Preload image Accueil Preload image Pigeonographe Preload image Tandem Preload image Services Preload image Contact
Mystère... Le pigeonographe : à la pige à la page
Titre de section
Cravaté - Illustrations Argenté - Photographies et photomontage Messager - Commercial Gloug-glou - Bandes dessinées Biset - Divers Domestique Menu de Marsi
Flux RSS
agates Archambault Aux 3 Grâces Barachois BD cinéma dédicace Gaspésie lancement librairie Marsi Miam miam fléau photo Pouette Prix Radio-Canada salon du livre secret Tournage Venise

vendredi 05 février 2010

Question de mon fils à Marsi

Par Venise

Question de mon fils, Rémi :

J'ai terminé de lire Miam Miam fléau il y a quelques jours. J'ai bien aimé.

Sans entrer dans une longue critique, je dois dire que ce qui m'a impressionné c'est le vaste univers imaginaire installé dans cette BD. Et puis j'avais hâte de savoir ce qui allait arriver -- l'ayant jamais lu -- ce qui est bon signe. J'ai lu les 40 premières pages d'une traite, bien que l'ayant entamé fatigué tard dans la nuit.

J'ai une question pour Marc : qu'y a-t-il dans le potage Gousse-Gousse de mère Crapette ? (Des gousses d'ail j'imagine! mais à part de ça ?)

****

Allô Rémi,

Merci pour tes bons mots sur mon album ! C'est vraiment apprécié.

Alors, voici:

- Pas moins de six têtes d'ail grossièrement hachées
- Une bonne quantitée de bouillon de poule fait maison
- Quatre à cinq tranches de pain de ménage rôties à coeur et beurrées chaudes
- Une à deux cuillèrées de caramel bien roussi
- Une pointe de pâte de piment fort
- Deux pincées de cannelle
- Sel
- Parmesan

La veille, préparez un bon bouillon de poule selon les préceptes établis.

Pour le potage:

Faites rôtir cinq des six têtes d'ail dans une huile chaude jusqu'au rôtissement. Incorporez cet ail ainsi que piment, cannelle et sel au bouillon préalablement réchauffé. Faites mijoter une bonne demie heure à feu doux. Par la suite, rajoutez les tranches de pain ainsi que le caramel et laissez reposer quinze minutes. Mettez-y la sixième tête d'ail fraîche, couvrir et attendre le refroidissement total du plat. Lorsque vous pouvez touchez la surface de la marmite et y laisser la main sans vous brûler, c'est qu'il est temps de remettre le plat sur le feu et de réchauffer à souhait.

Servir parsemé de fines lamelles de parmesan. Bon appétit !

Extrait de « Grosse fourchette et Mère Crapette »


  Marsi 

Critique de Miam Miam Fléau dans la revue Lurelu

Marsi (Marc Simard) qui a travaillé dans le domaine de l'illustration et du dessin animé, nous présente sa première incursion dans le domaine de la bande dessinée chez un éditeur reconnu pour son avant-gardisme.

C'est la consternation au royaume de la Rigôle : Borbo, monstre et goûteur du roi s'est enfui. Pouette et Coco Météore, la monture la plus rapide du royaume, partent donc à sa recherche. Il faut faire vite afin que le roi ne meure pas de faim. D'autant plus que Borbo, affamé, dévaste tous les garde-mangers des royaumes avoisinants.

Voici un livre dont aucun résumé, aussi fidèle soit-il, ne pourra rendre compte des qualités. Et elles sont nombreuses. Qualité du dessin d'abord. Dans un style très contemporain, un dessin très vivant au trait simple qui possède une grande clarté. Qualité de la couleur ensuite, qui vient renforcer la lisibilité du dessin tout en nuançant les différentes scènes. Et finesse de la mise en pages; par exemple, la première page pourrait servir d'exemple dans le cadre des spécificités du langage de la bande dessinée. Qualité de la langue également : un vocabulaire très riche et des dialogues savoureux. Qualité du récit et du scénario aussi : non seulement le récit est-il intéressant, mais en plus, il est très bien construit. Qualité de l'ensemble finalement, puisque le tout est plus grand que la somme de ses parties. Car la plus grande qualité de ce livre demeure le plaisir qu'il procure au lecteur. Et l'auteur n'en est qu'à sa première bande dessinée !

Signé :  Sylvain Lemay, enseignant au niveau universitaire

====

Disons que Marsi s'est nourri de cette critique, et YAH !, il galope maintenant vers l'à venir.

 


lundi 01 février 2010

Péter de la bulle

Par Venise

J'ai pensé que La Babillarde, côtoyant de si près les bulles des bandes dessinées, pourrait vous inviter à en péter. L'idée étant d'en péter le plus rapidement possible. Premièrement, ça défoule, deuxièment ça enlève du stress. Ensuite, ça repose, puisqu'après les exercices pour améliorer son record, on a la main crampée et on doit se reposer.

En plus, c'est le jubilé de la bulle ! C'est Béo qui le dit, une Québécoise ches les Helvètes. Ça fait 50 ans qu'un Suisse, Marc Chavannes, en descendant des airs (avion), a eu une révélation qui l'a mené à l'invention des Bubble Wrap. Cette idée toute simple a fait son chemin.

Mais aujourd'hui, on est là pour fêter et s'amuser ...

 

I pop bubble wrap at 2.42 bubbles per second!

I popped 196 bubbles in 1 minute and 20.9 seconds
at www.Virtual-Bubblewrap.com!
Can you beat my score?

Et vous ? Combien faites-vous à la seconde ?!

 

Une manière comme une autre de fêter la bulle :-)). Mais on peut aussi en boire dans des verres de champagne.

Si vous voulez savoir qu'est-ce qu'il y a à fêter, passez par le Passe-Mot, vous allez tout de suite comprendre.


mercredi 27 janvier 2010

Victoria et Avatar 3D

Par Venise

J'ai adoré La jeune Victoria. D'ailleurs, j'aimerais le revoir ... avec Marsi. Et Marsi considère que j'irais jusqu'à aimer Avatar. Avoir su !

Mais justement, on ne sait jamais comment on va vivre un film, et ça, malgré une lecture attentive de critiques journalistiques et de celles de « monsieur-madame-tout-le-monde » (j'y tiens beaucoup à celles-là). J'avais aussi lu le statut* d'un ami sur Facebook (*statut : déclaration qui change au gré des heures et des humeurs) : « Je ne pensais pas que j'aimerais autant Victoria ». Je suis obligée de répéter sa déclaration.

Le scénario cible un pan de vie de cette reine, le plus palpitant. Ce n'est pas une histoire de A à Z, seulement quelques lettres au début de sa vie de reine, après avoir été une princesse épiée à travers les lorgnettes sévères de la noblesse de ce Monde. On aborde de front et sans ménagement les thèmes de la convoitise, la conspiration, les entourloupettes par en-dessous, mais surtout la force de caractère qui fait que l'on s'affirme, que l'on passe de l'état de princesse dépendante de chaque décision de ses parents à reine ! La solitude est ciblée bien sûr, la complète, celle éprouvée même en compagnie de ses parents. Départager l'ami de l'ennemi, même chez ses très proches.

