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Nous avons fait le Salon du Cadeau de Eastman, loué une table dans ce salon artisanal annuel. Nous ne savions pas du tout à quoi nous attendre, mais nous tenions à présenter « Miam miam Fléau ». Ça a été au-delà de toutes nos espérances. Marsi qui pensait se reposer, ou prendre de l’avance dans certaines dédicaces d’albums déjà vendus, n’a pas arrêté de la fin de semaine. Et ce n’est même pas une manière de parler ! Croyez-le ou non, j’ai dû lui faire manger son sandwiche ! J’avais même peur qu’il me mange les doigts tellement il était affamé. Il était autour de 15 h faut dire avec seulement quelques bricoles dans l’estomac, réveil trop tardif pour déjeuner avant de partir. Pauvre lui, il n’a jamais eu le temps de se lever et d’aller faire la tournée des autres tables. Une artisane le taquinait, il devait être assis sur de la « crasy-glue ».
C’est sûr qu’il n’a pas perdu son habitude de gâter ses lecteurs en leur offrant une dédicace élaborée. D’ailleurs, c’était le côté « artisanal » du Salon que cette dédicace sur commande et personnalisée. Paraîtrait-il que les gens entraient dans le resto tout à côté « Les 3 grâces », chacun s’exclamant sur sa dédicace, c’est la patronne qui est venue nous le dire en personne.
J’ai eu l’occasion de réaliser jusqu’à quel point Marc a une mémoire visuelle impressionnante. Un moment donné, une jeune femme se présente devant nous, il lui déclare avec aplomb : « Je vous connais ! » Il la regardait avec un sourire en coin, tandis qu’elle cherchait, se sentait un peu mal de ne pas le reconnaître, continuant à scanner chaque cellule de son cerveau, histoire d’y repérer la bonne tranche de vie. Finalement, ils avaient étudiés ensemble, en graphisme au cegep de Sherbrooke voici 25 ans. Belle retrouvaille, elle habite maintenant Eastman. C’est pour dire !
Je ne suis pas certaine que l’on ait fait beaucoup de profit à la quantité d’objets que j’ai achetés ! Un salon du cadeau, c’est aussi un échange de cadeaux entre artisans. Je ne signifie pas par là que nous sommes restés entre artisans, j’ai été impressionné par l’achalandage. Les gens entraient régulièrement, nous étions la première table en face de la porte d’entrée, très chanceux, je vous dis. Une ambiance remplie de joie et de sérénité. Amenez-en des Salons comme ça ! D’autant plus qu’on y a vendu encore plus que dans un Salon du livre. Moins de concurrence faut dire !
Prochaine étape de dédicace pour Marsi :
La Librairie Imagine, 351 boul. Samson, Laval (450-689-4624) - Localisation en cliquant ici. Ce samedi – 12 décembre - DE 13 h 30 à 16 h 00
Parfait pour un cadeau de Noël personnalisé pour un jeune. Difficile cependant de lui faire croire que c’est le Père Noël qui l’a dédicacé ! (de toutes manières, il n’a sûrement pas autant de talent que Marsi !). Mais comme il s’adresse à 9 ans et plus, pour cet âge, le Père Noël est un papa qui a chaud sans son ensemble rouge et blanc et qui en profite pour se gaver de biscuits en embrassant la reine du foyer :-) ...
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Je n’aurais pas dû attendre si longtemps avant de l’écrire celle-là. Je voulais vous parler de l’expérience de Marsi à son premier Salon du livre de Montréal et j’ai l’impression que la chaleur des émotions a un peu tiédie. L’événement date pourtant d’une semaine seulement mais quand il s’agit d’émotions, on a souvent l’impression qu’elles se font tasser rapidement par les fraîches. Veux ou veux pas, c’est émotif s’exposer dans un Salon pour un auteur peu connu. S’exposer au regard ... ou non. S’exposer au regard aveugle de l’indifférence, y a rien de pire pour un artiste. À côté des auteurs courus, ça peut quasiment frôler la sensation d’échec, ou même de rejet.
Je me regarde aller et j’ai l’air de vous préparer à une catastrophe. Cela n’est pourtant pas le cas. Du tout. Marsi a eu des visiteurs et des acheteurs. Il s’en fallait de peu pour occuper trois heures de séances de dédicaces divisées en deux jours, en tenant compte qu'il y consacre environ 15 minutes chacune. Le samedi, la première journée, il était content de s’asseoir, il trouvait enfin une place juste pour lui dans cet effervescent pays du livre. On a qu’à s’imaginer des centaines de librairies dans une ville, il y en aurait à toutes les rues, à tous les coins de rues, dans toutes les ruelles, les parcs. Pour qui adore les livres, c’est presque trop. C’est un des plus grands plaisirs de Marc dans la vie ; fréquenter une librairie. À hauteur d’homme. Dans un Salon, je le vois un peu dépassé, comme si ses yeux ne pouvaient tout englober, ni sa tête, il baisse les bras et se demande où diriger ses pieds (remarquez que je viens de faire le tour de son anatomie!). Trop, c’est comme pas assez. Je l’ai dit au Passe-Mot, pour jouir d’un Salon, il faut partir avec des buts définis, un itinéraire, un schéma du Salon, tout en sachant s’ouvrir aux imprévus. Avec le même état d’esprit qu’en voyage.
Aussitôt assis derrière sa petite table en mélamine blanche avec en arrière plan un alléchant éventail de publications de La Pastèque (des gros titres et de gros noms !), il m’a dit ressentir un soulagement ; je vais me reposer. Il n’était donc pas trop nerveux. Il portait son T-shirt avec les personnages de Miam miam fléau choisis et imprimés méticuleusement par un ami, par contre, il avait enfilé une chemise à manches longues rouge bourgogne le recouvrant complètement ! Tout le portrait de mon chum, on se montre, mais on ne s’expose pas. Et surtout, on insiste d’aucune façon. D'ailleurs, une fois que tout le monde sait que je suis sa conjointe, avec un sourire en coin, il me présente comme son attachée de presse. C’est sûr que se mettre à son avantage soi-même, certains vont jusqu’à dire, se vendre, ce n’est pas évident. Ça le frappe de m’entendre le vanter et porter avec enthousiasme le meilleur de sa BD, louant sa démarche de perfectionniste.
Donc, le samedi s’est déroulé quasiment à la perfection avec l’arrivée régulière d’une personne à la fois. Marc ne se souvient plus si cela a été 4 ou 5 (je n’ai pas compté puisque je l’ai quitté pour aller butiner). Quand je suis revenue, il n’avait pas terminé sa dernière, il a dû laisser sa place aux bédéistes, auteurs de Red Ketchup et continuer sa dédicace près de la caisse. Quand un des éditeurs retire ton nom au-dessus de ta tête et qu’il y a déjà une file pour le prochain ... ça remet l’égo d’aplomb ! La même situation s’est présentée dimanche, la file a commencé encore plus tôt, attendant le père des Paul, Michel Rabagliati.
