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Les années d'anniversaire se suivent mais ne se ressemblent pas. C'est la manière la plus sûre d'enlever de la monotonie à cette incontournable addition du X + 1 = de plus en plus près de la tombe. Il faut y penser, et j'y pense. Ce n'est pas le massacre quand j'y pense, bien au contraire, ça me fait encore plus apprécier la vie. Prenons les vacances, si on était toujours en vacances, est-ce qu'on les apprécierait toujours autant ? .... OUI ? Vous dites oui ? Merde. Mauvais exemple alors. Je recommence. Vous êtes en vacances en Guadeloupe et vous mangez toujours de la cantaloup, est-ce que vous finissez par vous lasser ? Non ? ... Moi oui ! Et puisque c'est de moi qu'on parle, ça marche !!!
Penser à la mort (c'est joyeux quand je parle de fête hein ?) me fait donc apprécier la vie. Je ne perds pas de vue qu'elle m'est prêtée, même la qualité de vie. Il y en a que juste l'idée d'une seule perte, de ce manque de permanence chronique de la matérialité (y compris le corps) les fait paniquer, eh bien ... ça risque qu'un jour, l'idée les rattrape. Alors au lieu qu'elle nous rattrape, pourquoi ne pas la devancer ? Bon ... je viens de perdre la moitié, au moins la moitié (!) de mon auditoire ; ceux qui préfèrent ne pas en entendre parler. Je les comprends en quelque part, c'est pas très jojo, mais c'est la réalité et j'ai toujours eu pour mon dire ; pourquoi ne pas la boire cette réalité à grandes goulées puisque celle-là, ça nous surprendrait qu'elle change.
Pour ceux à qui ça tente toujours d'entendre parler de fête ... qui dit fête dit plusieurs personnes et qui dit plusieurs personnes à ma fête, dit tablée autour d'un repas. C'est autour de la bouffe que l'on se rencontre, une bonne idée d'ailleurs, puisque ça fait au moins une affaire de faite, un des trois repas est pris. Parfois deux, quand c'est vraiment bon et abondant et c'était vraiment bon et abondant dans ce nouveau bistro à Bromont. Depuis le mois de mai, ils étrennent ce vaste espace en forme de L et nous logions à la queue courte du L. C'est mieux ainsi car même quand on ne veut pas, on est bruyant, c'est dans la nature de joyeux lurons. Ce qui ne m'a pas empêcher de recevoir « Silence » de Fred Pellerin. Je l'avais. Et "Êtes-vous marié à un psychopathe ?" je l'avais aussi. Et ma photo de bouche en forme de O, en fait, je ne disais pas O, je disais « RU » quand j'ai déballé mon deuxième « Ru 
J'ai eu le droit à deux chants de fête. Quand nous étions à nous passer un bol de soupe aux pruneaux pour que tout le monde ait sa cuillerée à goûter, jusqu'à en oublier qui était le propriétaire de la soupe (!), Simon 2 ans, a commencé à chanter doucement d'une voix un peu lunatique « Bonne fête, Venise, et tout le monde a suivi ». Un ange est passé ...
Certains cadeaux n'existent déjà plus : chocolats et nougat (fini ce soir) et les fleurs ont penché la tête pendant que j'avais le dos tourné. J'ai fait de la télésympathie avec mon chum qui s'est téléguidé vers le dernier Louise Portal, j'ai aussi reçu un bibelot, des boucles d'oreilles, un massage et finalement un album français de La Grande Sophie et là j'en arrive au deuxième chant de fête ...
... vous êtes vous déjà fait chanté pour votre fête : « Dis, quand reviendras-tu ? Dis, au moins le sais-tu, que tout le temps qui passe ne se rattrape guère, que tout le temps perdu, ne se rattrape plus ?
Ce sont les dernières paroles de la dernière chanson de l'album de La grande Sophie. La grande sagesse.
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