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dimanche 27 juin 2010

La babillarde se réveille pour l'amour

Par Venise

J’ai été tagguée par Maxime, je me lance sur la grosse question à 100,000 piastres « «Qu'est-ce qui pour vous est signe d'amour? »

Elle est complexe en mozaille cette question, parce que pour moi, c’est l’histoire d’une vie d’expériences en couple dont je vais tenter de témoigner. L’amour dans un couple est le sujet qui m’a le plus accaparé dans la vie, le plus intéressé, et le plus bouleversé aussi. Le sujet me passionne, puisque pour moi, c’est une base, un tremplin. Quand je suis nourrie par ma vie de couple, je vais de l’avant.

Ça m’embêterait de répondre sans expliquer ma notion de l’amour. Mes expériences m’ont apprise à faire une nette distinction entre l’état amoureux et l’amour et, du coup, entre l’émotion et le sentiment. La distinction est capitale pour repérer les signes d’amour, puisque à mon avis, ça peut aller jusqu’à être amoureux d’une personne qu’on n’aime pas, et aimer une personne dont on n’est pas amoureux.

L’état amoureux se présente en force au début de la rencontre, c’est le moteur qui pousse vers l’autre, qui oblige à sortir de sa zone de confort, qui bouscule. C’est de la palpitation cardiaque sans faire de cardio ! C’est bouleversant, ça fournit une adrénaline formidable, c’est un carburant, ne serait-ce que parce que ça sort du quotidien, de la routine, de l’ennui aussi peut-être. On se sent vivre. Pour certains, au point que ça peut devenir difficile de s’en passer, et quand, inévitablement, cette émotion se tempère, ils pensent parfois qu’ils n’aiment plus l’autre. Il y a une confusion qui embrouille les signes et qui, d’après moi, est la cause de ô combien de séparations qui auraient pu être évitées !

Personnellement, je trouve l’émotion amoureuse beaucoup plus difficile à cerner, plus trouble, parce qu’emmêlée à ses propres ressorts émotifs. Une émotion intimement liée à soi. Tandis que l’amour est un mouvement hors de soi. L’émotion amoureuse dépend du confort que l’on a avec soi, tandis que l’amour part de l’intimité que l’on a avec soi, et dans quelle mesure on désire la partager avec l’autre.

Plus on a de l’autonomie affective (non carencé), moins l’émotion amoureuse est perturbante. Moins elle vient jouer dans nos «bébittes » personnelles, celles à la source de nos premières relations avec des personnes de qui l’on dépendait, souvent nos parents. Comment avons-nous été traités pendant que nous étions entièrement dépendants et, comment, surtout, l’avons-nous vécu ? Nous sommes faits du souvenir de ces failles affectives. Rares sont les personnes qui ont une maturité émotionnelle, jeune. La maturité, le mot le dit, grandit avec les expériences, et les expériences exigent du temps. Une personne peut vivre des enfilades d’expériences et ne pas prendre de maturité, ça dépend si elle ouvre sa conscience. Moi, à 20 ans, j’avais très peu de maturité affective, j’étais une dépendante. Je suis partie du presque zéro pour aller vers deux premiers maris. J’y suis allée, pas pour des raisons de partage, mais plus pour des raisons de « gavage». J’avais besoin qu’on soit amoureux de moi, ne serait-ce que parce que je ne m’aimais pas. Pour combler le manque d’amour que je me portais. Ça fausse la donne. Je suis restée 13 ans avec une personne, parce qu’elle était extrêmement amoureuse de moi et comblait le manque d’amour que je me portais. Le plus paradoxal est que le fait que cette personne soit amoureuse de moi m’a aidé à développer de l’amour vis-à-vis moi, donc de l’autonomie affective, et en développant cet amour vis-à-vis moi, j’ai eu de moins en moins besoin de son émotion amoureuse. Je m’en suis finalement libérée puisque je n’avais pas su choisir, à travers les brumes de l’élan amoureux, une personne avec qui il était possible de vivre une relation d’amour.

Je ne voudrais pas laisser croire qu’éprouver une émotion amoureuse, c’est négatif, loin de là. Je trouve juste important de la situer pour ne pas prendre des perles pour des saphirs, mettons. L’état amoureux ou l’amour a sa propre brillance, sa propriété, sa portée surtout. L’émotion, ça va et vient, mais ce n’est pas mauvais pour autant. L’émotion de joie est très positive, et c’est pourtant difficile dans la durée ; 20 heures consécutives de joie, c’est fatiguant ! L’émotion amoureuse apporte l’intensité, tandis que le sentiment d’amour apporte la durée. L’amour aime la constance, la stabilité basée sur la connaissance de l’autre.

Le mot est lâché « connaissance de l’autre ». J’en suis venue à la conclusion qu’on ne peut aimer une personne qu’on ne connait pas. Quand j’entends, après quelques jours d’une rencontre, « Je l’aime », je traduis par  "j’éprouve une forte émotion amoureuse, et j'éprouve un attrait pour développer le sentiment d’amour avec cette personne. L’émotion amoureuse fleurit dans la non-connaissance de l’autre puisqu’elle se nourrit de mystères, de projections, de voiles et de dévoilements. De transpositions de ses désirs aussi. La nature humaine est spontanément experte dans la projection de ses désirs sur « l’objet » de son émotion amoureuse. On adore se voir de telle manière dans les yeux de l’autre, qu’il admire telles qualités, telles forces, telle beauté, tel charme, et  tralala ... On devient amoureux de soi, à travers les yeux de l’autre. Bien entendu, c’est si plaisant que ça peut facilement créer une accoutumance, surtout si on ne s’aime pas, soi.

Si je l’avance c’est bien sûr parce que je l’ai expérimenté. J’étais une personne qui ne s’aimait pas. J’étais donc une proie idéale pour l’émotion amoureuse envahissante. J’ai rajouté « envahissante » parce que je ne rejette aucunement l’émotion amoureuse qui embaume une relation d’amour, c’est trop délicieux pour s’en passer ! Par contre, quand on développe de l’amour pour une personne – parce que je pense qu’il est à peu près temps que je parle de l’amour ! – l’émotion amoureuse se cultive. Cultiver est un geste volontaire. L’émotion amoureuse est moins spontanée qu’au début ; on a le choix de la cultiver ou pas, c’est la décision du couple.

Cependant, on peut être amoureux, ouverture large pour amorcer une relation d'amour avec quelqu’un, mais réaliser que le projet d’une relation sera impossible à vivre. Mais ça, c’est une autre histoire, et c’est l’histoire qui m’est arrivée avec le père de mes enfants que j’aime encore. Il y a la relation amoureuse, il y a l’amour, et il y a la relation, possible ou pas D’ailleurs, la relation, pourrait être un sujet de chronique à part entière.

L’amour, c’est simple, c’est si simple ! Je pense que tout le monde a déjà éprouvé l’amour de l’amitié ? L’amour dans un couple n’est pas tant différent que l’amour entre deux amis, en visant ceux avec qui on a énormément d’affinités. Ça se complique pour certaines règles, comme l’exclusivité. Pourquoi l’exclusivité ? Pour donner une chance au couple de survivre dans la jungle d’une quantité phénoménale de personnes intéressantes sur la Terre. C’est mettre toutes les chances de son côté, par choix, opter pour prendre le temps de cultiver, de tisser les liens. Si ce lien peut s’éclore, s’épanouir, resplendir, c’est étroitement lié à l’attention qu’on y accorde. La règle qui va suivre peut paraître banale, mais on a tous réalisé dans la vie, que là où l’on met de l’attention grandit et se développe vite ; que ça soit le travail, le sport, l’amitié, la culture générale, etc ...

