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dimanche 29 novembre 2009

Dans la ville du livre ou Marsi au Salon

Par Venise

Je n’aurais pas dû attendre si longtemps avant de l’écrire celle-là. Je voulais vous parler de l’expérience de Marsi à son premier Salon du livre de Montréal et j’ai l’impression que la chaleur des émotions a un peu tiédie. L’événement date pourtant d’une semaine seulement mais quand il s’agit d’émotions, on a souvent l’impression qu’elles se font tasser rapidement par les fraîches. Veux ou veux pas, c’est émotif s’exposer dans un Salon pour un auteur peu connu. S’exposer au regard ... ou non. S’exposer au regard aveugle de l’indifférence, y a rien de pire pour un artiste. À côté des auteurs courus, ça peut quasiment frôler la sensation d’échec, ou même de rejet.

Je me regarde aller et j’ai l’air de vous préparer à une catastrophe. Cela n’est pourtant pas le cas. Du tout. Marsi a eu des visiteurs et des acheteurs. Il s’en fallait de peu pour occuper trois heures de séances de dédicaces divisées en deux jours, en tenant compte qu'il y consacre environ 15 minutes chacune. Le samedi, la première journée, il était content de s’asseoir, il trouvait enfin une place juste pour lui dans cet effervescent pays du livre. On a qu’à s’imaginer des centaines de librairies dans une ville, il y en aurait à toutes les rues, à tous les coins de rues, dans toutes les ruelles, les parcs. Pour qui adore les livres, c’est presque trop. C’est un des plus grands plaisirs de Marc dans la vie ; fréquenter une librairie. À hauteur d’homme. Dans un Salon, je le vois un peu dépassé, comme si ses yeux ne pouvaient tout englober, ni sa tête, il baisse les bras et se demande où diriger ses pieds (remarquez que je viens de faire le tour de son anatomie!). Trop, c’est comme pas assez. Je l’ai dit au Passe-Mot, pour jouir d’un Salon, il faut partir avec des buts définis, un itinéraire, un schéma du Salon, tout en sachant s’ouvrir aux imprévus. Avec le même état d’esprit qu’en voyage.

Aussitôt assis derrière sa petite table en mélamine blanche avec en arrière plan un alléchant éventail de publications de La Pastèque (des gros titres et de gros noms !), il m’a dit ressentir un soulagement ; je vais me reposer. Il n’était donc pas trop nerveux. Il portait son T-shirt avec les personnages de Miam miam fléau choisis et imprimés méticuleusement par un ami, par contre, il avait enfilé une chemise à manches longues rouge bourgogne le recouvrant complètement ! Tout le portrait de mon chum, on se montre, mais on ne s’expose pas. Et surtout, on insiste d’aucune façon. D'ailleurs, une fois que tout le monde sait que je suis sa conjointe, avec un sourire en coin, il me présente comme son attachée de presse. C’est sûr que se mettre à son avantage soi-même, certains vont jusqu’à dire, se vendre, ce n’est pas évident. Ça le frappe de m’entendre le vanter et porter avec enthousiasme le meilleur de sa BD, louant sa démarche de perfectionniste.

Donc, le samedi s’est déroulé quasiment à la perfection avec l’arrivée régulière d’une personne à la fois. Marc ne se souvient plus si cela a été 4 ou 5 (je n’ai pas compté puisque je l’ai quitté pour aller butiner). Quand je suis revenue, il n’avait pas terminé sa dernière, il a dû laisser sa place aux bédéistes, auteurs de Red Ketchup et continuer sa dédicace près de la caisse. Quand un des éditeurs retire ton nom au-dessus de ta tête et qu’il y a déjà une file pour le prochain ... ça remet l’égo d’aplomb ! La même situation s’est présentée dimanche, la file a commencé encore plus tôt, attendant le père des Paul, Michel Rabagliati.

Le dimanche a commencé plus durement, il était un peu plus inquiet : qui va venir ? Et tout à coup, c’est personne ?! Il avait conscience que la chose était possible. D’ailleurs, la première demi-heure, cela a été le cas. Une demi-heure longue. Longue et riche en émotions. Alors imaginez la reconnaissance devant le premier qui a décidé d'acheter Miam miam parce que l’auteur était présent, il a même fait dire dans la dédicace un gros MERCI à un de ses personnages ! 