De ces scènes empesées de protocole, de règles sévères, le réalisateur est arrivé à donner plus que de la vie, de la vigueur à cette lourdeur. Il aurait chuchoté à l'oreille de sa comédienne reine : n'oublies pas, tu es une rebelle. Et il aurait fait écouter des musiques entraînantes aux comédiens. Eh bien, ça a marché ! Cette reine et ses prétendants un rayon chaud, un éclairci, qui réchauffe le poids des conventions. Et ça se tient, tout est plausible, ça ne sent pas l'eau de rose, ça dégage une odeur de tranche de vie volée à l'histoire avec son grand H. C'est une histoire d'apprivoisement, une histoire d'amour, de partage entre le faux du vrai. On a le plaisir d'apprendre par l'Histoire certaines conventions surprenantes. J'aimerais le revoir pour prendre plus de temps pour ces informations en arrière-plan, car le grandiose nous happe, autant pour cette curiosité devant un monde si différent du nôtre, qu'on se croirait sur une autre planète !

Marc maintenant. Il est sorti de sa salle environ une heure plus tard que moi. Je lisais. Dès que j'ai levé les yeux vers lui, j'ai su qu'il avait beaucoup aimé, avant même qu'il ouvre la bouche. Je connais mon homme, il avait son air comblé, satisfait, rempli. Il en avait eu plein sa vue. Il s'est fait catégorique : ce film méritait son prix Golden Globe, et amplement son prix d'entrée, en considérant le 3$ supplémentaire pour le voir en 3D.

Il s'attendait au pire, il avait entendu parler du ton moralisateur. Celui-ci ne l'a pas dérangé, il l'a pris, les terriens que nous sommes, le méritons. Les prouesses techniques donnent un caractère exceptionnel au film, même si la prestation des comédiens, elle, ne se démarque pas vraiment.

Désolé pour les plus curieux, j'en sais pas tellement plus. Vous serez obligés de vous contenter de l'air royalement satisfait de mon chum, c'est le temps ou jamais d'y croire, à cette image qui vaut mille mots !!

Mais sûr que l'on va aller voir Victoria ensemble. Mais Avatar ?! Ça ...

....moins sûr. Mon chum a à parfaire son « pitch » de vente !


samedi 23 janvier 2010

À chacun sa salle

Par Venise

C'est samedi soir. C'est rare le samedi soir d'être devant l'écran. Pas celui de la TV, pas le méga gigantesque du cinéma, celui de la boîte à mots. J'haïs pas ça. J'aime être à contre-courant. Probablement parce que je ne suis pas un poisson.

C'est demain que nous irons au cinéma, en plein cœur de l'après-midi. On prend ça à cœur d'être à contre-courant. On n'ira pas dans la même salle, le même cinéma par exemple oui. Marsi affirme ses goûts de SF, c'est un amateur d'effets spéciaux. Ça, on ne peut pas dire que c'est à contre-courant. C'est un gars après tout. Moi, je vais aller voir la Reine Victoria, j'suis une fille après tout. J'ai hésité pourtant. Pas pour l'Avatar 3D, non, faudrait quand même pas trop m'en demander ! J'aime mon chum, mais le regarder regarder pendant 2h 42 un film classé « aventure, science-fiction ». Je dirais, à la rigueur, passe encore de le regarder regarder, mais le pas endurable, ce serait entendre le film. Rien de pire que d'entendre un film d'aventure, même si science-fictive, mon tympan est fait à l'os. C'est tapageur. Y a beaucoup trop de Bing Bang Plouf, du cri strident, des boums, du grognement, du souffle court de rescapé, du long avant de mourir, du souffle qui se noie, qui vole, qui nage, j'sais pas moi, mais c'est bruyant.

Non, je vais être dans ma salle, accompagnée de mon popcorn. Je vais même pouvoir développer un bonbon sans que mon chum me regarde de travers (pour le bruit, pas pour la gâterie !), et je vais reluquer des belles robes, de beaux chapeaux à ruban, de la dentelle, du brillant, de la valse, des courbettes, du baisemain juste avant de de monter les larges escaliers qui font semblant d'aller jusqu'au ciel.

Tout pour m'inspirer confiance, on classe le film Victoria, les jeunes années d'une reine, chronique historique. Juste le mot chronique, et me v'là qui se jette dans le filet, sans même le plus petit respire de méfiance. En plus, c'est l'œil de Jean-Marc Vallée, le maître d'œuvre de C.R.A.Z.Y. Il va aller nous soulever les dessous de l'histoire, ça restera pas empesé. C'est ça dans le fond qui faut enlever à la royauté, son amidonnée. Parce que pour le reste, du royal sur grand écran, ça en mets plein la vue. Ça change du quotidien, mettons. Je vous dis pas que j'ai pas hésité. J'ai reluqué de près le dernier Padro Almodóvar « Étreintes brisées ». C'est un drame. Un drame. S'sais pas, mais on dirait que du drame pour me distraire ces temps-ci, j'suis moins portée. Il y en a sur tous les écrans, s'agit juste d'ouvrir les yeux.

=====
J'ai été longue avant de venir babiller. Vous imaginez bien que le babillage s'est tu pour mieux entendre les cris d'Haïti. La Terre a tremblé. Il a fallu qu'elle tremble pour que nous vivions de beaux moments de solidarité. Je regarde les nouvelles, je vois l'horreur oui, mais je vois aussi ce ressort, cette force d'un peuple qui se découvre à nos yeux, et je l'admire.


dimanche 10 janvier 2010

Mon premier achat BD pour Marsi

Par Venise

Je m'habitue de plus en plus à lire des livres avec des images ! C'est en écrivant cette phrase que je comprends mieux certaines appréhensions d'adulte devant la bande dessinée d'adulte. Pour plusieurs, cela a une connotation de retour en arrière, de retour à l'enfance. Pourtant, plusieurs bandes dessinées abordent des sujets sérieux, dramatiques même, d'ailleurs, Marsi en possède plein de ce genre-là.

Pour Noël, je voulais lui faire une surprise et pour la première fois de ma vie oser lui donner une BD de mon cru. Voilà pour l'impulsion vers l'idéal mais la réalité, et son temps compté qui nous presse, s'est mal ajusté, vous allez voir.