Le dimanche a commencé plus durement, il était un peu plus inquiet : qui va venir ? Et tout à coup, c’est personne ?! Il avait conscience que la chose était possible. D’ailleurs, la première demi-heure, cela a été le cas. Une demi-heure longue. Longue et riche en émotions. Alors imaginez la reconnaissance devant le premier qui a décidé d'acheter Miam miam parce que l’auteur était présent, il a même fait dire dans la dédicace un gros MERCI à un de ses personnages !
J’ai maintenant plus conscience que jamais que le Salon du livre est une leçon d’humilité pour les auteurs à leur début et même, malheureusement, pour certains moins populaires même après plusieurs publications. Ça aide d’être connu avant d’être publié !!!
Il faut être fait fort et aimer ce que l’on fait pour revenir à la maison et continuer son travail, si ce n’est dans la célébrité avec célérité, et mon Marsi est fait très, très fort. Et je suis certaine qu’un jour, quand on découvrira toutes les facettes de son immense talent, parce que Miam miam fléau n'est qu'un aperçu de ses milles possibilités, on ne pourra plus dire que c’est parce que je suis son ange blond que je l’affirme sans l’ombre d’un doute.
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J’ai pris une pause Kit Kat en compagnie de Patrick Lagacé - sur son blogue - et je me suis bien amusée. Ce qu’il appelle la pause Kit-Kat, ce sont des vidéos qu’il nous envoie de temps en temps pour se distraire de l’actualité. Ça se prend bien, et aujourd’hui, encore mieux !
Je devais absolument ramener cette superbe vidéo dans notre nid de drôle de pigeons. Évidemment que le stylet de Marsi s’est suspendu au-dessus de sa tablette graphique pour reluquer « Pigeon impossible ». Regardez-la, vous n’arriverez pas au bout de vos surprises ! Vous n’en reviendrez pas de tout ce qu’un bon dessinateur et un bon pigeon à quotient intellectuel nettement au-dessus de la moyenne peut faire. Vous m’en donnerez des nouvelles ! Je la laisse en lien, trop peur que l’écran bousille la mise en forme avec la vidéo directement ici.
Je ne suis pas juste pour vous dire ça ?! Quand même, c’est une babillarde ici, il faut s’épivarder. Qu’ai-je tant à rajouter que j’ignore moi-même ? Euh ... ce qui me vient à l’esprit, juste ça mais tout ça : que l’on est donc bien en santé, quand l’énergie revient et que les journées de sont pas des montagnes à grimper sans équipement, un éléphant sur le dos !
Et puis, le Salon du livre de Montréal s’en vient. Je pétille de hâte. J’ai décidément tant d’auteurs à ras le plancher à visiter (hauteur, plancher ... vous me suivez ?). J’espère que je ne serai pas trop étourdie. C’est ce qui m’est arrivé l’an passé. Je me suis immobilisée en plein milieu d’une allée, en état de légère panique. Comme un papillon figé dans un champ où il y a trop de fleurs, qui ne sait pas où se déposer, ni quel nectar aspirer.
Je vais laisser Marc derrière son kiosque (samedi, 17 h à 18 h 30 et dimanche 13 h 30 à 15 h) , est-ce une bonne idée, je vais peut-être manquer des rencontres pour d’autres rencontres ? De beaux dilemmes. Et j’imagine qu’à ma prochaine Babillarde, je ne saurais pas comment tout vous raconter.
Ah oui, j’oubliais presque ; vous allez peut-être voir Marsi à Tivi. Je dis Marsi, ce serait plutôt Marc Simard. Il a passé une première audition téléphonique pour le quiz Pyramide (Radio-Canada - 17 h ), il en passe une autre le 3 décembre. Il a bien des chances. En sport.
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Une idée folle comme ça, j’ai donné à ce billet "presque" que le même titre qu’à mon billet d’aujourd’hui au Passe-Mot. Une idée folichonne ou un clin d’œil, je vous laisse le choix. Les nouvelles s’y étendront moins vastement, se tiendront près de nos petites personnes. Les allergiques aux nombrilistes, vous êtes avertis. Allergiques au mot « grippe », déguerpissez. Vite ...vite, c’est votre dernière chance !
La grippe a sévi en la demeure. Occupation à temps plein qui devient, à notre grand soulagement, du temps partiel. J’ajoute que l’on a toujours (ou presque !) conservé espoir que cette occupation reste temporaire. C’est qu’à tousser et à se creuser le lobe caverneux, à en voir des étoiles, bleues, les miennes étaient bleues, tu en viens à te demander si tu ne vas pas grimper au firmament ...sans jet super sonique. Ça fait un peu peur, disons. Pourtant, ce n’est certainement pas l’infirmière 811 qui te met dans cet état de panique, pour elle « vous êtes deux gros rhumes d’homme ». On a pu les hommes qu’on avait ! Elle fréquente des hercules, c’est sûr ! À sa peut-être millième postulante à l’AH1N1, elle ne se fait pas rassurante mais catégorique, sans sensation de camion qui te passe sur le corps, sans l’alitement, sans la jambe flageolante au moins 3 jours, c’est un rhume, tenez-vous le pour diagnostiqué. Alors tu prends ton diagnostic téléphonique, toi qui ne veux surtout pas aller contaminer ou te faire contaminer dans une salle dense et chaude de cas. De toutes manières, on vous serine que si vous n’êtes pas en détresse respiratoire, vous restez chez vous. En détresse tout court ? Vous restez chez vous.
Je vous fais donc part de la matière qui a le plus occupé notre intellect ces derniers jours, pour ne pas dire ces dernières semaines : avons-nous le virus au code postal, ou non ? Ça dépendait des heures. Des conversations. Des nouvelles fraiches. Des éditoriaux. Des blogues. Mais surtout des toux. Et des étoiles bleues.
Nous sommes passés à travers puisque je suis là à vous en parler sans être rouge comme une tomate mûre. Il m’en reste un genre de souvenir (c’est le 11-11 après tout), une gentille et persistante sinusite harcelée par une substance chimique produite par des micro-organismes, à la pharmacie, ils appellent ça des antibiotiques. J’ai donc dû me résoudre à affronter le A(H1N1) en dehors de mes murs (il est bien plus apeurant !), en me présentant à la clinique avec mon « gros rhume d’homme». J’ai dit que je toussais et avais eu la fièvre, ce sont les mots de passe pour obtenir un masque, on m’a guidé vers une section à part, derrière une frontière de plantes domestiques faisant un effort pathétique de frontière. Je me suis assise sur une chaise de tissu poreux, parfait pour garder captif les virus. Je les voyais grouiller sur les revues, les murs, les planchers, ils flottaient dans l’air, je les attrapais de mon imagination grouillante. Je suis restée assise, esseulée, trois heures. Aucun autre pestiféré n’est venu accompagner mon imagination grouillante. Et les enfants, les enfants, il y en avait des tonnes, on aurait dit une cour de récréation pleine oubliée par des professeurs. Des enfants qui s’ennuyaient à s’ennuyer, eh bien ces dits et petits enfants ne m’ont jamais regardé comme une pestiférée. Je les en ais remercié du fond de mon regard. Les adultes ? Non plus. Pas un adulte ne m’a regardé de travers, moi et mon masque en arrière de ma rangée de plantes. C’est là que j’ai réalisé, plus qu’à la télévision, plus qu’à la radio, plus que dans les journaux, qu’il y avait une pandémie. Que le virus était véritablement entré dans les chambres, que chaque personne connaissait une personne qui connaissait quelqu’un qui connaissait un atteint.