Une fois le brouillard de l’émotion amoureuse dissipée, qui voit-on (moment charnière) ? Pour ne pas se réveiller brutalement, il est important de garder les yeux ouverts dès le départ ; l’être qui vous aimera est celui que vous voyez agir en général dans la vie. Il y a des personnes de qui on est amoureux mais avec qui on n’aura jamais d’affinités à moins qu’elles changent presque magiquement. Ou à moins qu’il arrive des coups dans la vie qui la fassent changer en profondeur, mais en profondeur veut dire avec du temps pour assimiler. La personne dont on est amoureuse qui, par exemple, dénigre sa famille, n’a pas d’initiative, est en révolte contre le système, est négligeant en amitié, c’est cette personne qui va vous aimer, une fois l’émotion amoureuse dissipée. Sous-entendre par là, d’éviter de penser qu’avec vous, c’est exceptionnel, et que ça ne se passera pas comme ça ! C’est l’émotion amoureuse qui fait penser ainsi. L’état amoureux intempestif suspend le temps, fait vivre entre parenthèse, avec l'offrande du meilleur de soi pour continuer à vivre cette émotion à laquelle on carbure. On n’est pas nécessairement à 100% qui on est, nos limites ne sautent pas aux yeux. Nous sommes les princes et les princesses ...

Quand on éprouve l’émotion amoureuse, simultanément l’amour commence à se développer, ou non, je veux dire cet amour que je prétends fait de la connaissance de l’autre. Comme l’amour amical. Qu’est-ce qui fait que vous êtes attaché à un ami très cher ? Tout ce que vous avez vécu avec cette personne.

Il arrive la question cruciale : l’amour va-t-il se développer sans l’émotion amoureuse permanente ? On n’est pas ami avec tout le monde et avec n’importe qui ! Est-ce que la personne qui est devant nous pourrait être le meilleur ami de la terre, avec qui on choisirait de vivre longtemps sur une ile déserte sans s’ennuyer ? Une personne qui nous alimente, nous stimule, avec laquelle on échange du passionnant ? Une personne qui nous donne autant qu’on lui donne ? Une personne qui désire notre bonheur et qui est prête à s’investir pour y arriver ? Une personne qui nous a à cœur plus que n’importe qui d’autre au monde ? Une personne à qui l’on peut tout dire parce qu’on y a confiance ? Une personne dans laquelle on reconnait des limites et qu’on les accepte ? Une personne à qui on ne demande pas de nous deviner mais qu’on aide à ce qu’elle nous connaisse mieux ? Une personne que l’on prend telle qu’elle mais qu’on aime voir évoluer, et qu’en étant juste soi-même on fait évoluer ? Une personne à qui l’on ne demande pas d’être constamment amoureuse de soi parce que c’est absolument impossible ? Une personne qu’on aime regarder vivre ? Une personne qu’on aime savoir vivante, même en notre absence, mais que la présence nous comble ? Une personne avec qui on est aussi confortable que si on était seule ? ... je pourrais continuer longtemps !

Cette personne est un complice de vie. La complicité se développe avec le temps et la confiance. Il est difficile d’avoir confiance à une personne que l’on vient juste de rencontrer. L’amour grandit avec les années, l’émotion amoureuse diminue avec les années (avec les mois même !), ensuite on la cultive. Un peu comme l’émerveillement qui amplifie la beauté, c'est une attitude. 

L’amour est un sentiment nourrissant, stable, qui se développe si on convient d’un commun accord d’y investir de l’énergie, malgré les émotions denses de la vie, dont l’émotion amoureuse. Et pour revenir à la question « tag », si j’avais un seul signe pour repérer l’amour qui tente de percer l’émotion amoureuse, ce serait le bien-être. Quand on est avec une personne qui a le « potentiel » de devenir un amour, on est confortable et détendue en sa présence. Et quand on pense à elle, on éprouve un sentiment de paix de se sentir accueilli dans tout son être.


samedi 08 mai 2010

Marsi gagne le concours Glénat-Québec

Par Venise

Nous avons reçu une excellente nouvelle pour Marsi jeudi. En fait, je ne devais pas ouvrir mon portable avant de partir pour Sherbrooke, où nous étions attendu devant plus de 50 élèves de l'école primaire, Carillon. C'est notre filleule, Ève (12 ans) qui a initié cette rencontre. Elle a tant parlé de Miam miam fléau, s'en servant même pour une recherche, que des profs de l'école ont commencé à y prêter attention. C'est notre agente toute spéciale et très efficace !

Tout ça pour expliquer que nous étions un peu pressés (comme toujours quand on quitte nos pantoufles !) mais je tenais quand même à vérifier mes messages. C'est donc moi qui aie découvert le nom de Marc Simard parmi les récipiendaires du concours. Si vous voulez voir ce que j'ai vu et ainsi prendre connaissance des autres noms et des quelques explications, je vous invite sur le site de l'illustratrice Orbie, vous n'avez qu'à cliquer ICI.

Normalement, je n'aurais pas ouvert le courriel. J'aurais plutôt appelé Marsi puisque, même avec de moins en moins d'espoir (l'annonce devant se faire le 1er mai), nous attendions encore des nouvelles. C'est Orbie, avec qui j'échangeais des courriels depuis quelques jours, qui m'a annoncé qu'elle était deuxième. Elle exultait de joie ! Quand j'ai lu le nom de Marc Simard en sixième, j'ai crié « Marc !... MARC !... MARC !... VITE !!!... Viens voir !!! ». Il était sur la mezzanine et se demandait bien qu'est-ce que j'avais à me déchaîner ainsi ! Quand il a enfin vu et lu, il était bien sûr très content ... à sa manière ; s'il a bondi, cela a été un saut à l'intérieur ! Par contre, il a vite accroché au fait qu'on le nomme « Marc Simard ». Il a tout de suite rédigé un courriel et Glénat-Québec qui, à leur tour, ont rapidement corrigé l'erreur en envoyant un deuxième courriel (mais pas à nous). Nous l'avons constaté la correction via un deuxième courriel d'Orbi qui venait ainsi d'apprendre que le fameux Marc Simard était nul autre que MARSI. Elle en était toute contente ! Au Salon du livre de Québec, en face de ces deux bédéistes, j'avais souhaité très fort qu'ils remportent tous les deux. On s'était dit combien cela serait merveilleux. Orbie vient de Gaspésie, mais c'est par son blogue que je l'ai « rencontrée ». Tandis que le jour où nous l'avons vue en Gaspésie au Café Couleurs, notre bistro de prédilection à Barachois, nous ne savions pas du tout que nous étions face à  Orbie. Le recoupement s'est fait pendant le moment de la dédicace de Miam miam fléau au Salon du livre de Québec, où j'ai appris qu'elle avait entendu de MARSI par le Passe-Mot ! (voyez mon gros sourire ici).

Ce qui est merveilleux dans cette expérience collective, c'est que, "prête ou pas prête" (oui, oui, ce sera prêt !), cet album à six mains sortira en fin d'année 2010. Pas de "deux ans et demi" d'attente !! Marsi a à fournir six planches (pages) en raison d'une à chaque début du mois jusqu'en août. Pour être éligible au concours, il en a soumis déjà deux, plus le synopsis (résumé) dont le thème est "Une partie de pêche". Ce mois-ci, il soumettra une page couverture. C'est Glénat/Québec qui se réserve le droit de choisir la page couverture qu'il juge adéquate parmi les six soumises par les récipiendaires. Marsi est à la coloration de ses deux premières pages présentement, ce qui devrait normalement être déjà complétée. La faute en est à son virus informatique qui lui a fait perdre ses derniers travaux, dont sa coloration. Heureusement que le dessin est exécuté à la main ! Mais il va s'en sortir, et cette fois, il se promet de ne pas travailler dans le stress de la dernière minute. Il en a marre !

Tant mieux :-)

Voilà sa carrière bien engagée.

Je suis comme la petite grenouille ci-dessus et je bondis et je crie YOUPI !


dimanche 18 avril 2010

À côté du Salon

Par Venise

Ça fait déjà une semaine déjà de cette visite au Salon international du livre de Québec. La Babillarde manque de spontanéité .. ou de temps !

Au Passe-Mot, mon compte-rendu a abordé le côté roman plus que celui bandes dessinées, à une exception près, Ben. D'ailleurs, je m'ennuie de Ben et Olivia, mon couple à la retraite, je n'ai même plus le temps de les visiter ces temps-ci. Du coup, ça vous donne l'indice ultime du pourquoi j'apprécie tant ce couple : leur vie tranquille, mais pas plate ! Ce juste équilibre dans l'activité, j'aime le lire faute de le vivre !