Je suis arrivé à la librairie en proie à diverses peurs ; celle que Marsi me surprenne, celle de me tromper, celle de prendre trop de temps à choisir. J'ai commencé par essayer de me laisser guider parmi le présentoir « nouveautés ». Pas le choix d'opter pour les nouveautés puisque Marsi ne tient pas d'inventaire de ses deux bibliothèques d'albums (Marsi est un lecteur BD, pas un explorateur qui tient de précieuses fiches !!). Envahie de peurs, aucune voix intuitive ne trouvait sa voie jusqu'à moi, je n'entendais donc que mon silence paniqué. J'ai donc eu l'idée géniale d'avoir recours à la libraire. Celle-ci, plus ou moins ferrée en BD, patauge autant que moi dans cette mer de couvertures colorées. Nous étions chez Raffin de la rue St-Hubert, une librairie que nous aimons beaucoup, d'autant plus que le libraire en charge des BDs est vraiment un amateur et fait donc des achats alléchants. Alors, j'ose demander s'il est là. Elle pense qu'il est là mais pense aussi qu'il est occupé. D'accord. On continue d'essayer de se débrouiller sans lui, le temps file, elle me fait des propositions que j'essaie de regarder avec les yeux de Marsi ; est-ce qu'il aimerait la ligne de ce dessinateur ? C'est surtout le dessin que j'essaie de jauger, l'histoire, c'est plus difficile sans connaître les réputations. Et je ne connais pas les réputations ... Ô secours, la réalité me rattrape, je ne connais pas les réputations et j'ai un rendez-vous avec Marsi et de plus en plus peur d'arriver bredouille, ma dernière chance d'acheter cette BD en son absence avant Noël ! Je demande si par hasard le gérant ne se serait pas tout à coup libéré depuis le temps que l'on cherche. Comme la libraire commence à se sentir dépassée par mes exigences de conjointe d'illustrateur, et comme elle est extrêmement gentille, elle va quérir mon sauveur que je vois descendre lentement les escaliers, un peu confus d'être requis pour une « urgence » cadeau !! Quand il m'aperçoit, on se reconnait, très chaleureux, il replace le client « mon cher bédéiste », m'amenant même voir 5 exemplaires de Miam miam fléau.

En tant que fervent amateur, il commence par énumérer certaines propositions parmi les nouveautés, m'en parlant tout en les feuilletant, m'indiquant certains gags, les riant encore. Il me semble que Marsi est moins "gag" que longue histoire d'un trait et surtout, je ne reconnais pas ses maisons d'éditions préférées. Soudain, un éclair de génie le traverse et il m'entraîne vers un album BD en noir et blanc ... qui n'est pas là où il devrait être. Nous accourons vers St-Antoine, le patron des livres perdues, je parle bien sûr de l'ordinateur, la machine maintenant indispensable à tout libraire qui respecte la loi des déplacements mystérieux des livres. St-Antoine nous annonce que l'album est dans le magasin... mais OÙ ?! Encouragé par le fait qu'il existe entre ses murs, le libraire finit par le dégager d'une pile couchée sur une table à roulettes, le lève comme un trophée, puis le penche un peu vers moi (c'est dire combien il est grand !) ; couverture matte, dessin sophistiqué mais sobre, je lis Futoropolis, «Le fils de l'ogre », Grégory Mardon. Il déborde d'enthousiasme, l'histoire est dramatique et noire, mais extrêmement forte. Est-ce parce que j'avais l'air sceptique ou c'est plus fort que lui, il me raconte l'histoire et je deviens sûre d'au moins une chose : je ne la lirai jamais! Mais Marsi, lui ? Après voir jeté un coup d'œil aux aiguilles de ma montre, je décide que oui, définitivement, Marsi aimera ! Je me mets en ligne pour passer à la caisse, toujours aux côtés du libraire qui continue à le feuilletter revivant l'histoire un sourire satisfait sur les lèvres. Il me la remet, heureux, fier de son choix, marmonnant un « S'il y a le moindre problème ...>

Je n'ai pas compris la balance de la phrase qui s'est perdue dans le creux de mon oreille mais j'imagine que c'était que nous pouvions l'échanger, que la satisfaction en cet album était garantie.

Eh bien, ce n'est pas tombé dans l'oreille d'une sourde ; parce que nous avons retourné l'album ce vendredi.

Marsi l'avait !

Et c'est ce même libraire qui le lui avait chaudement recommandé !!

Crédit de la photo de la librairie Raffin : www.les2val.blogspot.com

 


lundi 04 janvier 2010

Je me permets le bonheur

Par Venise

Après avoir fait bombance, s'être réjouis dans la surabondance (dans l'inconscience ?), dans son billet, IvanLeTerrible pose cette question : comment peut-on être heureux en égard à la misère dans le tiers du monde ?  Hier, un peu pressé, j'y ai laissé tomber ce commentaire : « Justement, si je ne me le permettais pas en ayant tout, ce serait un affront ». Yvan n'est pas du tout d'accord, malgré son rajout « à chacun son bonheur » J'ai commencé par rédiger ma réplique directement mais comme elle n'en finissait pas de s'allonger, je me suis dit, même si je m'appelle Venise, ce n'est pas une raison pour inonder son espace virtuel, alors voici :

Quand on aborde le sujet du bonheur, on entre dans des convictions intimes qui peuvent même frayer avec de nos croyances, que je considère parmi les sujets délicats de la Vie, pourquoi alors ne m'ai-je pas tout simplement tu ? J'ai de la difficulté à ne pas réagir à la rébellion systématique face au bonheur, souvent confondu avec l'absence de conscience. J'ai l'impression, par les temps qui courent, que la recette est celle-ci : « amusez-vous, distrayez-vous, en autant qu'après, vous vous sentiez coupable et que vous ne vous dites pas, ô calamité, heureux ». Pour continuer à jouir de nos privilèges, le prix à payer serait de se sentir coupable. Ce réflexe a un goût de judéo-chrétien qui ne me correspond plus.

Peut-être parce que pour moi le bonheur est un état d'esprit qui ne vient pas nécessairement après avoir bien bu, bien mangé, m'être bien amusé, que ce « Temps des fêtes » ne rime pas nécessairement avec « on s'étourdit pour oublier pendant deux semaines combien la Vie est dure». Même pendant le Temps des fêtes, je tends, avec toutes mes limites d'être humain, à rester ouverte, à rester consciente. Mon état d'être humain ne prend pas congé, lui. Même dans le Temps des fêtes, les occasions sont offertes d'écouter l'autre qui peine à se trouver un travail, ou qui s'empêtre dans ses limites, qui se débat avec la vie, de m'impliquer malgré ma fatigue pour m'ouvrir à ce que l'autre vit. Les rencontres des Fêtes donnent l'occasion d'arrêter de tourner en rond autour de ses problèmes, je ne sous-estime pas le bienfait de la distraction, parfois le seul recul à la portée pour se sortir momentanément de cercles vicieux et ainsi arriver à voir plus clair dans nos vies. De même qu'une occasion de s'offrir un regain d'énergie par la chaleur humaine dégagée par son entourage.

Pour moi, la conscience commence par celle à son entourage immédiat. J'ai vu des cas de personnes délaisser leur famille, les laisser pourrir dans leurs problèmes pour aller se dévouer à de grandes Causes. C'est un non-sens pour ma conscience qui me pousse à commencer par offrir le bien-être à ceux que j'aime ou qui m'entoure (déjà qu'il y a énormément à faire !). J'ai utilisé le mot « bien-être » j'évite le mot « bonheur », cet état honni (!) parce qu'à mon avis le bonheur ne s'offre pas au même titre que le bien-être. Il ne se partage même pas, on en échange les symptômes tout au plus. C'est un état d'esprit intime assez souvent fondé sur des croyances. On peut offrir à une personne le bien-être : un toit, de la nourriture, un travail décent, de l'amour même, et il peut continuer à être malheureux. De l'argent, ça se transfère d'un compte bancaire à un autre, la joie se transfère aussi, elle peut même être contagieuse mais elle est momentanée "Joyeux temps des fêtes !" ... mais qui est joyeux n'est pas nécessairement heureux.