J’ai maintenant plus conscience que jamais que le Salon du livre est une leçon d’humilité pour les auteurs à leur début et même, malheureusement, pour certains moins populaires même après plusieurs publications. Ça aide d’être connu avant d’être publié !!!

Il faut être fait fort et aimer ce que l’on fait pour revenir à la maison et continuer son travail, si ce n’est dans la célébrité avec célérité, et mon Marsi est fait très, très fort. Et je suis certaine qu’un jour, quand on découvrira toutes les facettes de son immense talent, parce que Miam miam fléau n'est qu'un aperçu de ses milles possibilités, on ne pourra plus dire que c’est parce que je suis son ange blond que je l’affirme sans l’ombre d’un doute.

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Presque mot pour mot,j'aurais pu écrire les mêmes phrases que toi. En 2005, j'étais au Salon du livre de l'Outaouais, en tant qu'auteure. Peut-être moins gros, mais même effet que celui de Montréal: librairies à tous les coins de rue...
Que mes deux heures de signatures furent longues! Deux petites visites que j'aurais voulu retenir pour avoir l'impression d'être dans le coup. Faire semblant de m'intéresser à ce que les visiteurs venus pour l'autre auteur à côté de moi peuvent dire.
À tous les nouveaux auteurs, on n'ose pas trop raconter ses déboires, on veut pas les décourager. Mais tout ce que vous avez écrit est la (triste) réalité. Je préfère de beaucoup y aller en tant que lectrice, mais là encore, vous avez bien raison: faut y aller avec des buts, des titres de livres à chercher. Pour les auteurs à rencontrer, j'évite les files, je vais où il n'y a personne parce que je sais qu'ils seront contents d'avoir quelqu'un. Et quant au shéma, là, en Outaouais, pas trop besoin et je suis pas mal "pas pire" en orientation. Faut être fait fort, c'est bien vrai. Je préfère cent fois mieux le travail d'écriture devant mon écran, avec cet être solitaire. Pour le social, il y a... Internet! On voit moins que les vedettes ont 500 "amis" ou abonnés, fait moins mal que voir les longues files aux Salons.
Et puis Marsi ne se souviendra que des bons moments
Rédigé par ClaudeL le lundi 30 novembre 2009 à 18:38


Oui, et d'ailleurs j'ai vu une autre de ces milles possibilités, et j'ai déjà hâte de voir le résultat final, c'était si... wow! (bon, je suis conscient que je vais devoir attendre un bon bout, haha). Tout le travail qu'il y a dans les dessins de Marsi!
Rédigé par Maxime le lundi 30 novembre 2009 à 11:00


Moi aussi, j'attendais cette chronique avec impatience: comment le Grand auteur débutant avait-il vécu le tout!?!?
J'avoue que ça doit être assez rude pour l'ego, de se comparer aux autres très connus, d'attendre tout seul qu'on daigne nous remarquer... Boulet aborde le sujet, d'ailleurs, dans ses très intéressantes «Notes». Pourtant, je sais, moi aussi, que Marsi est digne des plus grandes éloges, de la plus grande reconnaissance, et que ses oeuvres à venir méritent déjà d'être populaires - et je ne dis pas ça pour faire mon téteux: je le pense vraiment!!
Mais littérature et succès ont toujours un peu de difficulté à faire chambre commune, surtout le premier soir!! Heureusement que mon fier poulain en a vu d'autres et qu'il saura poursuivre sur sa lancée, malgré tout.
Rédigé par PG Luneau le dimanche 29 novembre 2009 à 22:05


Même après sept jours, il me tardait encore de lire ce texte. Il est très, très touchant. Particulièrement aimé le "on se montre, mais on ne s’expose pas". Mais ça hein, c'est une question de goûts. (Goût, Miam Miam, ;)
Rédigé par Sandra Gordon le dimanche 29 novembre 2009 à 19:44


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