Je pénètre de plus en plus l'univers de la bande dessinée et je l'ai réalisé plus que jamais au Salon. Par l'attraction. Mes pieds se dirigeaient irrésistiblement vers le secteur bande dessinée. On peut y voir l'attraction des énergies, une force inconnue des mondes parallèles qui guide mes pas ou, plus prosaïquement, voir que cette section occupe le neuvième (art !) du Salon. Peut-être un huitième. S'y trouvent deux tribunes publiques : un espace conférence avec une cinquantaine de sièges (j'ai attrapée celle de Michel Rabagliati et Philippe Girard à la fin, j'étais déçue) et une autre avec un écran où le bédéiste invité dessine devant nous. J'ai assisté au dessin en direct de Leif Tande, c'était très amusant ! Tout le monde riait de bon cœur !

Une fois mes jambes reposées, je me promenais dans l'allée des kiosques de bandes dessinées, les yeux écarquillés, à la recherche de trésors pour mon Marsi qui, lui, était attablé à ses dédicaces au kiosque La Pastèque. Je lui ai déniché une planche imprimée, numérotée et signée Régis Loisel (le manitou de Magasin Général) représentant l'impudique fée Clochette, une revue de Québec Bazzart, numéro spécial BD, et j'ai attendu pour la superbe dédicace de Philippe Girard « Tuer Vélasquez » selon son désir. Marsi a aussi fait l'acquisition de « Jimmy et le Bigfoot » de Pascal Girard. Mon petit nombril de Pascal Colpron et le dernier et non le moindre, un superbe album carré et bleuté de 376 pages « L'origine de la vie » de Leif Tande.

Marsi y a été de sa collecte de deux albums collectifs des étudiants finissants de l'EMI (École Multidisciplinaire de l'image) où Sylvain Lemay enseigne l'histoire, la sémiologie et la scénarisation de la bande dessinée. Nous en avons profité pour rapporter le collectif qu'il a dirigé Regards sur la bande dessinée aux éditions Les 400 coups. On s'est gâtés que je vous dis !

Mais la cerise sur le sundae a été ce souper La Pastèque au Bistro du Clocher penché, vécu comme une bulle en dehors du temps en compagnie des bédéistes Paul Bordeleau - Faüne, Michel Rabagliati, - Les « Paul », Leif Tande, Pascal Colpron «Mon petit nombril » et bien sûr, mon Marsi - Miam miam fléau (sorti en France cette semaine !).

Je me suis passé une remarque à la suite de ce souper en égard aux cinq bébéistes autour de cette table animée : tous des hommes allumés et sensibles, ces bédéistes. De cette sensibilité qui s'explose dans la création.

Délicieux souvenirs.


jeudi 08 avril 2010

Les concours, Marsi a toute pour ...

Par Venise

Vous vous rappelez des paroles de Miss Pepsi de Robert Charlebois "J'cours les concours, y paraît que j'ai toute pour ... » ?! Eh bien, je vous fais une petite babillarde sur les concours, puisque c'est un thème assez présent dans nos vies.

Premièrement, Marsi a participé à un concours pour bédéiste tenu par la maison d'édition Glénat Québec (Hachette). Il devait envoyer deux planches de BD et un synopsis pour le 1er avril avec pour thème « Une partie de pêche ». Et ce n'était même pas un poisson d'avril ... malgré que nous avons bien failli nous en jouer un à nous-mêmes ! Arrivés au bureau de poste 25 minutes avant la fermeture du concours, tendant notre paquet pour l'étampe en faisant foi, essoufflés, blancs et le cœur battant, nous étions à temps ! Manière de parler, puisqu'il y a une des planches qui est partie blanche. Marsi aurait bien sûr préféré avoir le temps d'y apposer de la couleur mais quant à bâcler, il a décidé de laisser le soin au receveur de l'imaginer colorée ! La première l'était, colorée, et l'encre à peine sèche. Marsi l'a retravaillée juste après l'avoir postée pour l'avoir et la voir vraiment à son goût de perfectionniste.

Et après tout ce que je viens de vous révéler ; pensez-vous que Marsi a des chances de gagner ce concours? Eh bien, moi, j'y crois encore et toujours. J'y croirai jusqu'au premier mai (la réponse), parce que pour participer à des concours, il faut être d'authentiques croyants !

Passons à un autre concours. Celui-là nous occupe en gériboire ! Et c'est loin d'être terminé puisqu'il dure 10 semaines. Vous pouvez y participer, si vous tenez à voir s'envoler votre temps en fumée ! Attention, ce concours n'a rien de littéraire, rien d'esthétique, rien d'intellectuel. Il fait appel à toutes vos qualités, surtout la patience de l'acharnement. Je ne sais pas si vous écoutez la série Musée Eden à Radio-Canada, mais ces jeux en sont un produit dérivé, si je peux m'exprimer ainsi. Jusqu'à date, pas besoin d'écouter les émissions, il s'agit de savoir jouer, point. Parmi les 10 meilleurs joueurs par leur moyenne de 10 jeux sur 10 semaines sera tiré un voyage à Londres, rien de moins. Pendant les trois premières semaines (3 premiers jeux), Marsi se tenait bon premier. Cette semaine, il a pris une « débarque » (du mauvais québécois), disons plutôt qu'il a frappé son Waterloo. Mais son dernier coup de stylet n'est pas donné (ça peut se faire à la souris aussi, pour le commun des mortels). Même si vous n'avez pas commencé le premier jeu dès la première semaine, ce n'est pas grave, vous pouvez commencer maintenant. Et si vous n'avez pas l'ambition d'aller à Londres, les jeux sont très, très amusants, vous pouvez vous y adonner pour le plaisir seulement. Mais attention, le plaisir croit avec l'usage. Alors, danger. J'y joue moi aussi mais je n'ai jamais été dans les dix premières, je me démarque à mon préféré « Le compas dans l'œil » (ça fait pas mal) où je suis 27e.

Autre concours, celui-là est pour vous qui aimez les babillardes dans sa définition de lettres. La chose épistolaire. J'en ai bien sûr parlé au Passe-Mot. Ce concours de la Poste restante qui, habituellement, a lieu pendant l'événement des Correspondances d'Eastman s'offre à vous avant, et je trouve que c'est une excellente idée.

La lettre qui devance votre présence. La lettre qui enlève de la distance entre vous et les Correspondances d'Eastman. Les prix ont un rapport direct avec la lettre au sens large, y compris des coupons cadeaux de chez Archambault ou de beaux livres de chez Hurtubise, des cafés littéraires gratuits, le stylo laisser-passer. Et plus. Comme il s'agit d'écrire une lettre, il me semble que le syndrome de la « page blanche » se fait moins intense, il s'agit simplement de bien se représenter la personne à qui on s'adresse, et puis, hop les mots coulent vers elle.

J'ai aussi organisé mon premier concours, toujours sur Le Passe-Mot. J'ai tout simplement adoré ça ! L'expérience m'a procuré un effet de tangible. J'ai senti plus que jamais que les lecteurs sont là, en vrai de vrai et aime la lecture pour vrai de vrai, que l'on n'est pas des personnages de roman !

Je m'en doutais, remarquez.

Alors "BONS CONCOURS" et, surtout, amusez-vous ! Y paraît que vous aussi, vous avez toute pour ..


mercredi 17 mars 2010

Marsi et Venise au secondaire 2 et 3

Par Venise

Il faut que je vous raconte. Hier, Marsi et moi avions le trac et comme toujours à ce moment-là, on se demande pourquoi s'être embarqués dans une galère pas possible. Nous étions attendus à la chapelle du collège Mont Ste-Anne à Sherbrooke devant 78 étudiants (garçons seulement) du secondaire 2 dans la première heure et du secondaire 3, l'heure suivante.