Prenez un enfant, on le laisse être heureux, on l'y encourage même. S'il n'apprécie pas le bien-être que ses parents lui offrent à force de travail et de générosité, on lui dit : Pourquoi n'apprécies-tu pas ce que l'on te donne ? Nos enfants en bas âge partent du même pied, ils ne connaissent pas les mauvaises conditions de vie du tiers monde, pourtant certains enfants apprécient leur bien-être et ils y répondent en étant heureux. D'autres n'apprécient pas ce qu'ils ont et réclament toujours plus plus et plus et ne semblent jamais heureux. Avouons que l'on est naturellement plus admiratif devant l'enfant heureux qui apprécie ce qu'on lui donne. Pourquoi à partir du moment où il est adulte cet enfant au naturel heureux, appréciant ce qu'on lui donne, devrait se sentir malheureux par égard pour ceux qui ne le sont pas ?

C'est vrai que lorsqu'on atteint l'âge adulte, on devrait être conscient de l'autre, qu'il soit son voisin, son frère ou un Bengalais. Une bonne manière de réaliser que d'autres souffrent est pour moi d'apprécier ce que j'ai ici, sur ce continent où l'on est extrêmement privilégié. Je ne m'empêcherai pas d'être heureuse - et de le dire ! - en buvant mon verre d'eau d'un robinet qui coule à flot, d'apprécier ce don de la planète Terre-Mère juste parce que je suis née au bon endroit au bon moment. Je reste d'ailleurs convaincue que des personnes qui ne disposent même pas de l'essentiel arrivent à être plus heureux que certains qui vivent et consomment de l'abondance dans notre deux-tiers monde.

Pour moi, bonheur et conscience sont des états conciliables. Être heureux ne veut pas nécessairement dire que la Terre tourne autour de son nombril. Je ne suis pas toujours joyeuse, bien sûr, mais je suis une personne heureuse et fière de l'être car être heureuse me permet de puiser en moi pour donner, répandre, rester ouverte.


lundi 21 décembre 2009

Le virus du plaisir court

Par Venise

Line Rouge et helenablue m'en font voir de toutes les couleurs ! Tout d'abord, Line Rouge me l'a transmise et la tague est pareil aux virus, on ne le réalise pas tout de suite, il incube à notre insu. J'ai de nouveau attrapé cette tague d'helenablue qui n'éprouve aucune honte à s'offrir ce plaisir. Et comme je ne résiste à aucun virus surtout de personnes toutes deux aussi créatives que généreuses  ...

Un plaisir des yeux? Les bras dodus, les pieds potelés d’un bébé et son regard rond qui ne connaît pas la malice.


Un plaisir que l'on partage? Une piscine quand y fait chaud, une patinoire quand y fait froid.


Un plaisir d'enfance? Des bonbons forts dénichés dans le tiroir du mini bureau que ma mère m’avait acheté pour que je l’imite en femme d’affaires


Un plaisir odorant? Le café avant de le boire.


Un plaisir égoïste? Vivre dans une montagne dans une belle maison.


Un plaisir de l'oreille? Le chant du ruisseau


Un plaisir charnel? Un massage de la tête aux pieds


Un plaisir inconnu? S’il m’est inconnu, vais-je le classer dans un plaisir ? Je modifie pour plaisir de l’inconnu.


Un plaisir du goût? Chocolat au lait onctueux quand j’arrive à le faire fondre sur ma langue, au lieu de le croquer.


Un plaisir anachronique? Écrire sur du papier à glisser dans une enveloppe pour expédier via un facteur qui peut glisser ou se faire mordre par un chien.


Un plaisir qui ne coûte rien?  Distribuer des sourires pour aucune raison.


Un plaisir honteux? Un voyage en croisière quand une famille « ami » n’a pas d’argent pour payer son hypothèque.


Un plaisir hors de prix? Les massages au Spa d’Eastman !


Un plaisir défendu? Ne manger que des aliments riches en glucides, ce que je serais parfaitement capable de faire. 


Un plaisir surestimé? Être puissant et riche.


Un plaisir à venir? Voir Venise et ne pas mourir.

 

Comme helenablue a tagué la Terre entière ;-), je laisserais le virus du plaisir se répandre dans nos familles.


samedi 19 décembre 2009

Émus par les enfants

Par Venise

Oh là là... je viens de voir que ma dernière chronique date du 9 décembre ! Pourtant, j’ai l’impression que la Babillarde que je suis parle beaucoup. C’est fou quand même, je me suis offert cette tribune en me disant, je vais me laisser aller à jacasser de plein gré, sans trop me soucier du contenant, allant droit au contenu, et puis voilà que plus souvent qu’autrement, je fais « Silence » (les conteurs chantent parfois le silence – Fred Pellerin). Je laisse la glace prendre et suis donc obligée à chaque fois de la casser à grands coups de plume. De plume de pigeonne.

Si j’écrivais plus souvent, je n’aurais pas l’impression de toujours parler de mon fier pigeon au beau plumage, Marsi. Encore une fois, de ma plume, je survolerai sa séance de dédicaces à la Librairie Imagine à Laval. Impossible de la passer sous silence, Marsi était trop heureux de rencontrer les enfants. Plusieurs se sont présentés, quatre se sont nommés : Victor, Corinne, Étienne, Sabrina parmi les élèves de la classe de Pierre Greg, le grand explorateur BD de la Lucarne à Luneau. Ça veut dire que ces 4 jeunes d’une dizaine d’années ont sollicité leurs parents pour absolument venir chercher leur album, voir le bédéiste à l’œuvre pour une dédicace personnelle. Pourtant, ils l’ont lu puisqu’il y en a un ou deux exemplaires dans leur classe et ils avaient aussi reçu une mini dédicace sur leur carte de membre bibitte. Le cœur de Marsi était touché qu’ils soient venus expressément pour lui, les enfants l’émeuvent beaucoup.

Pendant que Marsi dessine, moi je parle, et je ne nous verrais pas vraiment changer de rôle ... À un moment donné, une dame m’a demandé de résumer l’histoire, elle voulait être certaine que ça plairait à son fils de 11 ans. J’ai commencé à la résumer, devant Corinne qui attendait sa dédicace, je me sentais attentivement écoutée, presqu’épiée, et tout à coup j’ai eu l’impression de lui voler son histoire, à son nez et à sa barbe. C’était évident qu’elle ne l’avait pas vécue de la même manière que moi, je me suis arrêté en plein milieu et lui ai demandé si elle voulait la résumer. Elle voulait, ça se lisait dans ses yeux bleus, elle voulait même très fort, mais par où commencer et surtout trop de regards insistants la dévisageaient. Sa mère lui a proposé de la lui raconter à elle. L'idée était bonne. Le cou tordu vers la gauche, les yeux dans ceux de sa mère, le corps toujours vissé à la table, elle s’est lancé. Ça nous a ému de l’entendre. Nous avons réalisé plus que jamais qu’il y a autant d’histoires que de paires d’yeux qui la lisent.

