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Mystère... Le pigeonographe : à la pige à la page
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samedi 19 décembre 2009

Émus par les enfants

Par Venise

Oh là là... je viens de voir que ma dernière chronique date du 9 décembre ! Pourtant, j’ai l’impression que la Babillarde que je suis parle beaucoup. C’est fou quand même, je me suis offert cette tribune en me disant, je vais me laisser aller à jacasser de plein gré, sans trop me soucier du contenant, allant droit au contenu, et puis voilà que plus souvent qu’autrement, je fais « Silence » (les conteurs chantent parfois le silence – Fred Pellerin). Je laisse la glace prendre et suis donc obligée à chaque fois de la casser à grands coups de plume. De plume de pigeonne.

Si j’écrivais plus souvent, je n’aurais pas l’impression de toujours parler de mon fier pigeon au beau plumage, Marsi. Encore une fois, de ma plume, je survolerai sa séance de dédicaces à la Librairie Imagine à Laval. Impossible de la passer sous silence, Marsi était trop heureux de rencontrer les enfants. Plusieurs se sont présentés, quatre se sont nommés : Victor, Corinne, Étienne, Sabrina parmi les élèves de la classe de Pierre Greg, le grand explorateur BD de la Lucarne à Luneau. Ça veut dire que ces 4 jeunes d’une dizaine d’années ont sollicité leurs parents pour absolument venir chercher leur album, voir le bédéiste à l’œuvre pour une dédicace personnelle. Pourtant, ils l’ont lu puisqu’il y en a un ou deux exemplaires dans leur classe et ils avaient aussi reçu une mini dédicace sur leur carte de membre bibitte. Le cœur de Marsi était touché qu’ils soient venus expressément pour lui, les enfants l’émeuvent beaucoup.

Pendant que Marsi dessine, moi je parle, et je ne nous verrais pas vraiment changer de rôle ... À un moment donné, une dame m’a demandé de résumer l’histoire, elle voulait être certaine que ça plairait à son fils de 11 ans. J’ai commencé à la résumer, devant Corinne qui attendait sa dédicace, je me sentais attentivement écoutée, presqu’épiée, et tout à coup j’ai eu l’impression de lui voler son histoire, à son nez et à sa barbe. C’était évident qu’elle ne l’avait pas vécue de la même manière que moi, je me suis arrêté en plein milieu et lui ai demandé si elle voulait la résumer. Elle voulait, ça se lisait dans ses yeux bleus, elle voulait même très fort, mais par où commencer et surtout trop de regards insistants la dévisageaient. Sa mère lui a proposé de la lui raconter à elle. L'idée était bonne. Le cou tordu vers la gauche, les yeux dans ceux de sa mère, le corps toujours vissé à la table, elle s’est lancé. Ça nous a ému de l’entendre. Nous avons réalisé plus que jamais qu’il y a autant d’histoires que de paires d’yeux qui la lisent.

Les enfants sont émouvants parce qu’ils n’ont aucune idée qu’ils nous émeuvent.

Je termine par un prix, pas le prix de la BD mais un Prix pour la BD : Miam miam fléau de Marsi vient de remporter un prix au   World Cookbook Awards 2009 dans la catégorie Best Cookbook Illustrations - Canada French!

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Crédit de l'illustration ci-haut : http://lauredelattre.over-blog.com/25-index.html


mercredi 09 décembre 2009

Marsi au Salon du cadeau

Par Venise

Nous avons fait le Salon du Cadeau de Eastman, loué une table dans ce salon artisanal annuel. Nous ne savions pas du tout à quoi nous attendre, mais nous tenions à présenter « Miam miam Fléau ». Ça a été au-delà de toutes nos espérances. Marsi qui pensait se reposer, ou prendre de l’avance dans certaines dédicaces d’albums déjà vendus, n’a pas arrêté de la fin de semaine. Et ce n’est même pas une manière de parler ! Croyez-le ou non, j’ai dû lui faire manger son sandwiche ! J’avais même peur qu’il me mange les doigts tellement il était affamé. Il était autour de 15 h faut dire avec seulement quelques bricoles dans l’estomac, réveil trop tardif pour déjeuner avant de partir. Pauvre lui, il n’a jamais eu le temps de se lever et d’aller faire la tournée des autres tables. Une artisane le taquinait, il devait être assis sur de la « crasy-glue ».