Marsi réfléchissait à sa présentation depuis quelques semaines. Perplexe par la question de l'organisatrice « désirez-vous un écran ? », il se demandait qu'est-ce qu'il avait tant à offrir ; des mots, seulement des mots ; comment arriverait-il à capter l'attention de cette jeunesse pleine de vie ? C'est une chose que de présenter un bref exposé dans une classe du primaire chauffée à bloc par le prof qui a déjà fait lire l'album (étant presqu'attendu comme un héro !) suivi d'exercices avec les enfants sur Miam miam fléau et une conférence, ce mot terrible qui appelle certains images de ronflements d'ennui confiné à son banc.

Marsi a trouvé la forme que prendrait sa conférence en m'arrivant un jour avec cette idée : je vais m'auto interrogé. J'ai tout de suite imaginé Marsi sauter comme un kangourou, sortant et rentrant dans ses rôles d'interviewer, intervieweur ... J'avais des doutes, l'idée n'étant pas que la forme comique occulte le message. Mon homme est un drôle de bonhomme mais il n'est pas un humoriste de métier. « Tu n'as jamais pensé à me demander de t'interroger ? » fut ma question, « Oui, mais je ne voulais pas t'imposer ça » fut sa réponse.

Marsi a préparé les questions que j'ai lues l'avant-veille et nous avons « fait semblant » de s'interviewer la veille. J'ai réalisé tout à coup qu'il serait intéressant quand Marsi parle de ses personnages qu'il puisse les dessiner sur un tableau. Nous n'avions pas pensé à le demander ... au lieu de l'écran. C'est donc quelques heures avant notre prestation, nous avons déposé notre requête sur le répondeur de l'organisatrice. Nous nous retrouvâmes sur la scène d'une chapelle, moi assise sur un tabouret haut, Marsi debout devant un tableau vert qui avait fait, non pas la guerre, mais les guerres. Il était abîmé et crevassé, à peine si nous discernions le dessin de Marsi. Nous allions donc miser sur nos mots, qu'ils soient assez bondissants pour rejoindre ces jeunes.

L'interview devant le secondaire 2 a été une expérience des plus heureuses ; les jeunes gigotaient sur leur chaise, fébriles, nerveux, éveillés, nous entendions des grappes de rires et d'excellentes questions. Marsi avait augmenté son énergie, il donnait tout son jus, je l'encadrais de mes questions, ne l'animant nullement puisqu'il le faisait lui-même. Les profs ont eu des questions très pertinentes, impliquées, une très belle ambiance, nous étions contents, ce n'était pas si terrible finalement.

Fort de cette expérience, il s'agissait de tout de suite enchaîner avec le secondaire 3.

En partant, c'était clair que nous n'avions pas du tout affaire à la même énergie, celle-ci canalisée vers un but : ne pas avoir l'air trop intéressé. Comme j'ai tendance à foncer dans ce genre d'écran quand j'en vois un, histoire de soupeser son épaisseur, j'ai demandé qui aimerait devenir auteur de bande dessinée. Euh ... personne !! Pourtant, ils n'avaient pas encore posé la dizaine de questions pour évaluer si c'est un métier payant ! Faut dire, à leur décharge, qu'ils n'avaient pas vu l'album auparavant, encore moins lu. Marsi a eu un peu de difficulté, en partant, son énergie était plus basse, si on rajoute des réactions différentes qui sont arrivés à le déconcentrer, pour ne pas le déconcerter. De mon côté, j'ai eu la surprise de me voir m'adapter à cette énergie, faisant glisser mon humeur vers du plus « cool », me sentant tout à coup légère, comme si rien n'était grave et sérieux dans la vie. Plus détendue, j'ai osé quelques blagues pas osées mais qui ont été interprétées dans ce sens (je vous laisse deviner lequel, de la part de jeunes attaqués par un trop-plein d'hormones). Pourtant, une année de différence seulement avec le groupe précédent !

Nous avons beaucoup apprécié le respect qu'ils nous ont porté malgré que le sujet semblait les intéressés plus ou moins. La période de questions a commencé avant le signal, ce qui fut une excellente initiative de leur part. Un jeune homme s'est acharné à en poser cinq ! Un autre en a posé une qui m'a surprise, c'était la première fois que je l'entendais celle-là : « Accepteriez-vous que votre histoire soit portée en dessins animées ? ». J'ai appris les réticences de Marsi en même temps que tous. Il allait férocement surveillé comment ses personnages aillent vivre sur pellicule. À noter que les questions de l'ordre mercantile ; combien ça rapporte, en vit-on, est-ce qu'on peut se passer des maisons d'édition sont restés à l'avant-scène. On prépare son avenir en hommes d'affaires à cet âge-là !

Nous nous en sommes sortis sains et saufs et comme pour toute expérience, nous avons appris. Et probablement autant ou sinon plus que les jeunes !


dimanche 07 mars 2010

Les oreilles de lapin

Par Venise

Je nous trouve extrémiste dans nos achats. Si je fais le bilan de nos derniers achats, ils sont diamétralement opposés et une personne qui ne nous connaît pas aurait de la difficulté à nous situer.

Commençons par le téléviseur. Une envie de grandeur s'est emparée de moi (voyez, je m'exprime, comme si c'était en dehors de moi !), je voulais voir grand. Mon petit téléviseur carré que j'endure depuis 5 ans, cette petite boîte qui m'empêche de bien lire quand on y projette des mots. Vous voyez, encore une histoire de mots ! Ça me frustre sans bon sens quand, même les yeux plissés, j'invente plus que je lis et dois donc me résoudre à demander à Marc de lire pour moi. Vous voyez tout de suite que cela ne s'accorde pas à la femme fière que je suis ! Bon, maintenant, quant à acheter un grand téléviseur, aussi bien y aller avec la technologie ; écran plat plasma ou ACL ? Après étude, et surtout une heure chez le dépositaire, ce fut écran ACL. Pas trop de surprise jusque là. Ce que vous ne savez pas encore, nous n'avions pas le câble, alors imaginez la figure du vendeur quand la transaction conclue, nous lui avons parlé de nos oreilles de lapin qui captent 3-4 postes. Il est arrivé à ne pas rire mais disons que beaucoup de son énergie est passé à se serrer les lèvres. Pour que ça fonctionne vraiment un écran plat, il faut se câbler, nous nous sommes donc câblés. Encore là, plein de décisions à prendre, par exemple, haute définition ou pas. J'ai passé pas loin de 2 heures avec le fournisseur, car j'oubliais toujours d'une personne à l'autre de commencer par le commencement : nous partons d'oreilles de lapin.

L'autre achat qui m'a tant ému, troublé, bouleversé : un couvrepied tissé sur large métier à tisser. Nous avons été le chercher directement sur un genre de mezzanine fermé (avec des aspects de grenier) au deuxième du club de l'âge d'or de Eastman. J'ai été tellement impressionnée de voir ces gigantesques meubles en bois, avec des milliers de fils. J'ai demandé combien cela prenait de temps installer le métier avant de commencer à tisser. On m'a répondu : 2 semaines ! Tandis que le tissage à deux femmes, donc quatre mains, une semaine, la dame rajoutant que ça dépend aussi de l'entente (la coordination j'imagine) entre les deux tisseuses.

C'est une dame autour de soixante-quinze ans, la chef d'équipe des tisseuses, très fière, qui nous a invités à l'ouvrir à la grandeur pour que l'on vérifie les couleurs ... et la lourdeur ! Nous aimons être enveloppés d'une couverture qui nous tient entre ses bras chauds, mais qui nous laisse respirer, puisque ce drap épais de fibres est fabriqué 100% de coton. Il va durer deux vies d'êtres humains, nous a-t-elle déclaré en riant. Retour dans le passé où ce genre de couverture se léguait d'une famille à l'autre. Un objet qui est plus qu'un objet, car remplie de vie par l'énergie de ces femmes qui y ont travaillé avec amour, fibre par fibre.

Le premier achat, un téléviseur qui, dans 5 ans, sera complètement dépassé et qui n'a aucune vie. Pourtant l'objet dit reproduire la vie, en images les plus réalistes possibles. Aucune émotion n'est passée par ce téléviseur qui a été assemblé mécaniquement. Tout y est froid, pas de sentiment, seulement de la performance.

L'autre achat m'a émue comme si j'adoptais un être vivant qui venait se rajouter à notre famille. Et que je lèguerai, je vais même en parler de mon vivant à mes enfants.