Les enfants sont émouvants parce qu’ils n’ont aucune idée qu’ils nous émeuvent.

Je termine par un prix, pas le prix de la BD mais un Prix pour la BD : Miam miam fléau de Marsi vient de remporter un prix au   World Cookbook Awards 2009 dans la catégorie Best Cookbook Illustrations - Canada French!

====

Crédit de l'illustration ci-haut : http://lauredelattre.over-blog.com/25-index.html


mercredi 09 décembre 2009

Marsi au Salon du cadeau

Par Venise

Nous avons fait le Salon du Cadeau de Eastman, loué une table dans ce salon artisanal annuel. Nous ne savions pas du tout à quoi nous attendre, mais nous tenions à présenter « Miam miam Fléau ». Ça a été au-delà de toutes nos espérances. Marsi qui pensait se reposer, ou prendre de l’avance dans certaines dédicaces d’albums déjà vendus, n’a pas arrêté de la fin de semaine. Et ce n’est même pas une manière de parler ! Croyez-le ou non, j’ai dû lui faire manger son sandwiche ! J’avais même peur qu’il me mange les doigts tellement il était affamé. Il était autour de 15 h faut dire avec seulement quelques bricoles dans l’estomac, réveil trop tardif pour déjeuner avant de partir. Pauvre lui, il n’a jamais eu le temps de se lever et d’aller faire la tournée des autres tables. Une artisane le taquinait, il devait être assis sur de la « crasy-glue ».

C’est sûr qu’il n’a pas perdu son habitude de gâter ses lecteurs en leur offrant une dédicace élaborée. D’ailleurs, c’était le côté « artisanal » du Salon que cette dédicace sur commande et personnalisée. Paraîtrait-il que les gens entraient dans le resto tout à côté « Les 3 grâces », chacun s’exclamant sur sa dédicace, c’est la patronne qui est venue nous le dire en personne.

J’ai eu l’occasion de réaliser jusqu’à quel point Marc a une mémoire visuelle impressionnante. Un moment donné, une jeune femme se présente devant nous, il lui déclare avec aplomb : « Je vous connais ! » Il la regardait avec un sourire en coin, tandis qu’elle cherchait, se sentait un peu mal de ne pas le reconnaître, continuant à scanner chaque cellule de son cerveau, histoire d’y repérer la bonne tranche de vie. Finalement, ils avaient étudiés ensemble, en graphisme au cegep de Sherbrooke voici 25 ans. Belle retrouvaille, elle habite maintenant Eastman. C’est pour dire !

Je ne suis pas certaine que l’on ait fait beaucoup de profit à la quantité d’objets que j’ai achetés ! Un salon du cadeau, c’est aussi un échange de cadeaux entre artisans. Je ne signifie pas par là que nous sommes restés entre artisans, j’ai été impressionné par l’achalandage. Les gens entraient régulièrement, nous étions la première table en face de la porte d’entrée, très chanceux, je vous dis. Une ambiance remplie de joie et de sérénité. Amenez-en des Salons comme ça ! D’autant plus qu’on y a vendu encore plus que dans un Salon du livre. Moins de concurrence faut dire !

Prochaine étape de dédicace pour Marsi :

La Librairie Imagine, 351 boul. Samson, Laval (450-689-4624) - Localisation en cliquant ici.
Ce samedi – 12 décembre  -  DE 13 h 30 à 16 h 00

Parfait pour un cadeau de Noël personnalisé pour un jeune. Difficile cependant de lui faire croire que c’est le Père Noël qui l’a dédicacé ! (de toutes manières, il n’a sûrement pas autant de talent que Marsi !). Mais comme il s’adresse à 9 ans et plus, pour cet âge, le Père Noël est un papa qui a chaud sans son ensemble rouge et blanc et qui en profite pour se gaver de biscuits en embrassant la reine du foyer :-) ...


dimanche 29 novembre 2009

Dans la ville du livre ou Marsi au Salon

Par Venise

Je n’aurais pas dû attendre si longtemps avant de l’écrire celle-là. Je voulais vous parler de l’expérience de Marsi à son premier Salon du livre de Montréal et j’ai l’impression que la chaleur des émotions a un peu tiédie. L’événement date pourtant d’une semaine seulement mais quand il s’agit d’émotions, on a souvent l’impression qu’elles se font tasser rapidement par les fraîches. Veux ou veux pas, c’est émotif s’exposer dans un Salon pour un auteur peu connu. S’exposer au regard ... ou non. S’exposer au regard aveugle de l’indifférence, y a rien de pire pour un artiste. À côté des auteurs courus, ça peut quasiment frôler la sensation d’échec, ou même de rejet.

Je me regarde aller et j’ai l’air de vous préparer à une catastrophe. Cela n’est pourtant pas le cas. Du tout. Marsi a eu des visiteurs et des acheteurs. Il s’en fallait de peu pour occuper trois heures de séances de dédicaces divisées en deux jours, en tenant compte qu'il y consacre environ 15 minutes chacune. Le samedi, la première journée, il était content de s’asseoir, il trouvait enfin une place juste pour lui dans cet effervescent pays du livre. On a qu’à s’imaginer des centaines de librairies dans une ville, il y en aurait à toutes les rues, à tous les coins de rues, dans toutes les ruelles, les parcs. Pour qui adore les livres, c’est presque trop. C’est un des plus grands plaisirs de Marc dans la vie ; fréquenter une librairie. À hauteur d’homme. Dans un Salon, je le vois un peu dépassé, comme si ses yeux ne pouvaient tout englober, ni sa tête, il baisse les bras et se demande où diriger ses pieds (remarquez que je viens de faire le tour de son anatomie!). Trop, c’est comme pas assez. Je l’ai dit au Passe-Mot, pour jouir d’un Salon, il faut partir avec des buts définis, un itinéraire, un schéma du Salon, tout en sachant s’ouvrir aux imprévus. Avec le même état d’esprit qu’en voyage.

Aussitôt assis derrière sa petite table en mélamine blanche avec en arrière plan un alléchant éventail de publications de La Pastèque (des gros titres et de gros noms !), il m’a dit ressentir un soulagement ; je vais me reposer. Il n’était donc pas trop nerveux. Il portait son T-shirt avec les personnages de Miam miam fléau choisis et imprimés méticuleusement par un ami, par contre, il avait enfilé une chemise à manches longues rouge bourgogne le recouvrant complètement ! Tout le portrait de mon chum, on se montre, mais on ne s’expose pas. Et surtout, on insiste d’aucune façon. D'ailleurs, une fois que tout le monde sait que je suis sa conjointe, avec un sourire en coin, il me présente comme son attachée de presse. C’est sûr que se mettre à son avantage soi-même, certains vont jusqu’à dire, se vendre, ce n’est pas évident. Ça le frappe de m’entendre le vanter et porter avec enthousiasme le meilleur de sa BD, louant sa démarche de perfectionniste.