C’est sûr qu’il n’a pas perdu son habitude de gâter ses lecteurs en leur offrant une dédicace élaborée. D’ailleurs, c’était le côté « artisanal » du Salon que cette dédicace sur commande et personnalisée. Paraîtrait-il que les gens entraient dans le resto tout à côté « Les 3 grâces », chacun s’exclamant sur sa dédicace, c’est la patronne qui est venue nous le dire en personne.

J’ai eu l’occasion de réaliser jusqu’à quel point Marc a une mémoire visuelle impressionnante. Un moment donné, une jeune femme se présente devant nous, il lui déclare avec aplomb : « Je vous connais ! » Il la regardait avec un sourire en coin, tandis qu’elle cherchait, se sentait un peu mal de ne pas le reconnaître, continuant à scanner chaque cellule de son cerveau, histoire d’y repérer la bonne tranche de vie. Finalement, ils avaient étudiés ensemble, en graphisme au cegep de Sherbrooke voici 25 ans. Belle retrouvaille, elle habite maintenant Eastman. C’est pour dire !

Je ne suis pas certaine que l’on ait fait beaucoup de profit à la quantité d’objets que j’ai achetés ! Un salon du cadeau, c’est aussi un échange de cadeaux entre artisans. Je ne signifie pas par là que nous sommes restés entre artisans, j’ai été impressionné par l’achalandage. Les gens entraient régulièrement, nous étions la première table en face de la porte d’entrée, très chanceux, je vous dis. Une ambiance remplie de joie et de sérénité. Amenez-en des Salons comme ça ! D’autant plus qu’on y a vendu encore plus que dans un Salon du livre. Moins de concurrence faut dire !

Prochaine étape de dédicace pour Marsi :

La Librairie Imagine, 351 boul. Samson, Laval (450-689-4624) - Localisation en cliquant ici.
Ce samedi – 12 décembre  -  DE 13 h 30 à 16 h 00

Parfait pour un cadeau de Noël personnalisé pour un jeune. Difficile cependant de lui faire croire que c’est le Père Noël qui l’a dédicacé ! (de toutes manières, il n’a sûrement pas autant de talent que Marsi !). Mais comme il s’adresse à 9 ans et plus, pour cet âge, le Père Noël est un papa qui a chaud sans son ensemble rouge et blanc et qui en profite pour se gaver de biscuits en embrassant la reine du foyer :-) ...


dimanche 29 novembre 2009

Dans la ville du livre ou Marsi au Salon

Par Venise

Je n’aurais pas dû attendre si longtemps avant de l’écrire celle-là. Je voulais vous parler de l’expérience de Marsi à son premier Salon du livre de Montréal et j’ai l’impression que la chaleur des émotions a un peu tiédie. L’événement date pourtant d’une semaine seulement mais quand il s’agit d’émotions, on a souvent l’impression qu’elles se font tasser rapidement par les fraîches. Veux ou veux pas, c’est émotif s’exposer dans un Salon pour un auteur peu connu. S’exposer au regard ... ou non. S’exposer au regard aveugle de l’indifférence, y a rien de pire pour un artiste. À côté des auteurs courus, ça peut quasiment frôler la sensation d’échec, ou même de rejet.

Je me regarde aller et j’ai l’air de vous préparer à une catastrophe. Cela n’est pourtant pas le cas. Du tout. Marsi a eu des visiteurs et des acheteurs. Il s’en fallait de peu pour occuper trois heures de séances de dédicaces divisées en deux jours, en tenant compte qu'il y consacre environ 15 minutes chacune. Le samedi, la première journée, il était content de s’asseoir, il trouvait enfin une place juste pour lui dans cet effervescent pays du livre. On a qu’à s’imaginer des centaines de librairies dans une ville, il y en aurait à toutes les rues, à tous les coins de rues, dans toutes les ruelles, les parcs. Pour qui adore les livres, c’est presque trop. C’est un des plus grands plaisirs de Marc dans la vie ; fréquenter une librairie. À hauteur d’homme. Dans un Salon, je le vois un peu dépassé, comme si ses yeux ne pouvaient tout englober, ni sa tête, il baisse les bras et se demande où diriger ses pieds (remarquez que je viens de faire le tour de son anatomie!). Trop, c’est comme pas assez. Je l’ai dit au Passe-Mot, pour jouir d’un Salon, il faut partir avec des buts définis, un itinéraire, un schéma du Salon, tout en sachant s’ouvrir aux imprévus. Avec le même état d’esprit qu’en voyage.