Ça humanise les pandémies. En autant que l’on se prenne pas pour une vedette.
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Il faut savoir tenir ses promesses (si vous me lisez jusqu'au bout, j'ai une annonce à vous faire :-)). Et je réfléchis à la possibilité de faire la promesse de ne plus en faire ! J’ai promis des impressions sur Marsi en visite au primaire et voilà qu’après le super billet de Pierre-Greg, je me demande : qu’ai-je tant à dire de plus de mon côté, qui est en fait celui de Marsi ? C’est que l’auteur de Miam miam fléau n’est pas très loquace, et c’est à moi de vous le dire car, lui, n’étant pas loquace, ne le dira certainement pas ! Il est revenu vers 20 h 00 (trajet ralenti par une première neige) et malgré une journée harassante, je l’ai vu arriver heureux, serein, satisfait. Fatigué ? Pas trop. Pas autant que je m’y attendais en tout cas. Il vivait sur sa lancée - vous savez comment la satisfaction d’une mission accomplie peut être source d’énergie – mais le lendemain, par contre, la fatigue l’a rattrapé. Et le surlendemain, rhume carabiné. Mitraillette des éternuements, risquant la tendinite du coude ! Entre deux éternuements, j’essayais d’en savoir plus long que les quelques phrases prises sur le vif du retour. Avant de vous relater ce que j’en sais, je vous demande de ne pas entendre les mots seulement, rajoutez-y des yeux allumés, entendez une voix au trémolo chaud et enregistrez un ton passionné. C'est de cette manière qu'il m'a transmis toute l'information que je tiens. C'est révélateur du combien il les a aimés instantanément, ces galopins bavards. Il a certes trouvé que ça remuait beaucoup et que ça parlait en saperlipopette des enfants d’une dizaine d’années. Il a été étonné de la pertinence de leurs questions et de leurs remarques. Il en a conclu que ces jeunes sont beaux et allumés. La première classe qu’il a visitée est celle de Pierre-Greg. N’oublions pas que c’était la première fois de toute sa vie qu’il se voyait planté devant 26 minois qui attendaient tout de lui ! Au début, il se sentait un peu nerveux, mais pas très longtemps. Il s’est vite aperçu qu'avec le support très engagné du prof, qui utilise des trucs efficaces pour faire régner l’ordre (de trucs de l’ordre du jeu, on reconnaît là, notre PG !), que la classe est si bien tenue, qu’il ne lui restait qu’à vivre le meilleur. Son sens de l’observation à l’affût, aussitôt qu’il voyait certaines attentions se dérober, il tâchait d’en remettre dans son discours. J’avoue que j’aurais bien aimé voir Marsi mettre le paquet ! Après l’exposé du bédéiste, décrivant les étapes dans la conception de l'album, avec document à l’appui remis à chaque élève, PG et Marsi sont passés à des exercices pour stimuler l’imagination. Ils invitaient chacun à inventer une onomatopée de leur cru et ensuite dessiner un objet ou un personnage, et il s’est spontanément rajouté d'associer le dessin avec l’onomatopée inventée. Cet exercice a été une vraie partie de plaisir et la participation à son comble. L’heure des dédicaces a vite sonné. Marsi n’a pas trouvé la tâche astreignante, il l’a plutôt vécue comme une manière de prendre contact avec chacun. Il les appelait un à un par ordre alphabétique, certains continuaient à lui parler pendant qu’il dessinait, d’autres s’exclamaient d’une manière très comique, d’autres bavardaient comme des pies. Comme PG l’a mentionné, chaque enfant choisissait sur sa carte de membre « Bibitte » celle qu’il voulait que Marsi lui dessine. C’est l’araignée qui a gagné le vote populaire, suivi ex aequo de la mouche et luciole, ensuite du bourdon, tandis que l’escargot fut bon dernier. À partir du moment qu’un enfant a demandé 8 yeux à son araignée, les autres se sont commandés une araignée à 2, 3, 6 yeux, ce qui a grandement favorisé le vedettariat de miss l’arachnide. À la classe de l’après-midi, avec le professeure Marie-France, les élèves ont eu droit à un Marsi réchauffé qui a pris grand soin d’entretenir un ton dynamique dans son exposé. Beaucoup d’effervescence et de questions, un bel échange et ceci, même s’il ne connaissait pas le professeur, ce qui rassure grandement Marsi pour les expériences à venir. Je lui ai demandé s’il y a quelque chose qui l’a surpris. Il m’a avoué avoir été un peu désarçonné par les questions directes sur combien ça rapportait, en argent (!), d’être bédéiste ! Malgré la réponse de Marsi faisant entrevoir que la fortune est loin d’être garantie, non passionnés s’abstenir, à la fin de la session, la moitié de la classe voulait devenir bédéiste !!!

Promesse tenue, j’ai une annonce qui nous a surpris par son côté assez inattendu, Miam miam fléau est en lice pour Gourmand World Cookbook Awards. S’il gagne, l’album de Marsi représenterait le Canada pour ce concours international autour des livres de bouffe. Première étape ; résultat en décembre 2009.
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Je finis par avoir un peu honte de laisser ma Babillarde dans le silence. Pourtant, à chaque jour, je me dis « c’est aujourd’hui que j’écris » et puis, la vie emporte le temps ailleurs où je ne suis pas ! Ce soir, même si le temps a idée de se montrer le bout du minuit bientôt, coûte que coûte, je me lance en vrac et contre tous.
Par où commencer ? Vedettariat oblige, par l’entrevue télévisuelle « Sortir » à Radio-Canada/Estrie. Quand nous sommes arrivés au Salon du livre étaient déjà présents « Patrick Nicol, Lili Maxime et Mylène Gilbert-Dumas ». Ces trois romanciers de l’Estrie venaient d’apprendre qu’ils passeraient une entrevue à trois avec environ une minute et demi chacun pour défendre leur bébé ! Je n’arrivais pas à déterminer si c’était la frustration ou l’inquiétude que je voyais flotter dans l’air. Marsi se sentait un peu à part puisqu’on lui accordait, disait-on, trois minutes d’entrevue, en calculant la présentation du matériel visuel qu’un caméraman (extrêmement gentil) avait rapporté d'un filmage du coin de travail de Marsi ici. Finalement, l’entrevue s’est bien déroulée mais à la vitesse « Coupez ! ». L’animatrice souriait à belles dents, Marsi répétait ad nauseam les mots « bande dessinée », très concentré et la figure un peu crispée.