Donc, le samedi s’est déroulé quasiment à la perfection avec l’arrivée régulière d’une personne à la fois. Marc ne se souvient plus si cela a été 4 ou 5 (je n’ai pas compté puisque je l’ai quitté pour aller butiner). Quand je suis revenue, il n’avait pas terminé sa dernière, il a dû laisser sa place aux bédéistes, auteurs de Red Ketchup et continuer sa dédicace près de la caisse. Quand un des éditeurs retire ton nom au-dessus de ta tête et qu’il y a déjà une file pour le prochain ... ça remet l’égo d’aplomb ! La même situation s’est présentée dimanche, la file a commencé encore plus tôt, attendant le père des Paul, Michel Rabagliati.

Le dimanche a commencé plus durement, il était un peu plus inquiet : qui va venir ? Et tout à coup, c’est personne ?! Il avait conscience que la chose était possible. D’ailleurs, la première demi-heure, cela a été le cas. Une demi-heure longue. Longue et riche en émotions. Alors imaginez la reconnaissance devant le premier qui a décidé d'acheter Miam miam parce que l’auteur était présent, il a même fait dire dans la dédicace un gros MERCI à un de ses personnages ! 

J’ai maintenant plus conscience que jamais que le Salon du livre est une leçon d’humilité pour les auteurs à leur début et même, malheureusement, pour certains moins populaires même après plusieurs publications. Ça aide d’être connu avant d’être publié !!!

Il faut être fait fort et aimer ce que l’on fait pour revenir à la maison et continuer son travail, si ce n’est dans la célébrité avec célérité, et mon Marsi est fait très, très fort. Et je suis certaine qu’un jour, quand on découvrira toutes les facettes de son immense talent, parce que Miam miam fléau n'est qu'un aperçu de ses milles possibilités, on ne pourra plus dire que c’est parce que je suis son ange blond que je l’affirme sans l’ombre d’un doute.


mardi 17 novembre 2009

Pigeon impossible

Par Venise

pigeonimpossibleJ’ai pris une pause Kit Kat en compagnie de Patrick Lagacé - sur son blogue - et je me suis bien amusée. Ce qu’il appelle la pause Kit-Kat, ce sont des vidéos qu’il nous envoie de temps en temps pour se distraire de l’actualité. Ça se prend bien, et aujourd’hui, encore mieux !

Je devais absolument ramener cette superbe vidéo dans notre nid de drôle de pigeons. Évidemment que le stylet de Marsi s’est suspendu au-dessus de sa tablette graphique pour reluquer « Pigeon impossible ». Regardez-la, vous n’arriverez pas au bout de vos surprises ! Vous n’en reviendrez pas de tout ce qu’un bon dessinateur et un bon pigeon à quotient intellectuel nettement au-dessus de la moyenne peut faire. Vous m’en donnerez des nouvelles ! Je la laisse en lien, trop peur que l’écran bousille la mise en forme avec la vidéo directement ici.

Je ne suis pas juste pour vous dire ça ?! Quand même, c’est une babillarde ici, il faut s’épivarder. Qu’ai-je tant à rajouter que j’ignore moi-même ? Euh ... ce qui me vient à l’esprit, juste ça mais tout ça : que l’on est donc bien en santé, quand l’énergie revient et que les journées de sont pas des montagnes à grimper sans équipement, un éléphant sur le dos !

Et puis, le Salon du livre de Montréal s’en vient. Je pétille de hâte. J’ai décidément tant d’auteurs à ras le plancher à visiter (hauteur, plancher ... vous me suivez ?). J’espère que je ne serai pas trop étourdie. C’est ce qui m’est arrivé l’an passé. Je me suis immobilisée en plein milieu d’une allée, en état de légère panique. Comme un papillon figé dans un champ où il y a trop de fleurs, qui ne sait pas où se déposer, ni quel nectar aspirer.

Je vais laisser Marc derrière son kiosque (samedi, 17 h à 18 h 30 et dimanche 13 h 30 à 15 h) , est-ce une bonne idée, je vais peut-être manquer des rencontres pour d’autres rencontres ?  De beaux dilemmes. Et j’imagine qu’à ma prochaine Babillarde, je ne saurais pas comment tout vous raconter.

Ah oui, j’oubliais presque ; vous allez peut-être voir Marsi à Tivi. Je dis Marsi, ce serait plutôt Marc Simard. Il a passé une première audition téléphonique pour le quiz Pyramide (Radio-Canada - 17 h ), il en passe une autre le 3 décembre. Il a bien des chances. En sport.


mercredi 11 novembre 2009

Des nouvelles presque fraiches

Par Venise

virus_143Une idée folle comme ça, j’ai donné à ce billet "presque" que le même titre qu’à mon billet d’aujourd’hui au Passe-Mot. Une idée folichonne ou un clin d’œil, je vous laisse le choix. Les nouvelles s’y étendront moins vastement, se tiendront près de nos petites personnes. Les allergiques aux nombrilistes, vous êtes avertis. Allergiques au mot « grippe », déguerpissez. Vite ...vite, c’est votre dernière chance !

La grippe a sévi en la demeure. Occupation à temps plein qui devient, à notre grand soulagement, du temps partiel. J’ajoute que l’on a toujours (ou presque !) conservé espoir que cette occupation reste temporaire. C’est qu’à tousser et à se creuser le lobe caverneux, à en voir des étoiles, bleues, les miennes étaient bleues, tu en viens à te demander si tu ne vas pas grimper au firmament ...sans jet super sonique. Ça fait un peu peur, disons. Pourtant, ce n’est certainement pas l’infirmière 811 qui te met  dans cet état de panique, pour elle « vous êtes deux gros rhumes d’homme ». On a pu les hommes qu’on avait ! Elle fréquente des hercules, c’est sûr ! À sa peut-être millième postulante à l’AH1N1, elle ne se fait pas rassurante mais catégorique, sans sensation de camion qui te passe sur le corps, sans l’alitement, sans la jambe flageolante au moins 3 jours, c’est un rhume, tenez-vous le pour diagnostiqué. Alors tu prends ton diagnostic téléphonique, toi qui ne veux surtout pas aller contaminer ou te faire contaminer dans une salle dense et chaude de cas. De toutes manières, on vous serine que si vous n’êtes pas en détresse respiratoire, vous restez chez vous. En détresse tout court ? Vous restez chez vous. 

Je vous fais donc part de la matière qui a le plus occupé notre intellect ces derniers jours, pour ne pas dire ces dernières semaines : avons-nous le virus au code postal, ou non ? Ça dépendait des heures. Des conversations. Des nouvelles fraiches. Des éditoriaux. Des blogues. Mais surtout des toux. Et des étoiles bleues.

