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Une idée folle comme ça, j’ai donné à ce billet "presque" que le même titre qu’à mon billet d’aujourd’hui au Passe-Mot. Une idée folichonne ou un clin d’œil, je vous laisse le choix. Les nouvelles s’y étendront moins vastement, se tiendront près de nos petites personnes. Les allergiques aux nombrilistes, vous êtes avertis. Allergiques au mot « grippe », déguerpissez. Vite ...vite, c’est votre dernière chance !
La grippe a sévi en la demeure. Occupation à temps plein qui devient, à notre grand soulagement, du temps partiel. J’ajoute que l’on a toujours (ou presque !) conservé espoir que cette occupation reste temporaire. C’est qu’à tousser et à se creuser le lobe caverneux, à en voir des étoiles, bleues, les miennes étaient bleues, tu en viens à te demander si tu ne vas pas grimper au firmament ...sans jet super sonique. Ça fait un peu peur, disons. Pourtant, ce n’est certainement pas l’infirmière 811 qui te met dans cet état de panique, pour elle « vous êtes deux gros rhumes d’homme ». On a pu les hommes qu’on avait ! Elle fréquente des hercules, c’est sûr ! À sa peut-être millième postulante à l’AH1N1, elle ne se fait pas rassurante mais catégorique, sans sensation de camion qui te passe sur le corps, sans l’alitement, sans la jambe flageolante au moins 3 jours, c’est un rhume, tenez-vous le pour diagnostiqué. Alors tu prends ton diagnostic téléphonique, toi qui ne veux surtout pas aller contaminer ou te faire contaminer dans une salle dense et chaude de cas. De toutes manières, on vous serine que si vous n’êtes pas en détresse respiratoire, vous restez chez vous. En détresse tout court ? Vous restez chez vous.
Je vous fais donc part de la matière qui a le plus occupé notre intellect ces derniers jours, pour ne pas dire ces dernières semaines : avons-nous le virus au code postal, ou non ? Ça dépendait des heures. Des conversations. Des nouvelles fraiches. Des éditoriaux. Des blogues. Mais surtout des toux. Et des étoiles bleues.
Nous sommes passés à travers puisque je suis là à vous en parler sans être rouge comme une tomate mûre. Il m’en reste un genre de souvenir (c’est le 11-11 après tout), une gentille et persistante sinusite harcelée par une substance chimique produite par des micro-organismes, à la pharmacie, ils appellent ça des antibiotiques. J’ai donc dû me résoudre à affronter le A(H1N1) en dehors de mes murs (il est bien plus apeurant !), en me présentant à la clinique avec mon « gros rhume d’homme». J’ai dit que je toussais et avais eu la fièvre, ce sont les mots de passe pour obtenir un masque, on m’a guidé vers une section à part, derrière une frontière de plantes domestiques faisant un effort pathétique de frontière. Je me suis assise sur une chaise de tissu poreux, parfait pour garder captif les virus. Je les voyais grouiller sur les revues, les murs, les planchers, ils flottaient dans l’air, je les attrapais de mon imagination grouillante. Je suis restée assise, esseulée, trois heures. Aucun autre pestiféré n’est venu accompagner mon imagination grouillante. Et les enfants, les enfants, il y en avait des tonnes, on aurait dit une cour de récréation pleine oubliée par des professeurs. Des enfants qui s’ennuyaient à s’ennuyer, eh bien ces dits et petits enfants ne m’ont jamais regardé comme une pestiférée. Je les en ais remercié du fond de mon regard. Les adultes ? Non plus. Pas un adulte ne m’a regardé de travers, moi et mon masque en arrière de ma rangée de plantes. C’est là que j’ai réalisé, plus qu’à la télévision, plus qu’à la radio, plus que dans les journaux, qu’il y avait une pandémie. Que le virus était véritablement entré dans les chambres, que chaque personne connaissait une personne qui connaissait quelqu’un qui connaissait un atteint.
Ça humanise les pandémies. En autant que l’on se prenne pas pour une vedette.
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