Ces deux achats dans la même semaine par les deux mêmes personnes.

Attention : J'espère que vous arrivez à voir un peu la fibre du couvrepied tissé ... un tant soit peu... avec son aspect d'autoroute !

 


mercredi 17 février 2010

La grande sagesse

Par Venise

Les années d'anniversaire se suivent mais ne se ressemblent pas. C'est la manière la plus sûre d'enlever de la monotonie à cette incontournable addition du X + 1 = de plus en plus près de la tombe. Il faut y penser, et j'y pense. Ce n'est pas le massacre quand j'y pense, bien au contraire, ça me fait encore plus apprécier la vie. Prenons les vacances, si on était toujours en vacances, est-ce qu'on les apprécierait toujours autant ? .... OUI ? Vous dites oui ? Merde. Mauvais exemple alors. Je recommence. Vous êtes en vacances en Guadeloupe et vous mangez toujours de la cantaloup, est-ce que vous finissez par vous lasser ? Non ? ...  Moi oui ! Et puisque c'est de moi qu'on parle, ça marche !!!

Penser à la mort (c'est joyeux quand je parle de fête hein ?) me fait donc apprécier la vie. Je ne perds pas de vue qu'elle m'est prêtée, même la qualité de vie. Il y en a que juste l'idée d'une seule perte, de ce manque de permanence chronique de la matérialité (y compris le corps) les fait paniquer, eh bien ... ça risque qu'un jour, l'idée les rattrape. Alors au lieu qu'elle nous rattrape, pourquoi ne pas la devancer ? Bon ... je viens de perdre la moitié, au moins la moitié (!) de mon auditoire ; ceux qui préfèrent ne pas en entendre parler. Je les comprends en quelque part, c'est pas très jojo, mais c'est la réalité et j'ai toujours eu pour mon dire ; pourquoi ne pas la boire cette réalité à grandes goulées puisque celle-là, ça nous surprendrait qu'elle change.

Pour ceux à qui ça tente toujours d'entendre parler de fête ... qui dit fête dit plusieurs personnes et qui dit plusieurs personnes à ma fête, dit tablée autour d'un repas. C'est autour de la bouffe que l'on se rencontre, une bonne idée d'ailleurs, puisque ça fait au moins une affaire de faite, un des trois repas est pris. Parfois deux, quand c'est vraiment bon et abondant et c'était vraiment bon et abondant dans ce nouveau bistro à Bromont. Depuis le mois de mai, ils étrennent ce vaste espace en forme de L et nous logions à la queue courte du L. C'est mieux ainsi car même quand on ne veut pas, on est bruyant, c'est dans la nature de joyeux lurons. Ce qui ne m'a pas empêcher de recevoir « Silence » de Fred Pellerin. Je l'avais. Et "Êtes-vous marié à un psychopathe ?" je l'avais aussi. Et ma photo de bouche en forme de O, en fait, je ne disais pas O, je disais « RU » quand j'ai déballé mon deuxième « Ru

J'ai eu le droit à deux chants de fête. Quand nous étions à nous passer un bol de soupe aux pruneaux pour que tout le monde ait sa cuillerée à goûter, jusqu'à en oublier qui était le propriétaire de la soupe (!), Simon 2 ans, a commencé à chanter doucement d'une voix un peu lunatique « Bonne fête, Venise, et tout le monde a suivi ». Un ange est passé ...

Certains cadeaux n'existent déjà plus : chocolats et nougat (fini ce soir) et les fleurs ont penché la tête pendant que j'avais le dos tourné. J'ai fait de la télésympathie avec mon chum qui s'est téléguidé vers le dernier Louise Portal, j'ai aussi reçu un bibelot, des boucles d'oreilles, un massage et finalement un album français de La Grande Sophie et là j'en arrive au deuxième chant de fête ...

... vous êtes vous déjà fait chanté pour votre fête : « Dis, quand reviendras-tu ? Dis, au moins le sais-tu, que tout le temps qui passe ne se rattrape guère, que tout le temps perdu, ne se rattrape plus ?

Ce sont les dernières paroles de la dernière chanson de l'album de La grande Sophie. La grande sagesse.


vendredi 05 février 2010

Question de mon fils à Marsi

Par Venise

Question de mon fils, Rémi :

J'ai terminé de lire Miam Miam fléau il y a quelques jours. J'ai bien aimé.

Sans entrer dans une longue critique, je dois dire que ce qui m'a impressionné c'est le vaste univers imaginaire installé dans cette BD. Et puis j'avais hâte de savoir ce qui allait arriver -- l'ayant jamais lu -- ce qui est bon signe. J'ai lu les 40 premières pages d'une traite, bien que l'ayant entamé fatigué tard dans la nuit.

J'ai une question pour Marc : qu'y a-t-il dans le potage Gousse-Gousse de mère Crapette ? (Des gousses d'ail j'imagine! mais à part de ça ?)

****

Allô Rémi,

Merci pour tes bons mots sur mon album ! C'est vraiment apprécié.

Alors, voici:

- Pas moins de six têtes d'ail grossièrement hachées
- Une bonne quantitée de bouillon de poule fait maison
- Quatre à cinq tranches de pain de ménage rôties à coeur et beurrées chaudes
- Une à deux cuillèrées de caramel bien roussi
- Une pointe de pâte de piment fort
- Deux pincées de cannelle
- Sel
- Parmesan

La veille, préparez un bon bouillon de poule selon les préceptes établis.

Pour le potage:

Faites rôtir cinq des six têtes d'ail dans une huile chaude jusqu'au rôtissement. Incorporez cet ail ainsi que piment, cannelle et sel au bouillon préalablement réchauffé. Faites mijoter une bonne demie heure à feu doux. Par la suite, rajoutez les tranches de pain ainsi que le caramel et laissez reposer quinze minutes. Mettez-y la sixième tête d'ail fraîche, couvrir et attendre le refroidissement total du plat. Lorsque vous pouvez touchez la surface de la marmite et y laisser la main sans vous brûler, c'est qu'il est temps de remettre le plat sur le feu et de réchauffer à souhait.

Servir parsemé de fines lamelles de parmesan. Bon appétit !

Extrait de « Grosse fourchette et Mère Crapette »


  Marsi 

Critique de Miam Miam Fléau dans la revue Lurelu

Marsi (Marc Simard) qui a travaillé dans le domaine de l'illustration et du dessin animé, nous présente sa première incursion dans le domaine de la bande dessinée chez un éditeur reconnu pour son avant-gardisme.

C'est la consternation au royaume de la Rigôle : Borbo, monstre et goûteur du roi s'est enfui. Pouette et Coco Météore, la monture la plus rapide du royaume, partent donc à sa recherche. Il faut faire vite afin que le roi ne meure pas de faim. D'autant plus que Borbo, affamé, dévaste tous les garde-mangers des royaumes avoisinants.

Voici un livre dont aucun résumé, aussi fidèle soit-il, ne pourra rendre compte des qualités. Et elles sont nombreuses. Qualité du dessin d'abord. Dans un style très contemporain, un dessin très vivant au trait simple qui possède une grande clarté. Qualité de la couleur ensuite, qui vient renforcer la lisibilité du dessin tout en nuançant les différentes scènes. Et finesse de la mise en pages; par exemple, la première page pourrait servir d'exemple dans le cadre des spécificités du langage de la bande dessinée. Qualité de la langue également : un vocabulaire très riche et des dialogues savoureux. Qualité du récit et du scénario aussi : non seulement le récit est-il intéressant, mais en plus, il est très bien construit. Qualité de l'ensemble finalement, puisque le tout est plus grand que la somme de ses parties. Car la plus grande qualité de ce livre demeure le plaisir qu'il procure au lecteur. Et l'auteur n'en est qu'à sa première bande dessinée !

Signé :  Sylvain Lemay, enseignant au niveau universitaire

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Disons que Marsi s'est nourri de cette critique, et YAH !, il galope maintenant vers l'à venir.