Savez-vous ce que nous avons fait en arrivant à la maison ? Regarder l’entrevue que nous avions enregistrée. J’avais hâte de l’entendre, moi qui avait vu Marc mimer de loin. Faut croire que notre regard était sévère, nous nous sommes couchés déçus ! Heureusement, le lendemain, les commentaires positifs, encourageants et surpris de notre manque enthousiasme nous ont remis sur le piton. Quelques jours plus tard, nous avons eu le courage de le re-visionner et ce n’était pas si pire finalement. La voix chaude et attractive de Marc, son authenticité, sa bonté passait le feu des ondes. Morale de cette histoire ; ne jamais s’écouter quand on est fatigués et que les émotions sont à vif.
Le Salon du livre de l’Estrie maintenant ; une très belle expérience. Nous imaginions le kiosque de l’Association des auteures et auteurs des Cantons de l’Est (AaaCe) plus grand, il était aussi petit que pour abriter un auteur et pourtant, nous étions environ une vingtaine d’œuvres exposées. Le bon côté ? Beaucoup d’échanges empreints de chaleur humaine. En plus d'y rencontrer des auteurs chaleureux et solidaires (désireux de nous connaître, nous achetant des albums), j’ai enfin rencontré Michèle Plomer, auteure de HKPQ, un de mes coups de cœur romanesque. Incroyable, cette femme est encore plus sympathique que je l’imaginais ... et j’ai pourtant beaucoup d’imagination !
À notre arrivée, une personne attendait en ligne pour sa dédicace, c’était nul autre que notre webmestre, Maxime, avec qui j’avais tant de jasette à rattraper. Deux vrais moulins à parole !
Quelques mots sur le Lancement collectif d’une trentaine d’œuvres littéraires en deux heures, le vendredi. Sur la scène, un feu roulant de présentations avec sur l’écran géant un gros plan de chaque livre, deux personnes lisaient résumé et bio en deux ou trois minutes, tout à côté l’auteur qui tenait son livre, souriait et recevait une fleur de la main de Suzanne Pouliot, animatrice et présidente. Malgré toutes ses contraintes de temps, j’ai trouvé l’exercice sympathique pour la passion et la fierté que j’ai vues sur chaque figure. C’était beau, qu’est-ce que vous voulez, c’est l’être humain qui fait la beauté des événements ! J’ai pris des photos mais je vous ne les montrerai pas et ne les montrerai jamais à personne ... puisqu’elles ont été effacées par erreur !
Aussitôt le vin d’honneur servi, Marsi a été approché par deux fanatiques de BD et il s’est conclu, là sous la fébrilité de passions qui se croisent, un rendez-vous pour le dimanche. Un futur bédéiste en plein travail désirait montrer ses planches à Marsi et savoir qu’est-ce qu’il en pensait et Francis Pelletier, déjà à son cinquième album publié à compte d’auteur désirait échanger.
Prochain Babillarde, je vous parlerai de Marsi au primaire ...
Sur la photo du dessus : Marsi se laissant flirter par sa voisine de Salon ... Ça fait très « Halloween » !
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Me semble que je fais pas mal dans le silencieux pour une babillarde !! Mais si vous saviez tout ce que j'écris et parle de mots dans une journée ! C'est bien seulement que je n'arrive pas à tout faire ces temps-ci. Je manque d'organisation. De discipline, pas trop, mais d'organisation, oui. L'organisation a pourtant d'excellents côtés, je ne le nie pas, mais fait aussi manquer de ces événements qui surgissent d'une manière tout à fait inattendue. Et c'est sans compter que je suis à m'emplir de la partie de l'automne avec ses flocons de feuilles. Ce temps court qui passe à la vitesse grand Vent.
Aujourd'hui je m'arrête devant ma fenêtre, rectangle encadrant des arbres qui s'effeuillent progressivement, sans aucune pudeur. Ils s'en balancent que leurs squelettes grisâtres aux pointes acérées soient moins attrayants sans feuilles de feu.
L'Action de grâce est vraiment une belle fête. La fête de la reconnaissance, ce mot que j'aime tant. Ce mot qui n'est pas à sens unique. De reconnaître ce que l'on a dans la vie nous mène sur le chemin de la reconnaissance, au sens vrai du merci. Je suis en état de grâce devant ma vie qui me veut du bien. Pour tout ce que j'ai et j'aurai encore si ma relation avec la Vie et son V ouvert Vers le haut continue de s'enrichir. C'est fou, je dis spontanément vers le haut. On ne se sort pas de ces empreintes d'images laissées sur nos cerveaux, impossible de penser, ou si on le fait c'est une seconde seulement, que le meilleur à venir vienne du bas. Ça vient du haut. Du ciel. La manne tomberait du ciel mais quand on y pense, la manne vient aussi des entrailles de la Terre. C'est elle qui nous nourrit grassement ... aujourd'hui, on pourrait même dire « grâce »ment. Grâce, un autre mot que j'aime. Pour sa gracieuseté, l'élégance d'une faveur : La grâce de la grâce.
Je manque vraiment d'organisation puisque avant de commencer à écrire ce mot, c'était de Marsi que je voulais vous entretenir mais, peut-être que derrière une méninge se cachait un « Encore parler de Marsi ? ». N'y aurait-il pas abus en la demeure ?! À peine. D'après moi bien sûr, puisque je ne me lasse pas de ce sujet :-). Mais je ne m'étendrais pas autant que prévu par mon opportunisme de vouloir saisir l'action de grâce à bras le corps du mot. Et de l'engraisser devant vous, le sortant de sa corne d'abondance. Bien sûr, que la reconnaissance de ce que l'on a nous mène directement à ceux qui n'ont pas grand-chose et, parfois, à peine leur dignité. Je leur offre mon état de reconnaissance car je les comprendrais de me lapider s'ils savaient que je ne reconnais même pas ma chance d'être né au bon endroit. La conscience du peu qu'ils ont me mène droit à ma conscience de ce que j'ai. Et de toutes manières, chacun à notre tour, nous réalisons un jour plus qu'un autre, qu'il y a et aura toujours quelqu'un qui aura plus que nous, et un qui aura moins que nous. Ainsi sont les règles du jeu sur Terre, règles qui ne nous ont pas été expliquées avant de commencer !
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Ouf ... Trop vite passe le temps. Et je n’ose même pas courir après ! Trop essoufflant. Tout ça pour vous dire que j’aurais aimé vous parler du deuxième lancement de Marsi avant qu’il se soit écoulé une semaine. Pour vous, mais surtout pour moi. J’aime parler de ce je viens de vivre quand c’est tout chaud, comme un mets sortant du four dégageant son fumet accentué.