Aussitôt assis derrière sa petite table en mélamine blanche avec en arrière plan un alléchant éventail de publications de La Pastèque (des gros titres et de gros noms !), il m’a dit ressentir un soulagement ; je vais me reposer. Il n’était donc pas trop nerveux. Il portait son T-shirt avec les personnages de Miam miam fléau choisis et imprimés méticuleusement par un ami, par contre, il avait enfilé une chemise à manches longues rouge bourgogne le recouvrant complètement ! Tout le portrait de mon chum, on se montre, mais on ne s’expose pas. Et surtout, on insiste d’aucune façon. D'ailleurs, une fois que tout le monde sait que je suis sa conjointe, avec un sourire en coin, il me présente comme son attachée de presse. C’est sûr que se mettre à son avantage soi-même, certains vont jusqu’à dire, se vendre, ce n’est pas évident. Ça le frappe de m’entendre le vanter et porter avec enthousiasme le meilleur de sa BD, louant sa démarche de perfectionniste.

Donc, le samedi s’est déroulé quasiment à la perfection avec l’arrivée régulière d’une personne à la fois. Marc ne se souvient plus si cela a été 4 ou 5 (je n’ai pas compté puisque je l’ai quitté pour aller butiner). Quand je suis revenue, il n’avait pas terminé sa dernière, il a dû laisser sa place aux bédéistes, auteurs de Red Ketchup et continuer sa dédicace près de la caisse. Quand un des éditeurs retire ton nom au-dessus de ta tête et qu’il y a déjà une file pour le prochain ... ça remet l’égo d’aplomb ! La même situation s’est présentée dimanche, la file a commencé encore plus tôt, attendant le père des Paul, Michel Rabagliati.

Le dimanche a commencé plus durement, il était un peu plus inquiet : qui va venir ? Et tout à coup, c’est personne ?! Il avait conscience que la chose était possible. D’ailleurs, la première demi-heure, cela a été le cas. Une demi-heure longue. Longue et riche en émotions. Alors imaginez la reconnaissance devant le premier qui a décidé d'acheter Miam miam parce que l’auteur était présent, il a même fait dire dans la dédicace un gros MERCI à un de ses personnages ! 

J’ai maintenant plus conscience que jamais que le Salon du livre est une leçon d’humilité pour les auteurs à leur début et même, malheureusement, pour certains moins populaires même après plusieurs publications. Ça aide d’être connu avant d’être publié !!!

Il faut être fait fort et aimer ce que l’on fait pour revenir à la maison et continuer son travail, si ce n’est dans la célébrité avec célérité, et mon Marsi est fait très, très fort. Et je suis certaine qu’un jour, quand on découvrira toutes les facettes de son immense talent, parce que Miam miam fléau n'est qu'un aperçu de ses milles possibilités, on ne pourra plus dire que c’est parce que je suis son ange blond que je l’affirme sans l’ombre d’un doute.


mercredi 26 août 2009

Lis-la !

Par Venise

miam_phylactre_110Marsi, mon chum bédéiste m'a posé une grosse question aujourd'hui : « As-tu lu Miam Miam Fléau depuis qu'elle est imprimée ? ». J'ai commencé par dire « oui » et puis, j'ai eu des doutes. Je pense que non finalement. En parties, je l'ai lue en parties. C'est pas assez la lire en parties, on l'a déjà assez lue en parties. C'est vrai qu'on l'a travaillée en pièces détachées, en mots pis en petits carreaux, l'heure est à l'enfilade ininterrompue des cases. Il me l'a placée entre les mains et a dit « Lis-la ».

Vous imaginez la demande ! La lire ... sous-entendu ; la lire avec du recul !!! Pas évident tout de suite. Il faudrait, genre, que je l'installe dans le fauteuil du salon et que je la lise en reculant jusqu'à la cuisine ! En mangeant une pomme. Pour oublier que je lis une bédé que j'ai vu naître, que j'ai vu se tricoter sans en oublier un fil ... phylactère, que j'ai colorée en tout mais surtout en partie avec mon cœur d'enfant, mais surtout avec photoshop.

Je vais le faire pourtant, la lire. Une demande express du bédéiste, ça s'ignore pas. Si je veux mériter une dédicace dans mon album ! Un petit dessin à moi toute seule. Il est en plein là-dedans, présentement ; il dédicace à sa table à dessin sur sa mezzanine, sans file devant lui, sans impatience et bousculade. Ce sont des pré-dédicaces, il en faut, paraîtrait-il. Pendant que moi je lance des invitations de lancements, à gauche, à droite, en haut surtout. En haut, je veux dire à nos anges ! Qu'ils soient là, pour veiller.