 


lundi 01 février 2010

Péter de la bulle

Par Venise

J'ai pensé que La Babillarde, côtoyant de si près les bulles des bandes dessinées, pourrait vous inviter à en péter. L'idée étant d'en péter le plus rapidement possible. Premièrement, ça défoule, deuxièment ça enlève du stress. Ensuite, ça repose, puisqu'après les exercices pour améliorer son record, on a la main crampée et on doit se reposer.

En plus, c'est le jubilé de la bulle ! C'est Béo qui le dit, une Québécoise ches les Helvètes. Ça fait 50 ans qu'un Suisse, Marc Chavannes, en descendant des airs (avion), a eu une révélation qui l'a mené à l'invention des Bubble Wrap. Cette idée toute simple a fait son chemin.

Mais aujourd'hui, on est là pour fêter et s'amuser ...

 

I pop bubble wrap at 2.42 bubbles per second!

I popped 196 bubbles in 1 minute and 20.9 seconds
at www.Virtual-Bubblewrap.com!
Can you beat my score?

Et vous ? Combien faites-vous à la seconde ?!

 

Une manière comme une autre de fêter la bulle :-)). Mais on peut aussi en boire dans des verres de champagne.

Si vous voulez savoir qu'est-ce qu'il y a à fêter, passez par le Passe-Mot, vous allez tout de suite comprendre.


mercredi 27 janvier 2010

Victoria et Avatar 3D

Par Venise

J'ai adoré La jeune Victoria. D'ailleurs, j'aimerais le revoir ... avec Marsi. Et Marsi considère que j'irais jusqu'à aimer Avatar. Avoir su !

Mais justement, on ne sait jamais comment on va vivre un film, et ça, malgré une lecture attentive de critiques journalistiques et de celles de « monsieur-madame-tout-le-monde » (j'y tiens beaucoup à celles-là). J'avais aussi lu le statut* d'un ami sur Facebook (*statut : déclaration qui change au gré des heures et des humeurs) : « Je ne pensais pas que j'aimerais autant Victoria ». Je suis obligée de répéter sa déclaration.

Le scénario cible un pan de vie de cette reine, le plus palpitant. Ce n'est pas une histoire de A à Z, seulement quelques lettres au début de sa vie de reine, après avoir été une princesse épiée à travers les lorgnettes sévères de la noblesse de ce Monde. On aborde de front et sans ménagement les thèmes de la convoitise, la conspiration, les entourloupettes par en-dessous, mais surtout la force de caractère qui fait que l'on s'affirme, que l'on passe de l'état de princesse dépendante de chaque décision de ses parents à reine ! La solitude est ciblée bien sûr, la complète, celle éprouvée même en compagnie de ses parents. Départager l'ami de l'ennemi, même chez ses très proches.

De ces scènes empesées de protocole, de règles sévères, le réalisateur est arrivé à donner plus que de la vie, de la vigueur à cette lourdeur. Il aurait chuchoté à l'oreille de sa comédienne reine : n'oublies pas, tu es une rebelle. Et il aurait fait écouter des musiques entraînantes aux comédiens. Eh bien, ça a marché ! Cette reine et ses prétendants un rayon chaud, un éclairci, qui réchauffe le poids des conventions. Et ça se tient, tout est plausible, ça ne sent pas l'eau de rose, ça dégage une odeur de tranche de vie volée à l'histoire avec son grand H. C'est une histoire d'apprivoisement, une histoire d'amour, de partage entre le faux du vrai. On a le plaisir d'apprendre par l'Histoire certaines conventions surprenantes. J'aimerais le revoir pour prendre plus de temps pour ces informations en arrière-plan, car le grandiose nous happe, autant pour cette curiosité devant un monde si différent du nôtre, qu'on se croirait sur une autre planète !

Marc maintenant. Il est sorti de sa salle environ une heure plus tard que moi. Je lisais. Dès que j'ai levé les yeux vers lui, j'ai su qu'il avait beaucoup aimé, avant même qu'il ouvre la bouche. Je connais mon homme, il avait son air comblé, satisfait, rempli. Il en avait eu plein sa vue. Il s'est fait catégorique : ce film méritait son prix Golden Globe, et amplement son prix d'entrée, en considérant le 3$ supplémentaire pour le voir en 3D.

Il s'attendait au pire, il avait entendu parler du ton moralisateur. Celui-ci ne l'a pas dérangé, il l'a pris, les terriens que nous sommes, le méritons. Les prouesses techniques donnent un caractère exceptionnel au film, même si la prestation des comédiens, elle, ne se démarque pas vraiment.

Désolé pour les plus curieux, j'en sais pas tellement plus. Vous serez obligés de vous contenter de l'air royalement satisfait de mon chum, c'est le temps ou jamais d'y croire, à cette image qui vaut mille mots !!

Mais sûr que l'on va aller voir Victoria ensemble. Mais Avatar ?! Ça ...

....moins sûr. Mon chum a à parfaire son « pitch » de vente !


samedi 23 janvier 2010

À chacun sa salle

Par Venise

C'est samedi soir. C'est rare le samedi soir d'être devant l'écran. Pas celui de la TV, pas le méga gigantesque du cinéma, celui de la boîte à mots. J'haïs pas ça. J'aime être à contre-courant. Probablement parce que je ne suis pas un poisson.

C'est demain que nous irons au cinéma, en plein cœur de l'après-midi. On prend ça à cœur d'être à contre-courant. On n'ira pas dans la même salle, le même cinéma par exemple oui. Marsi affirme ses goûts de SF, c'est un amateur d'effets spéciaux. Ça, on ne peut pas dire que c'est à contre-courant. C'est un gars après tout. Moi, je vais aller voir la Reine Victoria, j'suis une fille après tout. J'ai hésité pourtant. Pas pour l'Avatar 3D, non, faudrait quand même pas trop m'en demander ! J'aime mon chum, mais le regarder regarder pendant 2h 42 un film classé « aventure, science-fiction ». Je dirais, à la rigueur, passe encore de le regarder regarder, mais le pas endurable, ce serait entendre le film. Rien de pire que d'entendre un film d'aventure, même si science-fictive, mon tympan est fait à l'os. C'est tapageur. Y a beaucoup trop de Bing Bang Plouf, du cri strident, des boums, du grognement, du souffle court de rescapé, du long avant de mourir, du souffle qui se noie, qui vole, qui nage, j'sais pas moi, mais c'est bruyant.

Non, je vais être dans ma salle, accompagnée de mon popcorn. Je vais même pouvoir développer un bonbon sans que mon chum me regarde de travers (pour le bruit, pas pour la gâterie !), et je vais reluquer des belles robes, de beaux chapeaux à ruban, de la dentelle, du brillant, de la valse, des courbettes, du baisemain juste avant de de monter les larges escaliers qui font semblant d'aller jusqu'au ciel.

Tout pour m'inspirer confiance, on classe le film Victoria, les jeunes années d'une reine, chronique historique. Juste le mot chronique, et me v'là qui se jette dans le filet, sans même le plus petit respire de méfiance. En plus, c'est l'œil de Jean-Marc Vallée, le maître d'œuvre de C.R.A.Z.Y. Il va aller nous soulever les dessous de l'histoire, ça restera pas empesé. C'est ça dans le fond qui faut enlever à la royauté, son amidonnée. Parce que pour le reste, du royal sur grand écran, ça en mets plein la vue. Ça change du quotidien, mettons. Je vous dis pas que j'ai pas hésité. J'ai reluqué de près le dernier Padro Almodóvar « Étreintes brisées ». C'est un drame. Un drame. S'sais pas, mais on dirait que du drame pour me distraire ces temps-ci, j'suis moins portée. Il y en a sur tous les écrans, s'agit juste d'ouvrir les yeux.

=====
J'ai été longue avant de venir babiller. Vous imaginez bien que le babillage s'est tu pour mieux entendre les cris d'Haïti. La Terre a tremblé. Il a fallu qu'elle tremble pour que nous vivions de beaux moments de solidarité. Je regarde les nouvelles, je vois l'horreur oui, mais je vois aussi ce ressort, cette force d'un peuple qui se découvre à nos yeux, et je l'admire.


dimanche 10 janvier 2010

Mon premier achat BD pour Marsi

Par Venise

Je m'habitue de plus en plus à lire des livres avec des images ! C'est en écrivant cette phrase que je comprends mieux certaines appréhensions d'adulte devant la bande dessinée d'adulte. Pour plusieurs, cela a une connotation de retour en arrière, de retour à l'enfance. Pourtant, plusieurs bandes dessinées abordent des sujets sérieux, dramatiques même, d'ailleurs, Marsi en possède plein de ce genre-là.