Mais tant pis, je replonge dans ce samedi où Marsi m’a finalement prouvé qu’il n’est pas un personnage de bande dessinée : il était stressé ! Pas agité, pas nerveux, stressé.
Nous partons et arrivons à l’heure cette fois ! Aussitôt dans le centre de la librairie, Marc est happé par les amis d’enfance qu’il n’a pas vus depuis 18 ans, alors moi je m’occupe de l’installation et on dirait que je n’ai jamais fait ça de ma vie ! Je ne suis pas stressée, je suis nerveuse et agitée !
La première demi-heure, c’est l’accueil, il y a des personnes de Sherbrooke oui, mais de Eastman aussi et j’en suis très fière. La parenté, les amis de la parenté, plein de personnes que je ne connais pas que je devrais présenter, mais qui me sont présentées. Complètement prise par la frénésie de ces brefs échanges où l’essentiel doit être dit rapidement autant que chaleureusement, je réalise qu’il est deux heures et que Marc commence à avoir envie de s’installer derrière le micro. Comme il le dit franchement « Je ne suis pas prêt, mais je ne serai jamais prêt, alors aussi bien y aller ». Quant à moi, je me suis sentie prête quand je me suis retournée et que j’ai vu mon fils et sa dulcinée, arrivés à la dernière seconde après deux heures de route.
Marsi a commencé son discours lentement, je voyais qu’il se plaçait, mettait de l’énergie à être posé, il ramassait son énergie ... et ça fonctionnait. L’énergie et la voix portaient à travers toute la librairie. Il a parlé de la persévérance, combien il avait eu de la difficulté en tant que touche-à-tout de terminer un premier projet. Il a osé dire, avec toute la simplicité proche de la vulnérabilité qui le caractérise, qu’il aimait son album. Et je vous prie de me croire que ça ne faisait pas prétentieux ... plutôt amoureux ! Il en était fier, on sentait que c’était important pour sa fascination de l’esthétisme des objets « livre ». Je me souviens, vaguement, qu’il a parlé de l'histoire de Miam miam fléau, mais là, le cœur m’a arrêté de battre ... j’ai voulu prendre une photo et j’ai réalisé que je n’avais plus mon appareil avec moi. Où l’avais-je oublié ? Sur un banc ... dans l’auto ? Il m’a fallu un effort considérable pour revenir à mon conférencier malgré mon inquiétude. Peut-être m’en manque-t-il des bouts, sûrement. La prochaine fois, il faut que je me trouve une mini-enregistreuse, pour faire une vraie journaliste de moi-même ! Mais je me souviens par contre de la période de questions. Là, on peut dire que ça a levé ... les mains. Ça pétillait de questions, on s’excusait presque d’en poser autant. Une inspirant l’autre, Marsi a été poussé à expliquer en détail sa manière de travailler, passant au crible chacune des étapes. On a reparlé du style touche-à-tout, qu’est-ce que vous voulez, un talentueux dans plusieurs domaines a la difficulté à choisir pour ensuite s'en tenir à un projet. Je levais la main moi aussi, pas pour des questions, pour des remarques. Disons, que je suis sa salière, j’adore mettre mon grain de fleur de sel ! J’ai eu l’impression que tout le monde a apprécié ma spontanéité qui en dévoile beaucoup. Finalement, celui qui pensait seulement dire quelques mots a parlé presque une heure.
Et ensuite, au travail ! Les dédicaces ... une à une, les gens penchés vers cette main agile qui fait apparaître sous leurs yeux ébahis des êtres qui n’existaient pas voici un quart d’heure.
Trente-quatre Miam miam fléau ont été adoptés ... Marc ne les a pas tous dédicacés sur place, chose impossible. Nous sommes encore une fois partis avec un sac rempli de dédicaces en devenir. Il y en a qui attendent encore, n’oubliez pas que nous faisons aussi le service à domicile, ça ralentit un peu le processus !
Décidément, un métier à temps plein rempli de rencontres et de rebondissements.
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Un Miam miam fléau, qu'est-ce que ça mange en automne ? Des pommes ! Qu'est-ce que ça mange un album pour toute la famille qui essaie de se frayer un sentier dans la rentrée ? Ça mange de la promotion.
Un deuxième lancement, celui-ci dans la région, ça aide. Dans le cadre des Journées de la Culture, ça aide encore plus, organisé conjointement avec La Biblairie GGC, ça plane ! Enfin, des journalistes désirent parler à Marsi, cet illustre inconnu jusqu'à hier. Ça commence tout en douceur mais aucune action n'est un coup d'épée dans l'eau. Mardi, Marsi va être interviewé brièvement par Sylvie Bergeron de CFLX. Une entrevue pas du tout intimiste, tous les auteurs de la région sont conviés au Loubard, un bar de Sherbrooke, de 17 h 30 à 20 h 00. C'est une première expérience.
Pour le lancement samedi prochain, la liste d'invitation de la Biblairie GGC est longue. Jusqu'à date, certains chroniqueurs et journalistes ont demandé un album. À la lecture, celui-ci passera-t-il la rampe ?
Bien sûr, pour un album sur la Bouffe avec un grand B, le Bouche à oreilles est de rigueur. Je vous fais entrer dans mon village pour bien comprendre comment il fonctionne ici. Nous aimons beaucoup le resto Les 3 Grâces à Eastman, nous le fréquentons, des amis qui habitent Eastman aussi. Ils ont raconté à la propriétaire, qui est aussi la cuisinière , le lancement chez Monet. Quand nous avons été faire notre tour, la propriétaire nous a demandé si on avait un album avec nous. Nous en avions bien sûr ! Marsi l'a dédicacé. Cet après-midi, à l'épicerie du village, nous avons rencontré la proprio qui nous a passé de joyeux et élogieux commentaires. Ça a fait chaud au cœur de l'auteur, il a ouvert grand les yeux et les oreilles, et même la bouche (!), dévorant chaque mot, surtout quand elle lui a dit l'avoir dévoré tout rond. Ensuite, et voilà le charme de la lecture d'une BD, on peut la dévorer une deuxième fois. Ce qu'elle fit, découvrant avec plaisir de ces petits détails qui nous échappent quand on avale goulûment, trop affamé de l'histoire. Par exemple, une borne fontaine en forme d'asperge l'a beaucoup amusée. Nous lui disons à demain, ayant justement l'intention d'aller bruncher Aux 3 Grâces. Quelque 5 minutes plus tard, en ligne pour passer à la caisse, elle revient à nous et demande gentiment si on pourrait lui apporter un album dédicacé pour son frère qu'ils fêtent demain, au resto justement.
C'est un excellent exemple, si nous n'achetions pas des albums à l'avance, et si Marc ne dessinait pas d'admirables dédicaces (il se sent très inspiré pour ceux dont c'est l'anniversaire), il y aurait eu peu de chance que cet album se retrouve entre les mains du fêté demain. Dans les grandes cités, la situation se pose différemment, les librairies ne sont pas à une heure de route !