Nous sommes passés à travers puisque je suis là à vous en parler sans être rouge comme une tomate mûre. Il m’en reste un genre de souvenir (c’est le 11-11 après tout), une gentille et persistante sinusite harcelée par une substance chimique produite par des micro-organismes, à la pharmacie, ils appellent ça des antibiotiques. J’ai donc dû me résoudre à affronter le A(H1N1) en dehors de mes murs (il est bien plus apeurant !), en me présentant à la clinique avec mon « gros rhume d’homme». J’ai dit que je toussais et avais eu la fièvre, ce sont les mots de passe pour obtenir un masque, on m’a guidé vers une section à part, derrière une frontière de plantes domestiques faisant un effort pathétique de frontière. Je me suis assise sur une chaise de tissu poreux, parfait pour garder captif les virus. Je les voyais grouiller sur les revues, les murs, les planchers, ils flottaient dans l’air, je les attrapais de mon imagination grouillante. Je suis restée assise, esseulée, trois heures. Aucun autre pestiféré n’est venu accompagner mon imagination grouillante. Et les enfants, les enfants, il y en avait des tonnes, on aurait dit une cour de récréation pleine oubliée par des professeurs. Des enfants qui s’ennuyaient à s’ennuyer, eh bien ces dits et petits enfants ne m’ont jamais regardé comme une pestiférée. Je les en ais remercié du fond de mon regard. Les adultes ? Non plus. Pas un adulte ne m’a regardé de travers, moi et mon masque en arrière de ma rangée de plantes. C’est là que j’ai réalisé, plus qu’à la télévision, plus qu’à la radio, plus que dans les journaux, qu’il y avait une pandémie. Que le virus était véritablement entré dans les chambres, que chaque personne connaissait une personne qui connaissait quelqu’un qui connaissait un atteint.

Ça humanise les pandémies. En autant que l’on se prenne pas pour une vedette.


dimanche 01 novembre 2009

Futurs bédéistes, bonjour !

Par Venise

pupitre_109Il faut savoir tenir ses promesses (si vous me lisez jusqu'au bout, j'ai une annonce à vous faire :-)). Et je réfléchis à la possibilité de faire la promesse de ne plus en faire ! J’ai promis des impressions sur Marsi en visite au primaire et voilà qu’après le super billet de Pierre-Greg, je me demande : qu’ai-je tant à dire de plus de mon côté, qui est en fait celui de Marsi ? C’est que l’auteur de Miam miam fléau n’est pas très loquace, et c’est à moi de vous le dire car, lui, n’étant pas loquace, ne le dira certainement pas !

Il est revenu vers 20 h 00 (trajet ralenti par une première neige) et malgré une journée harassante, je l’ai vu arriver heureux, serein, satisfait. Fatigué ? Pas trop. Pas autant que je m’y attendais en tout cas. Il vivait sur sa lancée - vous savez comment la satisfaction d’une mission accomplie peut être source d’énergie – mais le lendemain, par contre, la fatigue l’a rattrapé. Et le surlendemain, rhume carabiné. Mitraillette des éternuements, risquant la tendinite du coude ! Entre deux éternuements, j’essayais d’en savoir plus long que les quelques phrases prises sur le vif du retour.

Avant de vous relater ce que j’en sais, je vous demande de ne pas entendre les mots seulement, rajoutez-y des yeux allumés, entendez une voix au trémolo chaud et enregistrez un ton passionné. C'est de cette manière qu'il m'a transmis toute l'information que je tiens. C'est révélateur du combien il les a aimés instantanément, ces galopins bavards. Il a certes trouvé que ça remuait beaucoup et que ça parlait en saperlipopette des enfants d’une dizaine d’années. Il a été étonné de la pertinence de leurs questions et de leurs remarques. Il en a conclu que ces jeunes sont beaux et allumés.

La première classe qu’il a visitée est celle de Pierre-Greg. N’oublions pas que c’était la première fois de toute sa vie qu’il se voyait planté devant 26 minois qui attendaient tout de lui ! Au début, il se sentait un peu nerveux, mais pas très longtemps. Il s’est vite aperçu qu'avec le support très engagné du prof, qui utilise des trucs efficaces pour faire régner l’ordre (de trucs de l’ordre du jeu, on reconnaît là, notre PG !), que la classe est si bien tenue, qu’il ne lui restait qu’à vivre le meilleur. Son sens de l’observation à l’affût, aussitôt qu’il voyait certaines attentions se dérober, il tâchait d’en remettre dans son discours. J’avoue que j’aurais bien aimé voir Marsi mettre le paquet ! Après l’exposé du bédéiste, décrivant les étapes dans la conception de l'album, avec document à l’appui remis à chaque élève, PG et Marsi sont passés à des exercices pour stimuler l’imagination. Ils invitaient chacun à inventer une onomatopée de leur cru et ensuite dessiner un objet ou un personnage, et il s’est spontanément rajouté d'associer le dessin avec l’onomatopée inventée. Cet exercice a été une vraie partie de plaisir et la participation à son comble.

L’heure des dédicaces a vite sonné. Marsi n’a pas trouvé la tâche astreignante, il l’a plutôt vécue comme une manière de prendre contact avec chacun. Il les appelait un à un par ordre alphabétique, certains continuaient à lui parler pendant qu’il dessinait, d’autres s’exclamaient d’une manière très comique, d’autres bavardaient comme des pies. Comme PG l’a mentionné, chaque enfant choisissait sur sa carte de membre « Bibitte » celle qu’il voulait que Marsi lui dessine. C’est l’araignée qui a gagné le vote populaire, suivi ex aequo de la mouche et luciole, ensuite du bourdon, tandis que l’escargot fut bon dernier. À partir du moment qu’un enfant a demandé 8 yeux à son araignée, les autres se sont commandés une araignée à 2, 3, 6 yeux, ce qui a grandement favorisé le vedettariat de miss l’arachnide.

À la classe de l’après-midi, avec le professeure Marie-France, les élèves ont eu droit à un Marsi réchauffé qui a pris grand soin d’entretenir un ton dynamique dans son exposé. Beaucoup d’effervescence et de questions, un bel échange et ceci, même s’il ne connaissait pas le professeur, ce qui rassure grandement Marsi pour les expériences à venir. 

Je lui ai demandé s’il y a quelque chose qui l’a surpris. Il m’a avoué avoir été un peu désarçonné par les questions directes sur combien ça rapportait, en argent (!), d’être bédéiste ! Malgré la réponse de Marsi faisant entrevoir que la fortune est loin d’être garantie, non passionnés s’abstenir, à la fin de la session, la moitié de la classe voulait devenir bédéiste !!!

miam_miam_130_01

Promesse tenue, j’ai une annonce qui nous a surpris par son côté assez inattendu, Miam miam fléau est en lice pour Gourmand World Cookbook Awards. S’il gagne, l’album de Marsi représenterait le Canada pour ce concours international autour des livres de bouffe. Première étape ; résultat en décembre 2009.


samedi 24 octobre 2009

Le Salon de la solidarité

Par Venise

marc-mascotte1_240Je finis par avoir un peu honte de laisser ma Babillarde dans le silence. Pourtant, à chaque jour, je me dis « c’est aujourd’hui que j’écris » et puis, la vie emporte le temps ailleurs où je ne suis pas ! Ce soir, même si le temps a idée de se montrer le bout du minuit bientôt, coûte que coûte, je me lance en vrac et contre tous.