Pour Noël, je voulais lui faire une surprise et pour la première fois de ma vie oser lui donner une BD de mon cru. Voilà pour l'impulsion vers l'idéal mais la réalité, et son temps compté qui nous presse, s'est mal ajusté, vous allez voir.

Je suis arrivé à la librairie en proie à diverses peurs ; celle que Marsi me surprenne, celle de me tromper, celle de prendre trop de temps à choisir. J'ai commencé par essayer de me laisser guider parmi le présentoir « nouveautés ». Pas le choix d'opter pour les nouveautés puisque Marsi ne tient pas d'inventaire de ses deux bibliothèques d'albums (Marsi est un lecteur BD, pas un explorateur qui tient de précieuses fiches !!). Envahie de peurs, aucune voix intuitive ne trouvait sa voie jusqu'à moi, je n'entendais donc que mon silence paniqué. J'ai donc eu l'idée géniale d'avoir recours à la libraire. Celle-ci, plus ou moins ferrée en BD, patauge autant que moi dans cette mer de couvertures colorées. Nous étions chez Raffin de la rue St-Hubert, une librairie que nous aimons beaucoup, d'autant plus que le libraire en charge des BDs est vraiment un amateur et fait donc des achats alléchants. Alors, j'ose demander s'il est là. Elle pense qu'il est là mais pense aussi qu'il est occupé. D'accord. On continue d'essayer de se débrouiller sans lui, le temps file, elle me fait des propositions que j'essaie de regarder avec les yeux de Marsi ; est-ce qu'il aimerait la ligne de ce dessinateur ? C'est surtout le dessin que j'essaie de jauger, l'histoire, c'est plus difficile sans connaître les réputations. Et je ne connais pas les réputations ... Ô secours, la réalité me rattrape, je ne connais pas les réputations et j'ai un rendez-vous avec Marsi et de plus en plus peur d'arriver bredouille, ma dernière chance d'acheter cette BD en son absence avant Noël ! Je demande si par hasard le gérant ne se serait pas tout à coup libéré depuis le temps que l'on cherche. Comme la libraire commence à se sentir dépassée par mes exigences de conjointe d'illustrateur, et comme elle est extrêmement gentille, elle va quérir mon sauveur que je vois descendre lentement les escaliers, un peu confus d'être requis pour une « urgence » cadeau !! Quand il m'aperçoit, on se reconnait, très chaleureux, il replace le client « mon cher bédéiste », m'amenant même voir 5 exemplaires de Miam miam fléau.

En tant que fervent amateur, il commence par énumérer certaines propositions parmi les nouveautés, m'en parlant tout en les feuilletant, m'indiquant certains gags, les riant encore. Il me semble que Marsi est moins "gag" que longue histoire d'un trait et surtout, je ne reconnais pas ses maisons d'éditions préférées. Soudain, un éclair de génie le traverse et il m'entraîne vers un album BD en noir et blanc ... qui n'est pas là où il devrait être. Nous accourons vers St-Antoine, le patron des livres perdues, je parle bien sûr de l'ordinateur, la machine maintenant indispensable à tout libraire qui respecte la loi des déplacements mystérieux des livres. St-Antoine nous annonce que l'album est dans le magasin... mais OÙ ?! Encouragé par le fait qu'il existe entre ses murs, le libraire finit par le dégager d'une pile couchée sur une table à roulettes, le lève comme un trophée, puis le penche un peu vers moi (c'est dire combien il est grand !) ; couverture matte, dessin sophistiqué mais sobre, je lis Futoropolis, «Le fils de l'ogre », Grégory Mardon. Il déborde d'enthousiasme, l'histoire est dramatique et noire, mais extrêmement forte. Est-ce parce que j'avais l'air sceptique ou c'est plus fort que lui, il me raconte l'histoire et je deviens sûre d'au moins une chose : je ne la lirai jamais! Mais Marsi, lui ? Après voir jeté un coup d'œil aux aiguilles de ma montre, je décide que oui, définitivement, Marsi aimera ! Je me mets en ligne pour passer à la caisse, toujours aux côtés du libraire qui continue à le feuilletter revivant l'histoire un sourire satisfait sur les lèvres. Il me la remet, heureux, fier de son choix, marmonnant un « S'il y a le moindre problème ...>

Je n'ai pas compris la balance de la phrase qui s'est perdue dans le creux de mon oreille mais j'imagine que c'était que nous pouvions l'échanger, que la satisfaction en cet album était garantie.

Eh bien, ce n'est pas tombé dans l'oreille d'une sourde ; parce que nous avons retourné l'album ce vendredi.

Marsi l'avait !

Et c'est ce même libraire qui le lui avait chaudement recommandé !!

Crédit de la photo de la librairie Raffin : www.les2val.blogspot.com

 


lundi 04 janvier 2010

Je me permets le bonheur

Par Venise

Après avoir fait bombance, s'être réjouis dans la surabondance (dans l'inconscience ?), dans son billet, IvanLeTerrible pose cette question : comment peut-on être heureux en égard à la misère dans le tiers du monde ?  Hier, un peu pressé, j'y ai laissé tomber ce commentaire : « Justement, si je ne me le permettais pas en ayant tout, ce serait un affront ». Yvan n'est pas du tout d'accord, malgré son rajout « à chacun son bonheur » J'ai commencé par rédiger ma réplique directement mais comme elle n'en finissait pas de s'allonger, je me suis dit, même si je m'appelle Venise, ce n'est pas une raison pour inonder son espace virtuel, alors voici :

Quand on aborde le sujet du bonheur, on entre dans des convictions intimes qui peuvent même frayer avec de nos croyances, que je considère parmi les sujets délicats de la Vie, pourquoi alors ne m'ai-je pas tout simplement tu ? J'ai de la difficulté à ne pas réagir à la rébellion systématique face au bonheur, souvent confondu avec l'absence de conscience. J'ai l'impression, par les temps qui courent, que la recette est celle-ci : « amusez-vous, distrayez-vous, en autant qu'après, vous vous sentiez coupable et que vous ne vous dites pas, ô calamité, heureux ». Pour continuer à jouir de nos privilèges, le prix à payer serait de se sentir coupable. Ce réflexe a un goût de judéo-chrétien qui ne me correspond plus.

Peut-être parce que pour moi le bonheur est un état d'esprit qui ne vient pas nécessairement après avoir bien bu, bien mangé, m'être bien amusé, que ce « Temps des fêtes » ne rime pas nécessairement avec « on s'étourdit pour oublier pendant deux semaines combien la Vie est dure». Même pendant le Temps des fêtes, je tends, avec toutes mes limites d'être humain, à rester ouverte, à rester consciente. Mon état d'être humain ne prend pas congé, lui. Même dans le Temps des fêtes, les occasions sont offertes d'écouter l'autre qui peine à se trouver un travail, ou qui s'empêtre dans ses limites, qui se débat avec la vie, de m'impliquer malgré ma fatigue pour m'ouvrir à ce que l'autre vit. Les rencontres des Fêtes donnent l'occasion d'arrêter de tourner en rond autour de ses problèmes, je ne sous-estime pas le bienfait de la distraction, parfois le seul recul à la portée pour se sortir momentanément de cercles vicieux et ainsi arriver à voir plus clair dans nos vies. De même qu'une occasion de s'offrir un regain d'énergie par la chaleur humaine dégagée par son entourage.