En plus du Bouche à oreille, les lancements, il y a les Salons. Marsi participera à celui de l'Estrie à la mi-octobre. Ce ne fut pas simple du tout, mais finalement nous serons au large kiosque tenu par l'association des auteures et auteurs des Cantons de l'Est (nous nous sommes inscrits à cette association). Au départ, nous devions que participer à un lancement, oui oui, vous avez bien lu un troisième lancement (!!!), collectif celui-là où une trentaine d'auteurs partagent la sellette. Et puis, le 15 octobre, une auteure a laissé tomber une de ses séances de signature. Marsi la remplace à main levée ! C'est l'après-midi des jeunes du primaire. Je vois d'ici une belle ribambelle d'enfants devant Marsi ...
Ça va être mignon ça ! Je vous promets au moins une photo :-)
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Plusieurs nous demandent comment nous vivons "l'après-lancement ». Il y a de quoi se poser la question parce que le vécu est dense. Le lancement est la frontière entre le rêvé et la réalité et quand donc peut-on dire que la réalité est à la hauteur du rêve ?
Je vous laisse répondre de votre côté mais pour nous, ici, ça s'appelle se fragiliser et ramer. Se fragiliser, eh bien, ça ressemble à un Marsi qui, pour la première fois, a ouvert le livre sur son univers et ses créatures imaginaires et qui attend avec anxiété de savoir si les gens vont aimer. Nous recevons peu d'impressions, ou jamais suffisamment pour les affamés que nous sommes. Pourquoi il y en a peu est la question que l'on se pose et à laquelle on essaie de répondre, faisant appel à le plus de rationnel possible. C'est que l'album n'est pas encore très exposé. Nous avons un ami (hi hi, vous allez le reconnaître, je le sors de sa lucarne !), Pierre-Greg qui a revêtu le rôle d'inspecteur. Il inspecte les vitrines de librairie, et même les fonds de librairie ! À chaque fois que nous apprenons que l'album est en évidence, nous tapons des mains (manière de parler ... malgré que). Du côté de Montréal, ça va assez bien, malgré la déception de le voir ranger dans un bac à la lettre M dans la section « adulte » !
Une déception nous attendait à Sherbrooke où de notre côté nous avions le goût de le voir sur les tablettes dans au moins une librairie. Chez Archambault, loin de le trouver, rien n'est moins sûr qu'ils en tiennent un jour. L'assistante nous a assuré que ça dépend de la décision des acheteurs à Montréal et qu'elle n'y peut strictement rien. Ou si elle y peut quelque chose, ce sera en réaction des demandes des clients. S'il y en a quelques unes, elle pourrait en suggérer l'achat. Le fait que l'auteur soit de la région n'a pas directement d'effet. Indirectement, oui et ce « ricochet » tombe dans la cour des médias. S'ils en parlent, peut-être y aura-t-il des personnes qui la réclameront chez Archambault. À la Biblairie GGC, ils avaient la trentaine d'albums que nous avions commandés mais n'avaient pas encore eu le temps d'installer la balance sur les tablettes.
Vous voyez ce que je veux dire ? La réalité a encore des allures de rêve, comme s'il fallait que la brume se dissipe pour en voir les contours nets. C'est que l'on a hâte que les enfants la lisent. Très hâte même. Parce que les trois jeunes qui l'ont lus jusqu'à date, y compris maintenant un jeune homme de 11 ans à l'esprit très déluré, ont beaucoup aimé. Celui-ci dit l'avoir trouvée très drôle, et particulièrement le personnage du roi. Entendre dire qu'elle est drôle nous rassure. On a beau la lire, la regarder, la scruter, l'analyser, on peut difficilement la rire ! Y réagir, quoi ! Un peu, mais à peine. Nous sommes à une étape où le besoin du lecteur est criant. Alors, on rame pour aller vers lui. Vous dire combien on rame !
Pas seulement des démarches vers des lecteurs par tête de pipe mais on planifie, soupèse ce que l'on peut faire pour aider à la pousser hors du nid. Vous me direz qu'il y a les Salons, oui certainement qu'il y a les Salons du livre. Celui de Montréal s'en vient et Marsi y sera sans conteste, il a même fourni à cet effet ses disponibilités aux éditeurs. Celui de l'Estrie par contre, qui a lieu à la mi-octobre, la question n'est pas encore réglée. Nous sommes en attente, c'est paraît-il, complexe. C'est notre région pourtant, il me semble que ça commence par là. Dans ma tête en tout cas ! Peut-être que non finalement.
Dans le fond, je réalise que nous ne sommes jamais prêts à un après-lancement. C'est comme dans la vie, après la naissance d'un enfant, la réalité bouscule le rêve et il y a certainement un ajustement à faire entre les deux.
C'est ce que nous sommes à faire. Et c'est beaucoup de travail ... émotif.
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La babillarde ne se pouvait plus, pensant même rajouter des heures aux « 24 » d’usage courant pour enfin répondre à la question qui m’a été posée pendant le lancement de Miam miam Fléau (voir Marsi n’est plus un drôle d’oiseau et C’est un marsien pour ses détails).
Des fidèles du Pigeonographe m’ont fait remarquer que je n’avais pas donné de suite à mon « Lis-la ». À cette remarque bien judicieuse, j’ai laissé tombée un « Misère, c’est bien vrai ! ». Pourtant, il y en a bien une, une suite. Premièrement, je l’ai lue le lendemain même de la chronique, ne serait-ce que parce que talonnée par l’auteur lui-même, je ne pouvais y échapper !!! Non pas que je n’eusse voulu tant point la lire (!), mais j’avais tant l’impression que cela n’apporterait rien puisque je l’avais tellement dans la tête, au bout des yeux, des doigts même !
Nenni, que je me suis trompé ! La sensation de tenir l’album et d’enfin le lire sans interruption et à loisir, laissant le temps se glisser entre chaque case pour la mieux voir et l’entendre dans ma tête est une retrouvaille mais tout autant, une trouvaille. J’y ai découvert du nouveau, atteignant un sommet me donnant cette vue d’ensemble qu’il me manquait tant ! Enfin le patchwork ou la mosaïque des bulles et des personnages se tenaient en un couvre-pied drapant le lit et rehaussant la chambre. Je sais, je sais, c’est un commentaire très peu bédéphile ! Tentons de l’être plus, bédéphile, quitte à passer pour une « déjà vendue », mais très sincèrement, j’ai trouvé que l’histoire se tenait plus encore que je ne le croyais. Je lui ai trouvée plusieurs niveaux d’où s’infiltraient certains traits grinçants dans une légèreté de ton qui m’a fait penser à de la crème fouettée, si légère, qu’elle s’avale rapidement et dans la gourmandise mais qui n’en perd pas pour autant sa consistance riche en gras naturel.
