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Jean-Marc Vallée royauté

mercredi 27 janvier 2010

Victoria et Avatar 3D

Par Venise

J'ai adoré La jeune Victoria. D'ailleurs, j'aimerais le revoir ... avec Marsi. Et Marsi considère que j'irais jusqu'à aimer Avatar. Avoir su !

Mais justement, on ne sait jamais comment on va vivre un film, et ça, malgré une lecture attentive de critiques journalistiques et de celles de « monsieur-madame-tout-le-monde » (j'y tiens beaucoup à celles-là). J'avais aussi lu le statut* d'un ami sur Facebook (*statut : déclaration qui change au gré des heures et des humeurs) : « Je ne pensais pas que j'aimerais autant Victoria ». Je suis obligée de répéter sa déclaration.

Le scénario cible un pan de vie de cette reine, le plus palpitant. Ce n'est pas une histoire de A à Z, seulement quelques lettres au début de sa vie de reine, après avoir été une princesse épiée à travers les lorgnettes sévères de la noblesse de ce Monde. On aborde de front et sans ménagement les thèmes de la convoitise, la conspiration, les entourloupettes par en-dessous, mais surtout la force de caractère qui fait que l'on s'affirme, que l'on passe de l'état de princesse dépendante de chaque décision de ses parents à reine ! La solitude est ciblée bien sûr, la complète, celle éprouvée même en compagnie de ses parents. Départager l'ami de l'ennemi, même chez ses très proches.

De ces scènes empesées de protocole, de règles sévères, le réalisateur est arrivé à donner plus que de la vie, de la vigueur à cette lourdeur. Il aurait chuchoté à l'oreille de sa comédienne reine : n'oublies pas, tu es une rebelle. Et il aurait fait écouter des musiques entraînantes aux comédiens. Eh bien, ça a marché ! Cette reine et ses prétendants un rayon chaud, un éclairci, qui réchauffe le poids des conventions. Et ça se tient, tout est plausible, ça ne sent pas l'eau de rose, ça dégage une odeur de tranche de vie volée à l'histoire avec son grand H. C'est une histoire d'apprivoisement, une histoire d'amour, de partage entre le faux du vrai. On a le plaisir d'apprendre par l'Histoire certaines conventions surprenantes. J'aimerais le revoir pour prendre plus de temps pour ces informations en arrière-plan, car le grandiose nous happe, autant pour cette curiosité devant un monde si différent du nôtre, qu'on se croirait sur une autre planète !

Marc maintenant. Il est sorti de sa salle environ une heure plus tard que moi. Je lisais. Dès que j'ai levé les yeux vers lui, j'ai su qu'il avait beaucoup aimé, avant même qu'il ouvre la bouche. Je connais mon homme, il avait son air comblé, satisfait, rempli. Il en avait eu plein sa vue. Il s'est fait catégorique : ce film méritait son prix Golden Globe, et amplement son prix d'entrée, en considérant le 3$ supplémentaire pour le voir en 3D.

Il s'attendait au pire, il avait entendu parler du ton moralisateur. Celui-ci ne l'a pas dérangé, il l'a pris, les terriens que nous sommes, le méritons. Les prouesses techniques donnent un caractère exceptionnel au film, même si la prestation des comédiens, elle, ne se démarque pas vraiment.

Désolé pour les plus curieux, j'en sais pas tellement plus. Vous serez obligés de vous contenter de l'air royalement satisfait de mon chum, c'est le temps ou jamais d'y croire, à cette image qui vaut mille mots !!

Mais sûr que l'on va aller voir Victoria ensemble. Mais Avatar ?! Ça ...

....moins sûr. Mon chum a à parfaire son « pitch » de vente !


samedi 23 janvier 2010

À chacun sa salle

Par Venise

C'est samedi soir. C'est rare le samedi soir d'être devant l'écran. Pas celui de la TV, pas le méga gigantesque du cinéma, celui de la boîte à mots. J'haïs pas ça. J'aime être à contre-courant. Probablement parce que je ne suis pas un poisson.

C'est demain que nous irons au cinéma, en plein cœur de l'après-midi. On prend ça à cœur d'être à contre-courant. On n'ira pas dans la même salle, le même cinéma par exemple oui. Marsi affirme ses goûts de SF, c'est un amateur d'effets spéciaux. Ça, on ne peut pas dire que c'est à contre-courant. C'est un gars après tout. Moi, je vais aller voir la Reine Victoria, j'suis une fille après tout. J'ai hésité pourtant. Pas pour l'Avatar 3D, non, faudrait quand même pas trop m'en demander ! J'aime mon chum, mais le regarder regarder pendant 2h 42 un film classé « aventure, science-fiction ». Je dirais, à la rigueur, passe encore de le regarder regarder, mais le pas endurable, ce serait entendre le film. Rien de pire que d'entendre un film d'aventure, même si science-fictive, mon tympan est fait à l'os. C'est tapageur. Y a beaucoup trop de Bing Bang Plouf, du cri strident, des boums, du grognement, du souffle court de rescapé, du long avant de mourir, du souffle qui se noie, qui vole, qui nage, j'sais pas moi, mais c'est bruyant.

Non, je vais être dans ma salle, accompagnée de mon popcorn. Je vais même pouvoir développer un bonbon sans que mon chum me regarde de travers (pour le bruit, pas pour la gâterie !), et je vais reluquer des belles robes, de beaux chapeaux à ruban, de la dentelle, du brillant, de la valse, des courbettes, du baisemain juste avant de de monter les larges escaliers qui font semblant d'aller jusqu'au ciel.

Tout pour m'inspirer confiance, on classe le film Victoria, les jeunes années d'une reine, chronique historique. Juste le mot chronique, et me v'là qui se jette dans le filet, sans même le plus petit respire de méfiance. En plus, c'est l'œil de Jean-Marc Vallée, le maître d'œuvre de C.R.A.Z.Y. Il va aller nous soulever les dessous de l'histoire, ça restera pas empesé. C'est ça dans le fond qui faut enlever à la royauté, son amidonnée. Parce que pour le reste, du royal sur grand écran, ça en mets plein la vue. Ça change du quotidien, mettons. Je vous dis pas que j'ai pas hésité. J'ai reluqué de près le dernier Padro Almodóvar « Étreintes brisées ». C'est un drame. Un drame. S'sais pas, mais on dirait que du drame pour me distraire ces temps-ci, j'suis moins portée. Il y en a sur tous les écrans, s'agit juste d'ouvrir les yeux.

=====
J'ai été longue avant de venir babiller. Vous imaginez bien que le babillage s'est tu pour mieux entendre les cris d'Haïti. La Terre a tremblé. Il a fallu qu'elle tremble pour que nous vivions de beaux moments de solidarité. Je regarde les nouvelles, je vois l'horreur oui, mais je vois aussi ce ressort, cette force d'un peuple qui se découvre à nos yeux, et je l'admire.


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