Pour moi, la conscience commence par celle à son entourage immédiat. J'ai vu des cas de personnes délaisser leur famille, les laisser pourrir dans leurs problèmes pour aller se dévouer à de grandes Causes. C'est un non-sens pour ma conscience qui me pousse à commencer par offrir le bien-être à ceux que j'aime ou qui m'entoure (déjà qu'il y a énormément à faire !). J'ai utilisé le mot « bien-être » j'évite le mot « bonheur », cet état honni (!) parce qu'à mon avis le bonheur ne s'offre pas au même titre que le bien-être. Il ne se partage même pas, on en échange les symptômes tout au plus. C'est un état d'esprit intime assez souvent fondé sur des croyances. On peut offrir à une personne le bien-être : un toit, de la nourriture, un travail décent, de l'amour même, et il peut continuer à être malheureux. De l'argent, ça se transfère d'un compte bancaire à un autre, la joie se transfère aussi, elle peut même être contagieuse mais elle est momentanée "Joyeux temps des fêtes !" ... mais qui est joyeux n'est pas nécessairement heureux.

Prenez un enfant, on le laisse être heureux, on l'y encourage même. S'il n'apprécie pas le bien-être que ses parents lui offrent à force de travail et de générosité, on lui dit : Pourquoi n'apprécies-tu pas ce que l'on te donne ? Nos enfants en bas âge partent du même pied, ils ne connaissent pas les mauvaises conditions de vie du tiers monde, pourtant certains enfants apprécient leur bien-être et ils y répondent en étant heureux. D'autres n'apprécient pas ce qu'ils ont et réclament toujours plus plus et plus et ne semblent jamais heureux. Avouons que l'on est naturellement plus admiratif devant l'enfant heureux qui apprécie ce qu'on lui donne. Pourquoi à partir du moment où il est adulte cet enfant au naturel heureux, appréciant ce qu'on lui donne, devrait se sentir malheureux par égard pour ceux qui ne le sont pas ?

C'est vrai que lorsqu'on atteint l'âge adulte, on devrait être conscient de l'autre, qu'il soit son voisin, son frère ou un Bengalais. Une bonne manière de réaliser que d'autres souffrent est pour moi d'apprécier ce que j'ai ici, sur ce continent où l'on est extrêmement privilégié. Je ne m'empêcherai pas d'être heureuse - et de le dire ! - en buvant mon verre d'eau d'un robinet qui coule à flot, d'apprécier ce don de la planète Terre-Mère juste parce que je suis née au bon endroit au bon moment. Je reste d'ailleurs convaincue que des personnes qui ne disposent même pas de l'essentiel arrivent à être plus heureux que certains qui vivent et consomment de l'abondance dans notre deux-tiers monde.

Pour moi, bonheur et conscience sont des états conciliables. Être heureux ne veut pas nécessairement dire que la Terre tourne autour de son nombril. Je ne suis pas toujours joyeuse, bien sûr, mais je suis une personne heureuse et fière de l'être car être heureuse me permet de puiser en moi pour donner, répandre, rester ouverte.


lundi 21 décembre 2009

Le virus du plaisir court

Par Venise

Line Rouge et helenablue m'en font voir de toutes les couleurs ! Tout d'abord, Line Rouge me l'a transmise et la tague est pareil aux virus, on ne le réalise pas tout de suite, il incube à notre insu. J'ai de nouveau attrapé cette tague d'helenablue qui n'éprouve aucune honte à s'offrir ce plaisir. Et comme je ne résiste à aucun virus surtout de personnes toutes deux aussi créatives que généreuses  ...

Un plaisir des yeux? Les bras dodus, les pieds potelés d’un bébé et son regard rond qui ne connaît pas la malice.


Un plaisir que l'on partage? Une piscine quand y fait chaud, une patinoire quand y fait froid.


Un plaisir d'enfance? Des bonbons forts dénichés dans le tiroir du mini bureau que ma mère m’avait acheté pour que je l’imite en femme d’affaires


Un plaisir odorant? Le café avant de le boire.


Un plaisir égoïste? Vivre dans une montagne dans une belle maison.


Un plaisir de l'oreille? Le chant du ruisseau


Un plaisir charnel? Un massage de la tête aux pieds


Un plaisir inconnu? S’il m’est inconnu, vais-je le classer dans un plaisir ? Je modifie pour plaisir de l’inconnu.


Un plaisir du goût? Chocolat au lait onctueux quand j’arrive à le faire fondre sur ma langue, au lieu de le croquer.


Un plaisir anachronique? Écrire sur du papier à glisser dans une enveloppe pour expédier via un facteur qui peut glisser ou se faire mordre par un chien.


Un plaisir qui ne coûte rien?  Distribuer des sourires pour aucune raison.


Un plaisir honteux? Un voyage en croisière quand une famille « ami » n’a pas d’argent pour payer son hypothèque.


Un plaisir hors de prix? Les massages au Spa d’Eastman !


Un plaisir défendu? Ne manger que des aliments riches en glucides, ce que je serais parfaitement capable de faire. 


Un plaisir surestimé? Être puissant et riche.


Un plaisir à venir? Voir Venise et ne pas mourir.

 

Comme helenablue a tagué la Terre entière ;-), je laisserais le virus du plaisir se répandre dans nos familles.


samedi 19 décembre 2009

Émus par les enfants

Par Venise

Oh là là... je viens de voir que ma dernière chronique date du 9 décembre ! Pourtant, j’ai l’impression que la Babillarde que je suis parle beaucoup. C’est fou quand même, je me suis offert cette tribune en me disant, je vais me laisser aller à jacasser de plein gré, sans trop me soucier du contenant, allant droit au contenu, et puis voilà que plus souvent qu’autrement, je fais « Silence » (les conteurs chantent parfois le silence – Fred Pellerin). Je laisse la glace prendre et suis donc obligée à chaque fois de la casser à grands coups de plume. De plume de pigeonne.

Si j’écrivais plus souvent, je n’aurais pas l’impression de toujours parler de mon fier pigeon au beau plumage, Marsi. Encore une fois, de ma plume, je survolerai sa séance de dédicaces à la Librairie Imagine à Laval. Impossible de la passer sous silence, Marsi était trop heureux de rencontrer les enfants. Plusieurs se sont présentés, quatre se sont nommés : Victor, Corinne, Étienne, Sabrina parmi les élèves de la classe de Pierre Greg, le grand explorateur BD de la Lucarne à Luneau. Ça veut dire que ces 4 jeunes d’une dizaine d’années ont sollicité leurs parents pour absolument venir chercher leur album, voir le bédéiste à l’œuvre pour une dédicace personnelle. Pourtant, ils l’ont lu puisqu’il y en a un ou deux exemplaires dans leur classe et ils avaient aussi reçu une mini dédicace sur leur carte de membre bibitte. Le cœur de Marsi était touché qu’ils soient venus expressément pour lui, les enfants l’émeuvent beaucoup.

Pendant que Marsi dessine, moi je parle, et je ne nous verrais pas vraiment changer de rôle ... À un moment donné, une dame m’a demandé de résumer l’histoire, elle voulait être certaine que ça plairait à son fils de 11 ans. J’ai commencé à la résumer, devant Corinne qui attendait sa dédicace, je me sentais attentivement écoutée, presqu’épiée, et tout à coup j’ai eu l’impression de lui voler son histoire, à son nez et à sa barbe. C’était évident qu’elle ne l’avait pas vécue de la même manière que moi, je me suis arrêté en plein milieu et lui ai demandé si elle voulait la résumer. Elle voulait, ça se lisait dans ses yeux bleus, elle voulait même très fort, mais par où commencer et surtout trop de regards insistants la dévisageaient. Sa mère lui a proposé de la lui raconter à elle. L'idée était bonne. Le cou tordu vers la gauche, les yeux dans ceux de sa mère, le corps toujours vissé à la table, elle s’est lancé. Ça nous a ému de l’entendre. Nous avons réalisé plus que jamais qu’il y a autant d’histoires que de paires d’yeux qui la lisent.

Les enfants sont émouvants parce qu’ils n’ont aucune idée qu’ils nous émeuvent.

Je termine par un prix, pas le prix de la BD mais un Prix pour la BD : Miam miam fléau de Marsi vient de remporter un prix au   World Cookbook Awards 2009 dans la catégorie Best Cookbook Illustrations - Canada French!

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Crédit de l'illustration ci-haut : http://lauredelattre.over-blog.com/25-index.html


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