Cela m’a même donné le goût de la relire. Oui, oui ! C’est absolument nécessaire pour ne plus voir du tout les ficelles. Les coulisses. Les fils électriques derrière le mur fraîchement plâtré. Ne plus voir le travail quoi ! C’est un travail de ne plus le voir ! Disons, une attitude à cultiver.
Marsi, le père spirituel de Coco Météore et Pouette a fait de même et est arrivé à la lire deux fois domptant son œil à la voir en neuf. Il semble y arriver, ce qui est extraordinaire en soi. J’avoue que son avis si critique face à ce qu’il fait habituellement me faisait entendre d’avance ses tragiques désolations pour de petits détails. Malgré son appréciation satisfaite, il ne part pas du tout avec l’idée que les autres vont nécessairement aimer. Alors là, pas du tout. Rien n’est acquis pour lui et chaque commentaire positif, ou négatif, est accueilli avec l’ouverture qui le caractérise. Il y a des commentaires qui ont commencé à rentrer via les coulisses des courriels et il s’en nourrit. Évidemment, il s’attends à des critiques négatives aussi, il trouverait probablement suspect de ne jamais en recevoir ! C’est qu’il les a interrogé lui-même, se disant combien telle ou telle option pourrait être prise comme une erreur.
Il est difficile pour un perfectionniste d’arriver à voir un produit parfait. De toutes manières, toute option en éliminant une autre, la perfection n’est pas de ce monde. Et ça serait plate à mort ... imaginons-nous tous parfaits ! L’imperfection est la couleur de la vie.
À bientôt ... promis !!!
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Marsi, mon chum bédéiste m'a posé une grosse question aujourd'hui : « As-tu lu Miam Miam Fléau depuis qu'elle est imprimée ? ». J'ai commencé par dire « oui » et puis, j'ai eu des doutes. Je pense que non finalement. En parties, je l'ai lue en parties. C'est pas assez la lire en parties, on l'a déjà assez lue en parties. C'est vrai qu'on l'a travaillée en pièces détachées, en mots pis en petits carreaux, l'heure est à l'enfilade ininterrompue des cases. Il me l'a placée entre les mains et a dit « Lis-la ».
Vous imaginez la demande ! La lire ... sous-entendu ; la lire avec du recul !!! Pas évident tout de suite. Il faudrait, genre, que je l'installe dans le fauteuil du salon et que je la lise en reculant jusqu'à la cuisine ! En mangeant une pomme. Pour oublier que je lis une bédé que j'ai vu naître, que j'ai vu se tricoter sans en oublier un fil ... phylactère, que j'ai colorée en tout mais surtout en partie avec mon cœur d'enfant, mais surtout avec photoshop.
Je vais le faire pourtant, la lire. Une demande express du bédéiste, ça s'ignore pas. Si je veux mériter une dédicace dans mon album ! Un petit dessin à moi toute seule. Il est en plein là-dedans, présentement ; il dédicace à sa table à dessin sur sa mezzanine, sans file devant lui, sans impatience et bousculade. Ce sont des pré-dédicaces, il en faut, paraîtrait-il. Pendant que moi je lance des invitations de lancements, à gauche, à droite, en haut surtout. En haut, je veux dire à nos anges ! Qu'ils soient là, pour veiller.
Ce lancement de Miam Miam Fléau, c'est un événement à ne pas manquer, vous savez. Nous, nous y serons. Je blague, bien sûr que nous y serons ! J'imagine même la scène dans ma tête, la salle pleine à craquer, y fait chaud de chaleur humaine, on transpire de générosité et de gaieté, les gens s'esclaffent pour rien, se lancent des « Salut vieille branche ! » en travers de la salle. Chaque personne a un exemplaire à la main, le flatte, l'admire, le re-flatte, l'admire, les enfants l'ouvrent, le lisent tout de suite, assis, couchés dans un coin. Chantal aussi, même si ce n'est pas un enfant de corps, elle en a le cœur. Ça pleure de temps en temps ... de préférence des enfants ! Et la clameur des conversations s'amplifie et Marsi, lui, dessine. Dessine. Et dessine. Quand il s'arrête, c'est pour remettre l'exemplaire dédicacé et regarder de ses yeux bons les yeux de l'autre, pour lire s'il rit, boire une gorgée de sa joie, mais surtout aiguiser son crayon. Je me vois aller le voir et l'encourager. Je me vois l'aimer en silence dans mon cœur, flamboyante de fierté de mon grand bédéiste à moi mais que ce soir-là et le reste de ma vie, je vais partager avec tous ceux qui l'aimeront. Pour vrai.
Bon, c'est bien beau le sentiment là, mais j'ai une bédé à lire moi !
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C’est la journée des hasards. Et le hasard des hasards est qu’ils se soient agglomérés dans la même journée. Comme vous savez, enfin j’espère que vous le savez, Marsi sort un album BD le 2 septembre. Jusque là, on est dans l’ordinaire ;-) ... album qu’il n’avait pas encore fait lire à un jeune. Voici deux semaines, nous avons reçu les amis d’amis, des 100% Suisse. Leur fille, Zoé 14 ans, les accompagnait. Marsi lui a offert de lire la BD. Elle l’a dévorée, engloutie dans un gros fauteuil. Son commentaire : « Trop bon ! ». Nous sommes présentement au gîte de la Rêvasse à Percé, nos hôtes ont une jeune fille, on lui parle de la BD, elle aimerait la lire ; elle a 14 ans et s’appelle Zoé ... (Soit dit en pensant, elle s’est exclamé plus d’une fois qu’elle a adoré, ça a fait un petit velours sur le cœur du toujours un peu inquiet bédéiste). Non mais dites-donc, mettez deux Zoé de 14 ans, premières lectrices d’une BD non distribué dans un roman et on vous traite de fabulateur pelleteur de nuages !
L’autre est moins grand, plutôt un facteur circonstanciel. J’avais une lettre à poster, justement à discuter du « hasard Zoé », on roule et passe tout droit du bureau de poste. Bon. Il doit y avoir des boîtes à lettres des fois qui traînent quelque part sur la route, on roule quelques kilomètres et on voit une série de boîte à casiers postaux et au-dessus, tenez-vous le pour dire, il y a une fente qui avale les lettres. Marsi rebrousse chemin, pendant que l’on s’obstine gaiement : Est-ce que ça vaut vraiment la peine d’y déposer le courrier, le facteur est peut-être passé, la lettre va donc stagner 24 heures. Marsi est catégorique, il est 10 h 35, il ne doit pas être passé, Venise est catégorique, peut-être est-il passé. On enfile quand même la lettre et sur le fait, le facteur arrive. Je trouve que ça commence bien une journée !
Quand ça fait 5 ans que l’on vient dans un gîte, il arrive que l’on sympathise. C’est le cas ici, avec William et Brenda. Aujourd’hui, ils recevaient des amis de voyage qui venaient faire un tour en Gaspésie, ils sont de Sherbrooke et Magog. Un autre couple, d’Omerville (toutes des villes de l’Estrie). Dans ce même voyage, ils avaient rencontré un autre couple, celui-là de Victoriaville qui, aujourd’hui par le plus pur des hasards a réservé une chambre à la dernière minute. Nous avons pris une tisane avec cette belle gang.