Par où commencer ? Vedettariat oblige, par l’entrevue télévisuelle « Sortir » à Radio-Canada/Estrie. Quand nous sommes arrivés au Salon du livre étaient déjà présents « Patrick Nicol, Lili Maxime et Mylène Gilbert-Dumas ». Ces trois romanciers de l’Estrie venaient d’apprendre qu’ils passeraient une entrevue à trois avec environ une minute et demi chacun pour défendre leur bébé ! Je n’arrivais pas à déterminer si c’était la frustration ou l’inquiétude que je voyais flotter dans l’air. Marsi se sentait un peu à part puisqu’on lui accordait, disait-on, trois minutes d’entrevue, en calculant la présentation du matériel visuel qu’un caméraman (extrêmement gentil) avait rapporté d'un filmage du coin de travail de Marsi ici. Finalement, l’entrevue s’est bien déroulée mais à la vitesse « Coupez ! ». L’animatrice souriait à belles dents, Marsi répétait ad nauseam les mots « bande dessinée », très concentré et la figure un peu crispée.

Savez-vous ce que nous avons fait en arrivant à la maison ? Regarder l’entrevue que nous avions enregistrée. J’avais hâte de l’entendre, moi qui avait vu Marc mimer de loin. Faut croire que notre regard était sévère, nous nous sommes couchés déçus ! Heureusement, le lendemain, les commentaires positifs, encourageants et surpris de notre manque enthousiasme nous ont remis sur le piton. Quelques jours plus tard, nous avons eu le courage de le re-visionner et ce n’était pas si pire finalement. La voix chaude et attractive de Marc, son authenticité, sa bonté passait le feu des ondes. Morale de cette histoire ; ne jamais s’écouter quand on est fatigués et que les émotions sont à vif.

Le Salon du livre de l’Estrie maintenant ; une très belle expérience.  Nous imaginions le kiosque de l’Association des auteures et auteurs des Cantons de l’Est (AaaCe) plus grand, il était aussi petit que pour abriter un auteur et pourtant, nous étions environ une vingtaine d’œuvres exposées. Le bon côté ? Beaucoup d’échanges empreints de chaleur humaine. En plus d'y rencontrer des auteurs chaleureux et solidaires (désireux de nous connaître, nous achetant des albums), j’ai enfin rencontré Michèle Plomer, auteure de HKPQ, un de mes coups de cœur romanesque. Incroyable, cette femme est encore plus sympathique que je l’imaginais ... et j’ai pourtant beaucoup d’imagination !

À notre arrivée, une personne attendait en ligne pour sa dédicace, c’était nul autre que notre webmestre, Maxime, avec qui j’avais tant de jasette à rattraper. Deux vrais moulins à parole !

Quelques mots sur le Lancement collectif d’une trentaine d’œuvres littéraires en deux heures, le vendredi. Sur la scène, un feu roulant de présentations avec sur l’écran géant un gros plan de chaque livre, deux personnes lisaient résumé et bio en deux ou trois minutes, tout à côté l’auteur qui tenait son livre, souriait et recevait une fleur de la main de Suzanne Pouliot, animatrice et présidente. Malgré toutes ses contraintes de temps, j’ai trouvé l’exercice sympathique pour la passion et la fierté que j’ai vues sur chaque figure. C’était beau, qu’est-ce que vous voulez, c’est l’être humain qui fait la beauté des événements ! J’ai pris des photos mais je vous ne les montrerai pas et ne les montrerai jamais à personne ... puisqu’elles ont été effacées par erreur !

Aussitôt le vin d’honneur servi, Marsi a été approché par deux fanatiques de BD et il s’est conclu, là sous la fébrilité de passions qui se croisent, un rendez-vous pour le dimanche. Un futur bédéiste en plein travail désirait montrer ses planches à Marsi et savoir qu’est-ce qu’il en pensait et Francis Pelletier, déjà à son cinquième album publié à compte d’auteur désirait échanger.

Prochain Babillarde, je vous parlerai de Marsi au primaire ...

Sur la photo du dessus : Marsi se laissant flirter par sa voisine de Salon  ... Ça fait très « Halloween » !


lundi 12 octobre 2009

La grâce de la grâce

Par Venise

corne1_118Me semble que je fais pas mal dans le silencieux pour une babillarde !! Mais si vous saviez tout ce que j'écris et parle de mots dans une journée ! C'est bien seulement que je n'arrive pas à tout faire ces temps-ci. Je manque d'organisation. De discipline, pas trop, mais d'organisation, oui. L'organisation a pourtant d'excellents côtés, je ne le nie pas, mais fait aussi manquer de ces événements qui surgissent d'une manière tout à fait inattendue. Et c'est sans compter que je suis à m'emplir de la partie de l'automne avec ses flocons de feuilles. Ce temps court qui passe à la vitesse grand Vent. 

Aujourd'hui je m'arrête devant ma fenêtre, rectangle encadrant des arbres qui s'effeuillent progressivement, sans aucune pudeur. Ils s'en balancent que leurs squelettes grisâtres aux pointes acérées soient moins attrayants sans feuilles de feu.

L'Action de grâce est vraiment une belle fête. La fête de la reconnaissance, ce mot que j'aime tant. Ce mot qui n'est pas à sens unique. De reconnaître ce que l'on a dans la vie nous mène sur le chemin de la reconnaissance, au sens vrai du merci. Je suis en état de grâce devant ma vie qui me veut du bien. Pour tout ce que j'ai et j'aurai encore si ma relation avec la Vie et son V ouvert Vers le haut continue de s'enrichir. C'est fou, je dis spontanément vers le haut. On ne se sort pas de ces empreintes d'images laissées sur nos cerveaux, impossible de penser, ou si on le fait c'est une seconde seulement, que le meilleur à venir vienne du bas. Ça vient du haut. Du ciel. La manne tomberait du ciel mais quand on y pense, la manne vient aussi des entrailles de la Terre. C'est elle qui nous nourrit grassement ... aujourd'hui, on pourrait même dire « grâce »ment. Grâce, un autre mot que j'aime. Pour sa gracieuseté, l'élégance d'une faveur : La grâce de la grâce.

Je manque vraiment d'organisation puisque avant de commencer à écrire ce mot, c'était de Marsi que je voulais vous entretenir mais, peut-être que derrière une méninge se cachait un « Encore parler de Marsi ? ». N'y aurait-il pas abus en la demeure ?! À peine. D'après moi bien sûr, puisque je ne me lasse pas de ce sujet :-). Mais je ne m'étendrais pas autant que prévu par mon opportunisme de vouloir saisir l'action de grâce à bras le corps du mot. Et de l'engraisser devant vous, le sortant de sa corne d'abondance. Bien sûr, que la reconnaissance de ce que l'on a nous mène directement à ceux qui n'ont pas grand-chose et, parfois, à peine leur dignité. Je leur offre mon état de reconnaissance car je les comprendrais de me lapider s'ils savaient que je ne reconnais même pas ma chance d'être né au bon endroit. La conscience du peu qu'ils ont me mène droit à ma conscience de ce que j'ai. Et de toutes manières, chacun à notre tour, nous réalisons un jour plus qu'un autre, qu'il y a et aura toujours quelqu'un qui aura plus que nous, et un qui aura moins que nous. Ainsi sont les règles du jeu sur Terre, règles qui ne nous ont pas été expliquées avant de commencer !

 


Chroniques précédentes Chroniques suivantes
Archives Le Passe-Mot de Venise Le Passe-Mot de Venise Passeraile Dans l'oeuf À la plume Roucouler Menu de Venise