Ce lancement de Miam Miam Fléau, c'est un événement à ne pas manquer, vous savez. Nous, nous y serons. Je blague, bien sûr que nous y serons ! J'imagine même la scène dans ma tête, la salle pleine à craquer, y fait chaud de chaleur humaine, on transpire de générosité et de gaieté, les gens s'esclaffent pour rien, se lancent des « Salut vieille branche ! » en travers de la salle. Chaque personne a un exemplaire à la main, le flatte, l'admire, le re-flatte, l'admire, les enfants l'ouvrent, le lisent tout de suite, assis, couchés dans un coin. Chantal aussi, même si ce n'est pas un enfant de corps, elle en a le cœur. Ça pleure de temps en temps ... de préférence des enfants ! Et la clameur des conversations s'amplifie et Marsi, lui, dessine. Dessine. Et dessine. Quand il s'arrête, c'est pour remettre l'exemplaire dédicacé et regarder de ses yeux bons les yeux de l'autre, pour lire s'il rit, boire une gorgée de sa joie, mais surtout aiguiser son crayon. Je me vois aller le voir et l'encourager. Je me vois l'aimer en silence dans mon cœur, flamboyante de fierté de mon grand bédéiste à moi mais que ce soir-là et le reste de ma vie, je vais partager avec tous ceux qui l'aimeront. Pour vrai.

Bon, c'est bien beau le sentiment là, mais j'ai une bédé à lire moi !

 


lundi 17 août 2009

Rencontre avec le hasard

Par Venise

miam_miam_130C’est la journée des hasards. Et le hasard des hasards est qu’ils se soient agglomérés dans la même journée. Comme vous savez, enfin j’espère que vous le savez, Marsi sort un album BD le 2 septembre. Jusque là, on est dans l’ordinaire ;-) ... album qu’il n’avait pas encore fait lire à un jeune. Voici deux semaines, nous avons reçu les amis d’amis, des 100% Suisse. Leur fille, Zoé 14 ans, les accompagnait. Marsi lui a offert de lire la BD. Elle l’a dévorée, engloutie dans un gros fauteuil. Son commentaire : « Trop bon ! ». Nous sommes présentement au gîte de la Rêvasse à Percé, nos hôtes ont une jeune fille, on lui parle de la BD, elle aimerait la lire ; elle a 14 ans et s’appelle Zoé ... (Soit dit en pensant, elle s’est exclamé plus d’une fois qu’elle a adoré, ça a fait un petit velours sur le cœur du toujours un peu inquiet bédéiste).  Non mais dites-donc, mettez deux Zoé de 14 ans, premières lectrices d’une BD non distribué dans un roman et on vous traite de fabulateur pelleteur de nuages !

L’autre est moins grand, plutôt un facteur circonstanciel. J’avais une lettre à poster, justement à discuter du « hasard Zoé », on roule et passe tout droit du bureau de poste. Bon. Il doit y avoir des boîtes à lettres des fois qui traînent quelque part sur la route, on roule quelques kilomètres et on voit une série de boîte à casiers postaux et au-dessus, tenez-vous le pour dire, il y a une fente qui avale les lettres. Marsi rebrousse chemin, pendant que l’on s’obstine gaiement : Est-ce que ça vaut vraiment la peine d’y déposer le courrier, le facteur est peut-être passé, la lettre va donc stagner 24 heures. Marsi est catégorique, il est 10 h 35, il ne doit pas être passé, Venise est catégorique, peut-être est-il passé. On enfile quand même la lettre et sur le fait, le facteur arrive. Je trouve que ça commence bien une journée !

Quand ça fait 5 ans que l’on vient dans un gîte, il arrive que l’on sympathise. C’est le cas ici, avec William et Brenda. Aujourd’hui, ils recevaient des amis de voyage qui venaient faire un tour en Gaspésie, ils sont de Sherbrooke et Magog. Un autre couple, d’Omerville (toutes des villes de l’Estrie). Dans ce même voyage, ils avaient rencontré un autre couple, celui-là de Victoriaville qui, aujourd’hui par le plus pur des hasards a réservé une chambre à la dernière minute. Nous avons pris une tisane avec cette belle gang. 

Sinon, de belles trouvailles pour Marsi aujourd’hui, trois agates à cinq minutes de distance, c’est peut-être encore un tour du hasard, qui sait (justement, personne sait qui sait). Et puis, nous sommes allés visiter le lapidaire et demain, je vais chercher mes boucles d’oreille en agates à plusieurs yeux.


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