Sinon, de belles trouvailles pour Marsi aujourd’hui, trois agates à cinq minutes de distance, c’est peut-être encore un tour du hasard, qui sait (justement, personne sait qui sait). Et puis, nous sommes allés visiter le lapidaire et demain, je vais chercher mes boucles d’oreille en agates à plusieurs yeux.
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Une journée complète à la plage de Barachois, sans avoir chaud, ni froid, surtout faim. C’est que le vent du large, ça creuse. Marc avait l’estomac dans les talons, pas facile de marcher sur son estomac ! C’était du sérieux là, pour qu’il laisse sa fouille aussitôt que je suggère d’aller dîner à Café Couleur. La couleur où elle est la couleur dans ce Café ? Sur les murs bardés de toiles de différents artistes dont celles du propriétaire artiste peintre, Gilles Côté. Spécialité du peintre : mouton. Spécialité du resto : gaufre. J’ai donc pris des gaufres comme repas principal, et aussi pour dessert, en faisant bien sûr passer le dessert sur le dos de Marc !
Sur la plage, j’ai lu du Marie-Claire Blais, Le jour est noir, j’ai écrit à la main, une lettre. J’ai marché, inévitablement, pour aller aux toilettes. Vous savez qu’est-ce que c’est marcher dans une bordée de neige ? Pour la plupart, vous le savez. Imaginez-vous que là, au lieu de la neige, c’est un pied de sable plein de grenailles assez pour soulever haut le pied. Ce n’est pas une plage de sable pâle et plate, non, il y a de la rocaille là-dedans ! Tu as le choix entre : marcher en sandale et en transporter des tonnes avec toi, nu pied et crier au meurtre, ou en soulier hermétiquement scellé et là, tu crèves et tu pues. Je choisis la sandale, ça paraît plus normal ou l’anormalité se vit plus discrètement disons. C’est 15 minutes de marche pour aller aux toilettes, alors l’envie doit se prévoir, parce que courir dans le sable mou et profond, je le conseille moins. Il faut commencer par longer la rive qui serpente le fleuve, ensuite traverser les épaisseurs de sables en paliers, bien enjamber les trainées d’algues, tout ça prend environ 10 minutes. Il en reste 5 me direz-vous, mais un 5 minutes d’escalier. Une fois monté, on enjambe les rails de la voie ferrée et maintenant que l’on se sent haut et bizarre d’être haut sur une voie ferrée, il faut descendre l’escalier. J’adore ! Pour vrai. J’ai fait des photos superbes et en plus, je me suis fait une copine, une marmotte. Je l’ai jasée tant et si bien, qu’on est tombé en amour toutes les deux et elle a accepté de sortir de son trou. Et je l’ai prise en photo. Très photogénique la dame marmotte (photo au retour !). Je l’ai prise en position aux aguets, debout sur deux pattes, la face fascinée par un attroupement de Tout-terrains qui ont traversé les rails de chemin de fer à la queue leu leu et que j’ai croqué clic, clic ... Enhardie par mes dernières photos, allons-y pour le fameux escalier en bois chambranlant aussi quant à y être. Et au moment où j’arrive à m’immobiliser pour appuyer lentement sans bouger, descend un homme et son chien. Plus il descend, plus je réalise que l’homme est splendide, athlétique, jeune, bronzé, il descend mais surtout, il sourit. Il sourit de plus en plus largement, il passe devant moi et sourit toujours ... absolument certain que c’est lui que j’ai photographié, certainement pas un escalier de bois sur le point de s’écrouler !!!
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Une journée complète à la plage de Barachois, sans avoir chaud, ni froid, surtout faim. C'est que le vent du large, ça creuse. Marc avait l'estomac dans les talons, pas facile de marcher sur son estomac ! C'était du sérieux là, pour qu'il laisse sa fouille aussitôt que je suggère d'aller dîner à Café Couleur. La couleur où elle est la couleur dans ce Café ? Sur les murs bardés de toiles de différents artistes dont celles du propriétaire artiste peintre, Gilles Côté. Spécialité du peintre : mouton. Spécialité du resto : gaufre. J'ai donc pris des gaufres comme repas principal, et aussi pour dessert, en faisant bien sûr passer le dessert sur le dos de Marc !
Sur la plage, j'ai lu du Marie-Claire Blais, Le jour est noir, j'ai écrit à la main, une lettre. J'ai marché, inévitablement, pour aller aux toilettes. Vous savez qu'est-ce que c'est marcher dans une bordée de neige ? Pour la plupart, vous le savez. Imaginez-vous que là, au lieu de la neige, c'est un pied de sable plein de grenailles assez pour soulever haut le pied. Ce n'est pas une plage de sable pâle et plate, non, il y a de la rocaille là-dedans ! Tu as le choix entre : marcher en sandale et en transporter des tonnes avec toi, nu pied et crier au meurtre, ou en soulier hermétiquement scellé et là, tu crèves et tu pues. Je choisis la sandale, ça paraît plus normal ou l'anormalité se vit plus discrètement disons. C'est 15 minutes de marche pour aller aux toilettes, alors l'envie doit se prévoir, parce que courir dans le sable mou et profond, je le conseille moins. Il faut commencer par longer la rive qui serpente le fleuve, ensuite traverser les épaisseurs de sables en paliers, bien enjamber les trainées d'algues, tout ça prend environ 10 minutes. Il en reste 5 me direz-vous, mais un 5 minutes d'escalier. Une fois monté, on enjambe les rails de la voie ferrée et maintenant que l'on se sent haut et bizarre d'être haut sur une voie ferrée, il faut descendre l'escalier. J'adore ! Pour vrai. J'ai fait des photos superbes et en plus, je me suis fait une copine, une marmotte. Je l'ai jasée tant et si bien, qu'on est tombé en amour toutes les deux et elle a accepté de sortir de son trou. Et je l'ai prise en photo. Très photogénique la dame marmotte (photo au retour !). Je l'ai prise en position aux aguets, debout sur deux pattes, la face fascinée par un attroupement de Tout-terrains qui ont traversé les rails de chemin de fer à la queue leu leu et que j'ai croqué clic, clic ... Enhardie par mes dernières photos, allons-y pour le fameux escalier en bois chambranlant aussi quant à y être. Et au moment où j'arrive à m'immobiliser pour appuyer lentement sans bouger, descend un homme et son chien. Plus il descend, plus je réalise que l'homme est splendide, athlétique, jeune, bronzé, il descend mais surtout, il sourit. Il sourit de plus en plus largement, il passe devant moi et sourit toujours ... absolument certain que c'est lui que j'ai photographié, certainement pas un escalier de bois sur le point de s'écrouler !!!
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