seule. Il est en plein là-dedans, présentement ; il dédicace à sa table à dessin sur sa mezzanine, sans file devant lui, sans impatience et bousculade. Ce sont des pré-dédicaces, il en faut, paraîtrait-il. Pendant que moi je lance des invitations de lancements, à gauche, à droite, en haut surtout. En haut, je veux dire à nos anges ! Qu'ils soient là, pour veiller.

Ce lancement de Miam Miam Fléau, c'est un événement à ne pas manquer, vous savez. Nous, nous y serons. Je blague, bien sûr que nous y serons ! J'imagine même la scène dans ma tête, la salle pleine à craquer, y fait chaud de chaleur humaine, on transpire de générosité et de gaieté, les gens s'esclaffent pour rien, se lancent des « Salut vieille branche ! » en travers de la salle. Chaque personne a un exemplaire à la main, le flatte, l'admire, le re-flatte, l'admire, les enfants l'ouvrent, le lisent tout de suite, assis, couchés dans un coin. Chantal aussi, même si ce n'est pas un enfant de corps, elle en a le cœur. Ça pleure de temps en temps ... de préférence des enfants ! Et la clameur des conversations s'amplifie et Marsi, lui, dessine. Dessine. Et dessine. Quand il s'arrête, c'est pour remettre l'exemplaire dédicacé et regarder de ses yeux bons les yeux de l'autre, pour lire s'il rit, boire une gorgée de sa joie, mais surtout aiguiser son crayon. Je me vois aller le voir et l'encourager. Je me vois l'aimer en silence dans mon cœur, flamboyante de fierté de mon grand bédéiste à moi mais que ce soir-là et le reste de ma vie, je vais partager avec tous ceux qui l'aimeront. Pour vrai.

Bon, c'est bien beau le sentiment là, mais j'ai une bédé à lire moi !

 


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